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    Moyen-Orient

    AIEA: réunion tendue entre Téhéran et Washington, aucune décision concrète

    media L'ambassadeur de l'Iran auprès de l’AIEA, Kazem Gharib Abadi, lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs au siège de l'organisation à Vienne, le 10 juillet 2019. REUTERS/Lisi Niesner

    À Vienne, en Autriche, se tenait ce mercredi 10 juillet une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique. Une réunion pour faire le point sur les dérogations iraniennes à l’accord signé en 2015 dans la capitale autrichienne entre l’Iran, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Chine, la Russie et les États-Unis. Washington s'est retiré de l’accord il y a un an et a rétabli des sanctions vis-à-vis de Téhéran. La réunion a montré, une nouvelle fois, les tensions entre l’Iran et les États-Unis.

    Avec notre correspondante à Vienne,  Isaure Hiace

    Cette réunion extraordinaire s’est tenue dans un contexte tendu, alors que l’Iran a annoncé cette semaine avoir recommencé à enrichir de l’uranium au-delà de 3,67%, le degré maximal fixé par l’accord.

    L'AIEA aurait constaté un nivau d'enrichissement de l'uranium de 4,53%, au-dessus donc de la limite autorisée, mais néanmoins bien en deçà des 90% nécessaires à un usage militaire.

    De son côté, la République islamique, durement touchée par les sanctions américaines, continue de demander aux Européens des garanties solides pour atténuer les effets de ces sanctions sur son économie.

    La réunion de l'AIEA aura permis aux Européens de réaffirmer leur position : « Notre soutien repose sur le fait que l'Iran respecte intégralement ses engagements », ont rappelé le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne dans une déclaration commune.

    La situation a peu évolué et le temps presse

    Ce mercredi, les États-Unis ont accusé Téhéran de violer les termes de l'accord pour extorquer des fonds à la communauté internationale.

    Critiques vives également à la fin de la réunion du représentant iranien vis-à-vis de Washington. L’application de la politique de la pression maximale, qui est destinée à l’échec, est la principale cause de la situation actuelle, a-t-il expliqué.

    La situation a donc peu évolué. Or le temps presse, car l’Iran menace de prendre de nouvelles mesures dans « 60 jours » si ses demandes ne sont toujours pas satisfaites.

    Trump promet de nouvelles sanctions à l'Iran

    Les sanctions imposées à l'Iran seront « bientôt considérablement alourdies », a promis ce mercredi Donald Trump dans un tweet :

    « L'Iran "enrichit" en secret depuis longtemps, en violation totale du terrible accord de 150 milliards de dollars conclu par John Kerry et l'administration Obama. Rappelez-vous que cet accord devait expirer dans quelques années. Les sanctions seront bientôt renforcées considérablement »

    « Nous n'avons rien à cacher », a répliqué l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Kazim Gharib Abadi, à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'Agence.

    Programme nucléaire et levée des sanctions

    Pour la Russie et l'Iran, la situation à Vienne est ironique. À leurs yeux, les États-Unis sont à l'origine de la situation actuelle autour de l'accord de 2015. Étrange donc qu'ils soient à l'origine de cette réunion d'urgence.

    L'accord de Vienne visait à garantir un programme nucléaire iranien pacifique en échange d'une levée des sanctions visant Téhéran. Mais l'année dernière, Washington a annoncé un retrait américain de cet accord et la réimplémentation de sanctions.

    À lire aussi : Nucléaire: l'émissaire français reçu à Téhéran, qui rappelle ses positions

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