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    Moyen-Orient

    Yémen: le palais présidentiel à Aden pris par des séparatistes

    media Des soldats séparatistes progressant dans les rues de la capitale Aden, le 10 août 2019. REUTERS/Fawaz Salman

    Le Yémen, déjà ravagé par cinq ans de guerre civile, s'est enfoncé encore davantage dans le chaos samedi 10 août avec la prise du palais présidentiel à Aden par des combattants séparatistes, après plusieurs jours d'affrontements avec les soldats gouvernementaux, alors qu'ils sont alliés depuis 2015. Le gouvernement yéménite, principalement basé à Riyad, a accusé samedi les Émirats arabes unis d'être « responsables du coup d'État ». La coalition dirigée par les Saoudiens qui appelait samedi à un cessez-le-feu « immédiat » à Aden a frappé une position séparatiste ce dimanche matin.

    Selon des sources militaire et sécuritaire, des combattants séparatistes s'étaient déjà emparés plus tôt dans la journée de trois casernes des forces gouvernementales à Aden, où le pouvoir loyaliste a établi son siège, depuis que la capitale historique du pays, Sanaa, dans le Nord, est aux mains des rebelles Houthis.

    Depuis mercredi, des affrontements opposent ces combattants séparatistes aux soldats du gouvernement, et cela alors que tous sont, en théorie, alliés depuis 2015 au sein d'une coalition emmenée par le pouvoir saoudien à Riyad et le gouvernement émirati d'Abou Dhabi. Cette coalition arabo-sunnite hétéroclite lutte dans le nord du pays contre les rebelles chiites Houthis, soutenus par l'Iran.

    Selon le bureau des Affaires humanitaires de l'ONU, ces affrontements ont fait 40 morts et 260 blessés depuis le 8 août.

    Les civils sont victimes de tirs de mortier, de balles perdues

    L’hopital de Medecins Sans Frontière à Aden est débordé par l’afflux de blessés

    Caroline Seguin, en charge du Yemen pour MSF

    10/08/2019 - par Eric de Salve Écouter

    Avant même que le palais présidentiel ne tombe, le vice-ministre des Affaires étrangères, Mohammed al-Hadhrami, du gouvernement Hadi avait condamné via Twitter un « coup d'Etat contre les institutions légitimes » du Yémen.

    De son côté, le ministre émirien des Affaires étrangères Abdallah ben Zayed s'est déclaré « très inquiet » et a affirmé « mettre en œuvre tous les efforts possibles pour calmer la situation et aboutir à une désescalade ».  Il a appelé l'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen Martin Griffiths à faire de même, selon une déclaration à l'agence de presse officielle émirienne WAM.

    L'Arabie saoudite appelle à une « réunion d'urgence »

    La coalition dirigée par les Saoudiens combattant au Yémen a appelé samedi à un cessez-le-feu « immédiat » à Aden et à une « d'urgence » des parties en conflit. « La coalition appelle à un cessez-le-feu immédiat dans la capitale provisoire yéménite (Aden, ndlr) (...) et affirme qu'elle utilisera la force militaire contre quiconque le violerait », a déclaré un de ses porte-parole cité par l'agence de presse officielle saoudienne.

    « Le Royaume (d'Arabie Saoudite) invite le gouvernement du Yémen et toutes les parties au conflit à Aden à une réunion d'urgence (...) en Arabie Saoudite pour discuter de leurs différends, pour laisser une chance à la sagesse et au dialogue, pour renoncer aux divisions, pour mettre fin au conflit et pour s'unir », a de son côté écrit sur Twitter le ministère saoudien des Affaires étrangères.

    Le gouvernement yéménite avait appelé jeudi l'Arabie saoudite et les Emirats à « faire pression de manière urgente » sur ces partisans d'un Yémen du Sud indépendant « pour empêcher » toute escalade militaire.

    ►A lire aussi - [Analyse] Yémen: comprendre un si long conflit

    Le Yémen confronté au risque d'« une guerre dans la guerre »…

    Le Yémen du Sud était un État indépendant jusqu'en 1990. Dans le Sud, le ressentiment est fort contre les Yéménites originaires du Nord accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays. A cette hostilité Nord-Sud s'ajoute désormais le conflit au sein de la coalition hétéroclite formée au départ pour défendre le gouvernement. Ce n'est pas la première fois que les séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC) --qui incluent les forces du « Cordon de sécurité »-- s'opposent aux unités loyales au président Hadi.

    En janvier déjà, des combats entre séparatistes et forces loyales au président avaient fait au moins 38 morts, et la situation ne s'était apaisée qu'après une intervention concertée saoudo-émiratie.

    Le Yémen est à présent confronté au risque d'une « guerre civile dans la guerre civile » ravageant déjà le pays, a estimé dans un rapport le centre de réflexion sur les conflits International Crisis Group (ICG).

    ►A lire aussi: la guerre au Yémen, terrains diplomatique et militaire

    (Avec AFP)

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