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    Moyen-Orient

    L’ONU critique le traitement des jihadistes français en Irak

    media Le tribunal de Bagdad où ont été condamnés à mort onze jihadistes français. SABAH ARAR / AFP

    La France a-t-elle illégalement organisé le transfert de jihadistes français de la Syrie vers l’Irak, où ils ont ensuite été condamnés à mort ? C’est ce que se demandent aujourd’hui les Nations unies qui vient d’adresser un courrier au gouvernement français à ce propos.

    De notre correspondant à Bruxelles, Wilson Fache

    Au début de l’été, onze Français qui avaient rejoint le groupe État islamique avaient été condamnés à la peine capitale à Bagdad lors d’un procès décrit comme inéquitable. Dans un courrier adressé au gouvernement, la rapporteure spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, déplore ce transfert et ces condamnations qu’elle juge contraires au droit international.

    Agnès Callamard dénonce le transfert, fin janvier, de ces combattants français du groupe État islamique. Elle se demande si la France pourrait être directement impliquée : « Si la France a été impliquée dans ces transferts, alors elle a violé une norme absolue en droit international qui est qu’un État qui a aboli la peine de mort ne peut en aucun cas transférer un individu dans un pays ou la peine de mort continue d’être appliquée. Où est le processus de justice ? Où est le processus de vérité ? »

    ►À écouter aussi : Débat du jour - Condamnés à mort en Irak, que doit faire la France ?

    Une réponse attendue sous 60 jours

    Maitre Nabil Boudi, l’avocat de certains de ces Français transférés en Irak, espère que cette intervention des Nations unies fera la lumière sur les circonstances floues qui ont amené à la condamnation à mort de ses clients :

    « Cette intervention est intéressante pour nous puisqu’on espère avoir la position officielle de l’État français puisque le gouvernement aura 60 jours pour répondre. Et si la France ne répond pas dans les 60 jours, le courrier de Mme Callamard deviendra public. Et l’on verra à travers ce courrier toutes les critiques qui sont émises par les Nations unies envers le gouvernement français. »

    Maître Nabil Boudi fait d’ores et déjà savoir qu’il compte porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme.

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