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    Moyen-Orient

    L'Iran exclut l'idée de «discussions bilatérales» avec Washington

    media Hassan Rohani s'est exprimé devant le Parlement iranien, ce mardi 3 septembre 2019. ATTA KENARE / AFP

    Le président iranien Hassan Rohani a exclu mardi 3 septembre l'idée de « discussions bilatérales » avec les États-Unis, affirmant que son pays y était opposé « par principe ».

    « Nous l'avons dit plusieurs fois et nous le répétons : aucune décision (n'a été prise) de tenir des négociations bilatérales avec les États-Unis », a déclaré Hassan Rohani, selon le texte de son discours au Parlement publié par le gouvernement iranien. Il a estimé qu’il y avait « peut-être (…) eu malentendu ».

    Fin août, les présidents Emmanuel Macron et Donald Trump avaient évoqué la possibilité d'une rencontre entre ce dernier et Hassan Rohani en marge de l'assemblée générale annuelle de l'ONU qui doit avoir lieu en septembre. « Par principe, nous ne voulons pas de négociations bilatérales avec les États-Unis », a expliqué le président iranien.

    Hassan Rohani a néanmoins indiqué que des discussions avec Washington pourraient avoir lieu dans le cadre du format 5+1 (les membres du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) si les États-Unis lèvent les sanctions qu'ils ont réimposées contre Téhéran après être sortis unilatéralement de l'accord de 2015.

    Réduire ses engagements

    Hassan Rohani, qui s'exprimait au Parlement, a également déclaré que la République islamique pourrait réduire encore davantage ses engagements en matière nucléaire « dans les prochains jours » si « d'ici à jeudi », les négociations sur le sujet avec les Européens « n'aboutissent à aucun résultat ».

    En mai, un an après le retrait des États-Unis, qui prive l'Iran des retombées économiques qu'il attendait de ce pacte, Téhéran a commencé à se désengager de certains de ses engagements en vue de forcer les autres parties à l'aider à contourner les sanctions américaines. Des négociations ont lieu actuellement avec les trois pays européens parties à l'accord.

    Analyse de Clément Therme, chercheur au CERI-Sciences Po

    RFI : Hassan Rohani, le président iranien, a fait des déclarations ce mardi matin en disant qu’il était opposé à des discussions bilatérales avec les États-Unis, par principe, alors que ces derniers jours on pensait qu’il y avait une certaine détente, notamment avec l’intervention de la France. Comment expliquer ce revirement ?

    Clément Therme : En fait, le président Rohani joue à un jeu double. Il souhaite d’un côté diviser l’Europe des États-Unis pour affaiblir la politique de pression maximale mise en place par l’administration Trump ; et d’autre part, il souhaite obtenir des dividendes économiques pour le respect par l’Iran de l’accord sur le nucléaire du 14 juillet 2015. Et cet accord prévoit en fait que l’Iran va bénéficier d’une levée des sanctions. Malheureusement, les États-Unis se sont retirés de l’Accord, et l’Europe, les entreprises européennes ont suivi la ligne américaine, plutôt que la ligne française. Même si les diplomaties européennes ont continué de manière formelle à soutenir l’accord, l’Iran n’a pas reçu les dividendes économiques escomptés.

    Le président français, Emmanuel Macron, avait annoncé au cours du G7, qui s’est déroulé du 24 au 26 août à Biarritz qu’il y avait quand même des progrès qui avaient été faits. Et ces derniers jours, on pensait que ça avait avancé. Est-ce que l’intervention, en tout cas les efforts diplomatiques de la France ont été vains finalement ?

    L’effort diplomatique de la France souffre d’un décalage entre l’ambition et les moyens. L’ambition est louable, à savoir rapprocher les États-Unis et l’Iran, et éviter une guerre régionale. Mais les moyens sont faibles puisque le président Trump est entouré de conseillers qui sont des faucons sur la question iranienne. Et il est très difficile de convaincre en fait l’administration Trump que la politique de pression maximale est contre-productive et qu’il leur faut adopter la ligne du président Macron. L’autre faiblesse de la médiation française, c’est la dimension économique. La France propose, selon les sources iraniennes, une ligne de crédits de 15 milliards de dollars qui seraient gérés soit par la Banque de France, soit par la Banque centrale européenne, mais ces opérateurs économiques ne semblent pas en mesure de résister aux pressions américaines. Donc il faut d’abord que le président Macron obtienne un changement de politique américaine, ce qui est très difficile dans le contexte actuel pour permettre à l’Iran d’avoir des bénéfices économiques pour son respect de l’accord sur le nucléaire. Sinon, à la fin de la semaine, l’Iran a annoncé des nouvelles mesures de non-respect de l’accord signé le 14 juillet 2015, en réponse au non-respect américain et à la non-implication du volet économique par les pays européens.

    Quelle solution finalement pour sortir de cette crise ?

    L’espoir est plutôt du côté de la Russie et de la Chine, qui ont des politiques plus indépendantes vis-à-vis des États-Unis et qui ont une souveraineté économique plus grande, et qui eux peuvent mettre en place des accords de banque centrale à banque centrale, c’est-à-dire que la Banque centrale chinoise peut travailler avec la Banque centrale iranienne. Et de même pour la Russie. Enfin, il y a une solidarité des pays qui sont sous l’effet des sanctions américaines et qui, de ce fait, ont une solidarité contre la volonté de l’administration Trump d’imposer sa volonté économique au reste du monde.

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