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    Moyen-Orient

    Idleb (Syrie): Poutine, Erdogan et Rohani s'en tiennent au statu quo

    media Les présidents russe, iranien et turc à Ankara, le 16 septembre 2019. Pavel Golovkin/Pool via REUTERS

    Les présidents turc, russe et iranien se sont retrouvés ce lundi 16 septembre à Ankara pour un nouveau sommet consacré, en priorité, à la province d’Idleb, soumise depuis avril à une offensive du régime de Damas. Pendant ce temps, l’armée syrienne a bombardé les abords d’un poste d’observation de l’armée turque dans la province d’Idleb, où les violations de la trêve, observée depuis le 31 août, se multiplient.

    Sur le sujet le plus pressant de cette rencontre – la situation à Idleb – les trois présidents n’ont annoncé aucun progrès, rapporte notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer. Recep Tayyip Erdogan a tenu à faire savoir que, malgré les apparences, l’accord conclu il y a un an sur la zone de désescalade n’était pas caduc et que la Turquie continuerait à « remplir ses engagements »... Pas question, donc, pour le leader turc de retirer ses troupes d’Idleb. De leur côté, les présidents russe et iranien ont renouvelé leur soutien à l’offensive de l’armée syrienne, qui menace de déplacer des centaines de milliers de civils.

    Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est le premier concerné par ce nouvel afflux de réfugiés, a évoqué avec ses hôtes les dernières avancées de la zone « de sécurité » que l’armée turque met en place avec les Etats-Unis dans le nord-est du pays... La Turquie veut y renvoyer 2 des plus de 3,5 millions de Syriens qu’elle accueille, tout en éloignant de ses frontières les forces kurdes syriennes. 

    « Comme je l'ai dit à mes deux homologues, si, d’ici deux semaines, nous n’obtenons pas des Etats-Unis les résultats souhaités, nous commencerons à mettre en œuvre notre plan d’offensive », a prévenu le président turc.

    La seule avancée de ce sommet concerne le processus politique que ces trois pays négocient depuis près de deux ans. Hassan Rohani, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont affirmé avoir réglé leurs derniers désaccords sur la création d'un comité chargé de rédiger la Constitution de l'après-guerre. Ce comité devrait commencer sous peu son travail à Genève.

    Bombardements sur Idleb

    Pendant que ces négociations se tenaient à Ankara, les bombardements de l'armée syrienne sur Idleb se poursuivaient, rapporte notre correspondant régional, Paul Khalifeh.

    Des obus et des roquettes tirés par l’armée syrienne se sont abattus non loin d’un poste d’observation de l’armée turque, près de la ville de Maarat al-Nohmane, tenue par les jihadistes. La position turque n’a pas été touchée mais c’est la troisième fois en moins de 48 heures que cette région est prise pour cible par les troupes gouvernementales, qui ont suspendu leur offensive dans la province d’Idleb le 31 août. Cependant, la trêve négociée avec la Turquie par la Russie est quotidiennement violée depuis le 13 septembre.

    Après un arrêt de deux semaines, l’artillerie syrienne a repris son pilonnage des zones encore tenues par les jihadistes et les rebelles pro-turcs. L’aviation, en revanche, entre rarement en action. Lundi, des obus et des roquettes se sont abattus sur une dizaine de localités, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

    La reprise des duels d’artillerie prouve que les négociations entre la Russie et la Turquie sur le sort des jihadistes de l’ex-branche d’al-Qaïda, piétinent. Moscou exige leur désarmement et le démantèlement de leurs groupes. Mais la Turquie n’est pas disposée à accomplir cette mission et ses alliés syriens n’en ont pas les moyens.

    Dans ce contexte, une reprise des combats à grande échelle n’est pas exclue, après l’offensive de l’armée syrienne qui a fait 4150 morts dont plus d’un millier de civils, depuis le 30 avril.

    La population civile fuit les combats qui ont poussé à l’exode plus de 400000 personnes sur les trois millions d’habitants que compte Idleb, le 5 août 2019. Aaref WATAD / AFP
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