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    Moyen-Orient

    Syrie: les bombardements de l'armée turque ont poussé 100000 civils à fuir

    media Des Syriens déplacés à l'arrière d'une camionnette pendant que des civils arabes et kurdes s'enfuient face à l'attaque militaire turque, le 11 octobre 2019, dans la ville frontalière syrienne de Tal Abyad. Delil SOULEIMAN / AFP

    L’offensive de la Turquie dans le nord-est de la Syrie n'est pas sans conséquence sur les populations civiles. L'ONU parle de 100 000 déplacés en raison de ces combats, et une ONG compte 54 combattants kurdes et 17 civils morts. Du côté turc de la frontière, le côté le plus calme, les villes commencent tout de même à se vider.

    Avec notre envoyée spéciale à Akçakale,  Oriane Verdier

    Les habitants fuient progressivement, car ils ne savent pas combien de temps cette situation va durer ni quelle est la capacité réelle de résistance et de réponse des forces kurdes syriennes. Dans certaines villes, des opérations d’évacuation ont été menées par les autorités elles-mêmes.

    Plusieurs tirs de mortiers ont touché des bâtiments civils. Dans la ville d’Akçakale où nous nous trouvons, toute la journée nous avons entendu des propos à la gloire du président Erdogan. « Il faut anéantir les terroristes soutenus par les États-Unis. » Voilà en résumé les propos tenus par ceux qui acceptent de nous parler.

    Un vieil homme nous confiait tout de même qu’il aurait préféré que les autorités préparent mieux cette opération en prenant en compte les civils, car en réalité tout le monde est dans l’attente.

    À lire aussi : [Reportage] Une majorité de Turcs soutient l’opération militaire en Syrie

    Alors que les rues sont de plus en plus désertes, les détonations des tirs de l’artillerie turque ont rythmé la journée. Ils visent la ville d’en face, Tall Abyad, pendant que les milices soutenues au sol par Ankara encerclent petit à petit la zone urbaine syrienne.

    Ainsi à Akcakale, depuis un jardin public aux buissons bien ordonnés, on peut observer une fumée menaçante s’élever vers le ciel. Un contraste étrange entre le calme, côté turc, et l’horreur que l’on ne peut qu’imaginer à quelques kilomètres de nous.


    ► TÉMOIGNAGE

    Le ministre américain de la Défense, Mark Esper, a « fortement encouragé » Ankara à « interrompre » son opération militaire en Syrie, affirmant qu’elle pourrait avoir de « graves conséquences pour la Turquie ». En Turquie, une partie des citoyens témoignent du rejet de ce qu'ils voient comme de l’interventionnisme de la part des États-Unis, à l'image de Cuma Aslan qui vit dans la ville turque d'Akçakale.

    « De l'autre côté de la frontière, il y a trois groupes de terroristes : l'État islamique, le PKK et le PYD. Les États-Unis les soutiennent. Le président turc a raison de dire que Donald Trump n'est pas fiable. Un jour il dit ceci, un autre il dit cela. Il nous promet quelque chose et il revient dessus. Mais nous devons agir, quand un voisin est mauvais soit tu le chasses soit tu déménages. Les États-Unis n’ont pas peur de Dieu, ils sont sûrs de leur force. Mais ils mettent 15 heures en avion pour arriver ici alors qu'est ce qu'ils viennent y faire ? Ils se mêlent de nos affaires et ils se comportent comme un lutteur qui ne se battrait qu'avec ceux qu'il sait pouvoir battre. Quand il est face à un concurrent de poids, il l'évite. »

    O.V

    À lire aussi : En Syrie, les Turcs disent progresser, la Russie veut ouvrir le dialogue

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