GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 14 Novembre
Vendredi 15 Novembre
Samedi 16 Novembre
Dimanche 17 Novembre
Aujourd'hui
Mardi 19 Novembre
Mercredi 20 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Moyen-Orient

    Les principaux enseignements de l'accord russo-turc sur la Syrie

    media Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine à Sotchi, le 22 octobre 2019. Sergei Chirikov/Pool via REUTERS

    Qui sont les principaux vainqueurs et perdants de l'accord russo-turc conclu mardi 22 octobre entre les présidents Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine ? Et quel bilan en tirer ?

    A l'issue d'un long entretien mardi 22 octobre à Sotchi, en Russie, le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan sont parvenus à un accord par lequel Ankara s'engage à ne pas reprendre son offensive militaire dans le nord de la Syrie, en échange de quoi Moscou promet un retrait des forces kurdes tout au long de la frontière dans un délai de 150 heures à compter de ce mercredi midi. 

    Un recul pour les Kurdes

    L’offensive turque a rogné le territoire que les Kurdes contrôlent dans le Nord syrien. Lâchés par les Américains et attaqués par la Turquie, les Kurdes de Syrie n’ont eu d’autre choix que d’appeler à la rescousse le régime de Damas. Fragilisés et affaiblis, les Kurdes de Syrie vont devoir négocier un nouvel équilibre politique avec le pouvoir de Bachar el-Assad. C’est un recul pour les Kurdes qui espéraient faire durer le système politique autonome qu’ils ont instauré dans leurs régions depuis le début du conflit syrien en 2011.

    La Turquie obtient sa « zone de sécurité »

    Lors de cette troisième offensive en quatre ans en territoire syrien, la Turquie a éloigné les combattants kurdes syriens de sa frontière. L’offensive étant terminée, Ankara a obtenu ce mercredi de Donald Trump la levée des sanctions que les États-Unis avaient dégainées pour faire pression sur le président Erdogan.

    Reste à savoir si la Turquie pourra mettre en œuvre la deuxième partie de son plan : réinstaller 1 à 2 millions de réfugiés syriens dans la fameuse « zone de sécurité » qu’elle a imposée pendant son offensive et qui apparait validée dans l’accord conclu avec Moscou. Les transferts forcés de population sont interdits par le droit international et rien ne dit que des centaines de milliers de Syriens voudront s’installer dans cette « zone de sécurité » à la frontière turco-syrienne.

    La Russie incontournable

    Cet accord russo-turc conclu et annoncé à Sotchi en présence de Vladimir Poutine confirme une fois de plus que la Russie est devenue une puissance incontournable au Moyen-Orient. En Syrie, Moscou est devenu le premier acteur militaire en 2015, lorsque son armée est entrée en guerre pour défendre le régime de Bachar el-Assad. Hasard du calendrier : alors que la Russie s’imposait comme arbitre dans le Nord syrien ces dernières semaines, Vladimir Poutine effectuait une visite remarquée en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

    Le régime de Damas bénéficiaire

    Soutenu par la Russie et par l’Iran, le régime de Bachar el-Assad a été appelé à la rescousse par les Kurdes syriens lorsque la Turquie a lancé son offensive le 9 octobre. Tout en dénonçant une « agression » turque, le pouvoir syrien a ainsi pu remettre la main sans combattre sur des zones qui lui échappaient depuis des années.

    Bachar el-Assad a fait mardi une apparition rare et remarquée sur un autre front dans la région d'Idleb, ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes. Le président syrien y a rappelé son intention de « mettre fin au désordre et au terrorisme dans toutes les régions syriennes ». Un régime renforcé, donc, dans sa volonté de reconquête, mais plus que jamais dépendant de ses soutiens politiques et militaires : la Russie et l’Iran.

    Une opportunité pour le groupe État islamique

    Selon un responsable américain, plus d’une centaine de membres du groupe Etats islamique détenus par les Kurdes se sont échappés ces derniers jours, sur fond d’offensive turque en territoire syrien.

    Cette situation renvoie les pays occidentaux dont la France face à leurs contradictions. En refusant de rapatrier leurs ressortissants détenus par les Kurdes en Syrie, ils prennent le risque de voir s’échapper ces jihadistes qui peuvent alors reconstituer des cellules sur place ou tenter de revenir de façon incontrôlée et donc dangereuse dans leurs pays d’origine.

    Environ 300 femmes et enfants français sont détenus par les Kurdes de Syrie. Ces forces kurdes détiennent en tout 12 000 jihadistes dont 2 500 à 3 000 étrangers.

    Le désengagement américain

    « Le travail de notre armée n’est pas d’être le gendarme du monde », a réaffirmé Donald Trump ce mercredi soir. D’autres pays doivent désormais s’investir au Moyen-Orient et partager le fardeau, a ajouté en substance le président américain.

    Il indique que seuls quelques centaines de soldats américains se trouvent encore en Syrie, principalement dans le sud et dans l’est du pays, notamment pour « protéger le pétrole ». Mais dans le nord de la Syrie, les militaires américains ont évacué leurs bases et c’est d’ailleurs l’annonce de leur départ qui a ouvert la porte à l’offensive turque il y a deux semaines.

    Cette volonté de désengagement de l’administration Trump se heurte toutefois à des obstacles et des contradictions. Les États-Unis ont toujours 5 000 hommes en Irak, au nom de la lutte antijihadiste. Et des milliers d’autres sont en route vers l’Arabie saoudite pour y renforcer l’un des principaux alliés de Washington dans la région, sur fond de tension avec l’Iran.

    La séquence qui vient de se terminer, c’est la fermeture d’un chapitre durant lequel les Russes et les Turcs avaient un intérêt commun. (…) Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment d’intérêt commun, on a simplement une situation où les intérêts turcs en Syrie sont tributaires de la bonne volonté russe. On est entré dans une relation qui est beaucoup plus à sens unique.

    Thomas Pierret

    chercheur, spécialiste de la Syrie

    24/10/2019 - par Nicolas Falez Écouter
    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.