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    Moyen-Orient

    Israël tue un haut commandant palestinien à Gaza, la tension remonte

    media Un homme armé palestinien marche près de l'appartement de Baha Abou al-Atta, haut commandant du groupe Jihad islamique, après la frappe israélienne visant ce dernier, à Gaza, le 12 novembre 2019. REUTERS/Mohammed Salem

    L’armée israélienne a renoué avec sa politique d’assassinats ciblés, tuant le chef du Jihad islamique lors d’une frappe à Gaza mardi 12 novembre. En réponse, des roquettes ont été tirées vers Israël depuis l’enclave palestinienne, puis Israël a lancé de nouvelles frappes, tuant dix Palestiniens et en blessant plusieurs autres.

    C'est à son domicile que Baha Abou al-Ata a été tué, au cœur de la nuit, lors du bombardement de l'appartement de ce chef militaire du Jihad islamique, situé dans la banlieue de la ville de Gaza, comme le rapporte notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil.

    L'opération a été revendiquée par l'armée israélienne et le Shin Bet, les services de sécurité intérieure israéliens, qui accusent Baha Abou al-Ata d'être responsable de « centaines d'attaques contre des civils et des militaires », et assurent que la « prochaine attaque » du groupe « était imminente ».

    Après cette première opération, et la réplique du Jihad islamique avec un barrage de roquettes depuis Gaza, l’armée israélienne a lancé des nouvelles frappes dans l’enclave visant des positions du groupe, qui constituaient une « menace imminente », selon le Tsahal. Le ministre de la Santé gazaouï a affirmé quelques heures après qu'au moins cinq Palestiniens sont décédés mardi 12 novembre, depuis le début des opérations israéliennes, notamment Ibrahim Al-Dabbous, 26 ans, ainsi qu'un commandant du groupe Jihad islamique et son épouse.

    À chaque épisode de tir de roquette, les dirigeants israéliens assurent qu’ils ne tolèreront pas d'attaque contre leur territoire et leur population. Ces derniers mois, en représailles aux assauts, l'armée israélienne a bombardé des sites paramilitaires et a restreint la zone de pêche, ainsi que l'entrée de biens dans la bande de Gaza.

    Les forces israéliennes annoncent reprendre une politique d'assassinats ciblés, signifiant aux dirigeants gazaouïs qu'ils pourraient payer de leur vie la persistance des tensions. De manière quasi simultanée avec la première frappe à Gaza, d’autres frappes ont ciblé la maison d’un responsable politique du Jihad islamique, Akram Ajouri, mais à Damas, en Syrie. Deux personnes ont été tuées, dont le fils de ce chef.

    L'agence officielle syrienne Sana, qui relate ces informations, précise qu'Akram Ajouri n'aurait pas été tué. Elle a en revanche imputé la responsabilité de cette opération à Israël. Tsahal n'a rien dit de cette frappe, mais Giora Eiland, un général israélien à la retraite joint par RFI, juge également probable que son pays en soit à l'origine.

    « C'est dirigé contre un des responsables du Jihad islamique qui vit à Damas, explique-t-il. Ce dernier est, d'un côté, le responsable direct des liens avec l'Iran et, de l'autre côté, celui qui donne des instructions à la bande de Gaza. »

    Le risque d'une confrontation de plus grande ampleur

    L’opération de la nuit de lundi 11 à mardi 12 novembre relance aussi le risque d'une confrontation de plus grande ampleur. Dès son lancement, l'armée israélienne avait ordonné la fermeture des écoles dans le sud d'Israël. La mesure a été étendue finalement au centre du pays, notamment à l'agglomération de Tel-Aviv où les alertes à la roquette ont retenti le matin. L'armée israélienne dit se préparer à plusieurs jours de confrontation.

    Pour Israël, le Hamas, en tant que mouvement au pouvoir à Gaza, est responsable de ce qui se passe dans l'enclave. Ces derniers mois, néanmoins, les autorités israéliennes ont aussi accusé le Jihad islamique d'alimenter les tensions. Les deux organisations sont considérées comme terroristes par Israël.

    Mais le Jihad islamique est un ennemi plus redoutable, souligne Giora Eiland : « C'est une organisation purement terroriste, dit-il. Ce groupe n'a pas de programme politique et, plus important encore, le Jihad islamique est formellement soutenu, entièrement, par l'Iran, totalement soumis aux instructions iraniennes. »

    Si la responsabilité d'Israël était avérée dans l'opération syrienne, ces deux frappes montrerait sa volonté de porter un coup sévère au Jihad Islamique.

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