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    Israël: Washington ne juge plus les colonies contraires au droit international

    media Les États-Unis ne considèrent plus les colonies israéliennes en Cisjordanie comme étant contraires au droit international, a annoncé le chef de la diplomatie américaine le lundi 18 novembre. REUTERS/Costas Baltas/Pool

    Les États-Unis ne considèrent plus les colonies israéliennes en Cisjordanie comme étant contraires au droit international, a annoncé lundi 18 novembre le chef de la diplomatie américaine, alors que ces occupations de Territoires palestiniens sont jugées illégales par l'ONU et une grande partie de la communauté internationale.

    « Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique », l'administration de Donald Trump conclut que « l'établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n'est pas en soi contraire au droit international », a dit le secrétaire d'État américain Mike Pompeo devant la presse.

    Le Premier ministre israélien sortant Benyamin Netanyahu a aussitôt téléphoné au président Trump pour le remercier, relate notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Il estime que Washington répare là une injustice historique en reconnaissant que son peuple n'est pas étranger en Cisjordanie.

    Cette décision est interprétée un peu partout comme un coup de pouce à M. Netanyahu, qui a proposé d'annexer une partie des colonies de Cisjordanie occupée, au moment où les partis de son pays mènent de difficiles tractations pour former un nouveau gouvernement suite aux législatives anticipées de septembre.

    Benny Gantz prudent dans sa réaction

    La déclaration américaine intervient à un moment critique, à la fin du délai imparti à Benny Gantz pour former un gouvernement. Et les commentateurs sont unanimes en Israël : cette décision va lui rendre les choses encore plus difficiles. Car dans sa grande majorité, la classe politique israélienne salue en effet cette décision.

    M. Gantz, chef de file de la liste centriste Bleu-blanc, a d'ailleurs lui-même félicité le gouvernement américain « pour son importante décision », tout en ajoutant : « Le sort des colonies de peuplement devrait être déterminé par des accords répondant aux exigences de sécurité et promouvant la paix ».

    La presse israélienne parle de bouleversement politique géant, de tremblement de terre. « Les colonies sont désormais cachères », affirme un éditorialiste. M. Netanyahu joue sa dernière carte, estime un chroniqueur, et il pourrait, comme promis à la veille des élections, proclamer l’annexion de la vallée du Jourdain.

    « Il n'y aura jamais de solution judiciaire »

    Les colonies installées sur les Territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967 sont jugées illégales par l'Organisation des Nations unies (ONU), au regard du droit international, et une grande partie des pays de la communauté internationale voient en elles un obstacle majeur à la paix au Proche-Orient.

    Sur ce sujet ultrasensible, la position des États-Unis s'appuyait jusqu'ici, au moins théoriquement, sur un avis juridique du département d'État - le ministère des Affaires étrangères - remontant à 1978, selon lequel « l'établissement de colonies de peuplement dans ces Territoires n'est pas conforme au droit international ».

    M. Pompeo a donc rendu cet avis caduc. « La vérité, c'est qu'il n'y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n'apporteront pas la paix », estime-t-il, assurant qu'il ne s'agit ni d'une ingérence dans la région, ni d'un feu vert à la colonisation.

    L'administration Trump en rupture

    Cette décision est avant tout symbolique : si l'ancienne administration démocrate de Barack Obama condamnait la colonisation, le gouvernement républicain de Donald Trump, beaucoup plus proche de la politique menée par Benyamin Netanyahu, s'était déjà montré depuis 2017 bien plus souple avec lui.

    L'ambassadeur des États-Unis à Jérusalem, David Friedman, était allé jusqu'à estimer qu'Israël avait « le droit » d'annexer « une partie » de la Cisjordanie occupée. Et Mike Pompeo avait refusé, en avril, de dire si Washington s'opposerait à une éventuelle annexion des colonies de Cisjordanie par l'État hébreu.

    L'administration de Donald Trump a déjà pris des décisions spectaculaires concernant le Proche-Orient, en rupture avec le consensus international et avec la tradition diplomatique américaine, en reconnaissant unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël et l'annexion du Golan syrien par l'État hébreu.


    Les Palestiniens condamnent les déclarations américaines

    Avec notre correspondante à Ramallah,  Marine Vlahovic

    Cette déclaration de Mike Pompeo est nulle et non avenue, selon l’Autorité palestinienne, qui dénonce des propos en totale contradiction avec le droit international et des résolutions de l’ONU condamnant les colonies israéliennes.

    Une fois de plus, l’administration américaine menace le système actuel en cherchant à « remplacer le droit international par la loi de la jungle », déclare de son côté Saeb Erekat, de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

    D’une seule voix, les dirigeants palestiniens demandent à la communauté internationale de condamner ce comportement « irresponsable ».

    Sur le terrain, la colonisation connaît un bond sans précédent : rien que pour Jérusalem-Est, La Paix maintenant a constaté une augmentation de 60% des permis de construire au cours des deux premières années de la présidence Trump.

    L’ONG israélienne anti-occupation condamne une « attaque directe contre la solution à deux-États » et une volonté délibérée d’ouvrir la voie à une intensification de la colonisation en vue de l’annexion des Territoires occupés.

    Cette décision est en adéquation avec la politique de l'administration Trump, qui vise à empêcher la création d'un État palestinien

    L'avocat Daniel Seideman qui travaille avec l'ONG israélienne La Paix maintenant 19/11/2019 - par RFI Écouter
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