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    Moyen-Orient

    L'Iran et les États-Unis procèdent à un échange de prisonniers

    media Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 6 décembre 2019 CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

    L'Iran et les États-Unis ont procédé à un échange de prisonniers, fait rare entre les deux pays alors que Washington accentue chaque jour un peu plus la pression et les sanctions économiques contre l'Iran.

    C'est dans le plus grand secret que des négociations ont été menées pour permettre la libération d'un professeur d'université iranien, Massoud Soleimani, détenu aux États-Unis, et de l'étudiant sino-américain Xiyue Wang, détenu en Iran.

    Massoud Soleilmani, expert en cellules souches, avait été arrêté à l'aéroport de Chicago en octobre 2018. Il était accusé d'avoir exporté du matériel biologique en Iran, violant ainsi les sanctions américaines imposées à Téhéran concernant son programme nucléaire. Doctorant à l'université américaine de Princeton, Xiyue Wang avait quant à lui été arrêté en 2016, en Iran, alors qu'il menait des recherches pour sa thèse. En 2017, il avait été condamné à 10 ans d'emprisonnement pour espionnage.

    Une libération dont se félicitent les deux pays

    Le président américain Donald Trump a salué la libération de Xiyue Wang et a remercié le gouvernement suisse, qui représente les intérêts américains en Iran, pour son aide, mais aussi l'Iran pour une « négociation très juste ». « La libération d'Américains détenus est une d'importance vitale pour mon administration et nous continuerons à travailler d'arrache-pied pour ramener à la maison tous nos citoyens détenus à tort à l'étranger » a également déclaré le président américain dans un communiqué.

    Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a de son côté déclaré sur Twitter qu'il était heureux que Massoud Soleilmani et Xiyue Wang puissent rejoindre leurs familles, tout en remerciant également le gouvernement suisse.

    Il y a deux mois, l'Iran et l'Australie avaient procédé à un échange de prisonniers dans des conditions presque identiques, rappelle notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Les arrestations d'étrangers ou de binationaux accusés souvent d'espionnage se sont multipliées en un peu plus d'un an, depuis le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de dures sanctions américaines contre Téhéran.

    Parmi les personnes emprisonnés se trouvent des Américains, des Irano-Américains, des Irano-Britanniques, notamment Nazanin Zagheri, ou encore le chercheur français Roland Marchal et sa collègue franco-iranienne Fariba Adelkhah, arrêtés en juin dernier. Côté américain, plusieurs dizaines d'Iraniens sont toujours enfermés en prison.

    Relations diplomatiques tendues

    L'échange de prisonniers entre Téhéran et Washington ne devrait pas permettre une normalisation des relations entre les deux pays. En effet, les États-Unis ne cessent d'alourdir les sanctions économiques contre Téhéran qui dénonce régulièrement la guerre économique menée par Washington.

    Les deux pays ont rompu leurs liens diplomatiques il y a bientôt 40 ans et les relations ne cessent de s'envenimer depuis la sortie en 2018 des États-Unis de l'accord nucléaire avec les grandes puissances. Car outre les sanctions économiques américaines et la chute des exportations de pétrole iranien en découlant, les incidents entre les deux pays se sont multipliés.

    En juin dernier, deux pétroliers sont attaqués en mer d'Oman. Les États-Unis accusent l'Iran qui de son côté abat - toujours en juin - un drone américain. Le lendemain, Donald Trump annonce qu'il a annulé à la dernière minute une opération militaire en guise de représailles. La riposte sera finalement de nature informatique contre des infrastructures iraniennes mais la réponse de la République islamique ne se fait pas attendre : Téhéran annonce alors qu'il ne respectera plus l'accord nucléaire.

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