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    Moyen-Orient

    Irak : après Mossoul, Tikrit est tombée aux mains des jihadistes

    media Des membres de l'EIIL près de Tikrit. Photo extraite d'une vidéo de propagande du groupe jihadiste mise en ligne le 8 juin 2014. AFP PHOTO / HO / ISIL

    Ce mercredi 11 juin, la ville de Tikrit, à 160 kilomètres de Bagdad, est passée sous le contrôle des jihadistes. Des combats ont également eu lieu dans la journée à l'entrée de Samarra, à 110 km de la capitale.

    Bagdad a été frappée par un attentat meurtrier ciblant des responsables tribaux chiites. D'autres attentats anti-chiites ont eu lieu dans le centre et le sud du pays.

    Tikrit, chef-lieu de la province de Salaheddine, importante ville sunnite d'où Saddam Hussein était originaire, n'est plus entre les mains de l'Etat irakien. Les insurgés qui la contrôlent sont des membres de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Ils ont attaqué depuis le nord, l'ouest et le sud de la ville. Un commandant de police affirme que les rebelles jihadistes ont d'ores et déjà libéré quelque 300 détenus d'une prison.

    Dans la foulée de ces annonces, des combats ont éclaté plus au sud, à seulement 110 kilomètres de Bagdad, dans la localité de Samarra. Sur place, des témoins ont évoqué l'arrivée d'hommes armés sur des camions équipés de mitrailleuses. Les assaillants de l'EIIL s'appuient localement sur des tribus irakiennes sunnites. A Samarra, la tentative des rebelles a été vaine.

    Quatre-vingt otages turcs retenus par l'EIIL en Irak, dont le consul

    Des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant à Tikrit, le 11 juin 2014. REUTERS/Stringer

    Dans la ville de Samarra se trouve un mausolée chiite. Il avait été la cible d'une attaque en février 2006. Cette dernière avait fait éclater un conflit entre chiites et sunnites irakiens, qui s'était traduit par des dizaines de milliers de morts jusqu'en 2008. A l'époque, les troupes américaines étaient massivement présentes sur le sol irakien. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Pour défendre les lieux saints comme le mausolée de Samarra, Moqtada Sadr, l'un des principaux chefs politiques irakiens, a appelé ce mercredi à la création de « brigades » chiites.

    Pour l'heure, le bilan est le suivant : depuis le début de son offensive, lancée lundi soir, l'EIIL a pris le contrôle de la totalité de la province de Ninive, dont son chef-lieu Mossoul, ainsi que des localités de Kirkouk à l'est et de Salaheddine au sud. Ils ont aussi progressé dans la ville pétrolière de Baïji, où ils ont libéré des détenus et incendié un tribunal ainsi qu'un poste de police.

    Dans la province de Kirkouk, les membres de l'EIIL ont exécuté par balle 15 membres des forces irakiennes. Et à Mossoul, ils ont pris en otage le consul de Turquie et 47 autres Turcs (des membres de son équipe, des soldats des forces spéciales et des enfants).

    Témoignage
    A Mossoul, Abou se dit «libre» et «heureux» 11/06/2014 - par Sami Boukhelifa Écouter

    Toutes ces personnes sont détenues dans les locaux du consulat. Elles seraient « en bonne santé ». Le ministre turc des Affaires étrangères a prévenu que les preneurs d'otages seraient sévèrement punis si les citoyens turcs faisaient l'objet de menaces. De surcroît, une trentaine de camionneurs turcs sont également retenus par l'EIIL. Une réunion d'urgence a été organisée ce mercredi à Ankara autour du Premier ministre Erdogan, qui a fait appel à l'Otan. (lire notre correspondance d'Istanbul ici)

    Les jihadistes iront-ils jusqu'à Bagdad ? Ce mercredi, un attentat-suicide particulièrement meurtrier a frappé Sadr City, dans le nord-est de la capitale irakienne. C'est une réunion de responsables tribaux chiites qui a été prise pour cible. Simultanément, d'autres attaques ont visé la ville sainte chiite de Kerbala et des secteurs de la province de Bassora, jusqu'ici relativement épargnée par les violences. Cette série d'attentats a fait au moins 37 morts et des dizaines de blessés.

    L'armée irakienne, héritage des Américains, aux abonnés absents

    Les forces de sécurité irakiennes sur les lieux d'un attentat à Basra, le 11 juin 2014. REUTERS/Essam Al-Sudani

    Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, de confession chiite, s'est exprimé ce mercredi. Ils pointent du doigt d'éventuels soutiens agissant pour le compte des jihadistes : « Nous savons pertinemment que les forces d’al-Qaïda et de l’EIIL n’auraient jamais pu défaire notre armée seules. Alors, je pose la question : comment cela s’est produit et grâce à qui ? Je connais la réponse mais mieux vaut ne pas en parler pour le moment. »

    Pour avoir battu en retraite, les forces de sécurité irakiennes n'en restent pas moins au centre des critiques. L’armée et la police n’ont cherché à défendre ni leurs positions, ni la population. Mardi, à peine l’offensive jihadiste lancée contre Mossoul, les officiers sont montés dans des hélicoptères. Ils ont pris la fuite en direction de Bagdad. Les soldats abandonnés dans les casernes ont enlevé leur uniforme, revêtu des vêtements civils et se sont fondus au milieu des habitants de la ville.

    Selon la presse irakienne, cette capitulation a été ordonnée par le gouvernement central à Bagdad. Pour Romain Caillet, chercheur spécialiste du Moyen-Orient, « l'armée s'est totalement effondrée. Une armée qui était équipée par les Américains, entraînée par les Américains, s'effondre en une demi-journée. C'est totalement inconcevable, c'est un Etat failli ! »

    Les Etats-Unis veulent aider l'Irak avec « davantage d'armements »

    Le président américain Obama (d) serre la main du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki dans le bureau ovale de la Maison Blanche, en novembre 2013. AFP PHOTO/Mandel NGAN

    Comme le relate notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio, le recul des troupes gouvernementales devant les assaillants rend certains élus américains perplexes et méfiants. La porte-parole du secrétaire d'Etat américain John Kerry reconnait l'EIIL comme une menace régionale, et assure que les Etats-Unis se tiennent prêts à soutenir Bagdad. Mais elle n’a révélé aucun détail sur l’aide supplémentaire que les Etats-Unis pourraient apporter. Tout au plus apprend-on que Washington étudie différentes hypothèses, dont « davantage d'armements ».

    Le Sénat américain, pour marquer sa défiance envers le Premier ministre al-Maliki, a retenu pendant des mois un contrat de 6 milliards de dollars pour la fourniture d’hélicoptères apaches. Résultat, les appareils ne devraient arriver que cet été sur place. Si l’ambassadeur d’Irak a pris livraison d’un premier chasseur F16 la semaine dernière dans le Texas, il s’agissait d’une livraison symbolique. Le chasseur n’est pas censé voler vers l’Irak avant l’automne. La situation sur place va peut-être accélérer les choses, mais le département d’Etat rappelait mardi que c’est faute d’un accord avec Bagdad, que les troupes américaines ont opéré un retrait total en 2011.

    Al-Maliki appelle les Irakiens à prendre les armes

    Sadr City après l'attentat, le 11 juin 2014. REUTERS/Wissm al-Okili

    Leur équipement américain, les soldats irakiens ont pris le soin d’en détruire une partie avant de quitter leurs bases militaires. Là aussi, l’ordre est venu de Bagdad. Le gouvernement a également exigé la destruction des réserves de carburant.

    Déclaration
    Nouri al-Maliki, Premier ministre irakien, pointe du doigt ceux qui soutiennent les jihadistes 11/06/2014 - par Sami Boukhelifa Écouter

    Malgré cela, les combattants de l’EIIL ont réussi à mettre la main sur un grand nombre de véhicules. Nouri al-Maliki appelle la population à prendre les armes. « Ceux qui viennent de se porter volontaires vont être armés et ils pourront déjouer ce complot contre l’Irak », prévient-il.

    Ce mercredi soir, toute la région regarde le pays s'enfoncer dans un chaos dont on imagine encore mal les conséquences. L'Iran, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, apporte son soutien à Bagdad. Le secrétaire général de l'ONU « exhorte la communauté internationale à s'unir pour exprimer sa solidarité avec l'Irak ».


    ■ Déplacés : l'alerte est lancée

    Une famille quittant les violences de Mossoul en direction du Kurdistan irakien, le 11 juin 2014. REUTERS/Stringer

    Ce mercredi, les Etats-Unis ont promis d'apporter leur aide aux Irakiens qui fuient devant l'avancée spectaculaire des rebelles jihadistes. Tentant d'échapper aux combats, plus d'un demi-million de personnes ont déjà quitté leur foyer dans la province de Ninive, « si ce n'est davantage », explique sur notre antenne Christiane Berthiaume, porte-parole de l'Organisation internationale des migrations (OIM) :

    « Les combats entre les forces armées irakiennes et les groupes d'opposition ont été très importants et ont fait beaucoup de victimes parmi la population. En ce moment, il y a un couvre-feu ; les personnes qui veulent fuir doivent le faire à pied, on leur interdit de prendre leur véhicule, ce qui les empêche également d'avoir accès à des services de base. Il y a des gens qui fuient de la rive ouest de la ville (de Mossoul, NDLR) vers l'est.

    D'autres fuient à l'intérieur du gouvernorat, et d'autres encore tentent d'arriver au Kurdistan. Mais c'est très difficile pour eux, parce que seuls ceux qui ont de la famille ou un commanditaire là-bas sont autorisés à entrer au Kurdistan. En ce moment, il y a des milliers de personnes qui se pressent à la frontière entre le gouvernorat de Ninive et le Kurdistan. Il y a au moins 250 000 personnes qui attendent pour traverser. »

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