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    Moyen-Orient

    Yémen: frappes à Sanaa, le président Hadi en Arabie saoudite

    media Le président yéménite a été accueilli à Riyad le 26 mars par le ministre saoudien de la Défense Mohammad bin Salman. REUTERS/Saudi Press Agency/Handout via Reuters.

    L'opération « Tempête de fermeté » s'est poursuivie jeudi 26 mars au Yémen avec des raids aériens sur Sanaa, la capitale. Une intervention militaire arabe pour repousser les rebelles chiites houthis qui voulaient prendre Aden, le grand port du sud du pays. Le président yéménite, réfugié depuis quelques mois à Aden, est arrivé jeudi soir en Arabie saoudite. Son homologue turc soutient l'opération au Yémen. Dans une interview exclusive accordée à France 24, Recep Tayyip Erdogan s'est même dit prêt à apporter un soutien logistique aux opérations.

    De fortes explosions ont secoué jeudi soir Sanaa, où une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite poursuivait son opération militaire avec des frappes aériennes contre les rebelles houthis au pouvoir dans la capitale. 

    L'opération « Tempête de fermeté » a débuté par des raids aériens dans la nuit de mercredi à jeudi. Les bombardements ont visé des sites stratégiques tenus par la milice chiite des Houthis et ont été qualifiés de « succès » par la coalition. Les forces aériennes saoudiennes sont quasiment parvenues à sécuriser l’espace aérien yéménite mais surtout elles ont repris l’aéroport d’Aden qui était passé la veille sous le contrôle de la rébellion zaïdiste. Les frappes aériennes ont détruit la base aérienne d’Al-Daïlami située à proximité de l’aéroport de la capitale yéménite, Sanaa, ainsi que des batteries de missiles SAM et quatre avions de chasse précise ce vendredi notre correspondante à Riyad, Clarence Rodriguez.

    La deuxième vague de bombardement a visé ce jeudi soir les points d’entrée de la capitale : la base al-Istiqbal à l’Ouest et le camp al-Samaa au Nord, utilisé par des unités qui prendraient leurs ordres du fils de l’ancien chef de l’état Ali Abdallah Saleh, précise l'AFP. Dans le sud du pays, les frappes ont visé une base aérienne et un centre des forces spéciales alliées aux Houthis.

    De source yéménite ce vendredi matin, 39 personnes ont été tuées au Yémen depuis le début de l'offensive menée par l'Arabie saoudite.

    Maîtriser l’espace aérien yéménite

    L’Arabie saoudite et ses alliés sunnites entendent maintenir sous contrôle l’espace aérien yéménite, et pour cela les avions radars et les ravitailleurs en vol qu’envisage de fournir Washington permettraient à la coalition de tenir dans la durée. Car pour l’instant, le royaume saoudien n’entend pas engager des troupes au sol, même si 150 000 hommes se tiennent prêt à intervenir. « Les forces terrestres saoudiennes et celles de ses amis sont prêtes et repousseront toute agression », a précisé le général Ahmed Asseri.

    De son côté, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi est arrivé jeudi à Riyad. M. Hadi a été ces derniers jours au centre de nombreuses spéculations, notamment sur sa présence à Aden, alors que des forces anti-gouvernementales se rapprochaient de cette grande ville du sud où il était retranché depuis février après la prise de Sanaa par les rebelles houthis.

    Pour le président, l'Arabie saoudite est une étape avant le sommet annuel arabe qui s'ouvrira samedi en Egypte à Charm el-Cheikh, où se sont réunis aujourd'hui les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe. Les chefs de la diplomatie se sont mis d'accord sur un projet de force militaire conjointe. 

    Réactions

    Plusieurs pays ont confirmé hier leur participation concrète à l'opération menée par Riyad. Le Bahreïn et le Maroc fournissent des avions de combat. L'Egypte envoie dans le golfe d'Aden quatre navires de guerre pour protéger cette voie maritime stratégique. La Ligue arabe qui tient son sommet annuel demain a Charm el-Cheikh a exprimé son soutien total à la coalition. Un soutien qu'a également manifesté le président turc Recep Tayyip Erdogan au cours d'une interview exclusive accordée à France 24, demandant aux « groupes terroristes » de se retirer.

    Mais l'opération a aussi ses détracteurs, rapporte notre correspondante à Doha, Laxmi Lota. Le président iranien, Hassan Rohani, parle « d'agression militaire ». Pour l'Iran, l'opération va « créer plus de tensions dans la région ». Téheran met en garde contre une propagation du conflit yéménite à d'autres pays dans la région. C'est que les autorités saoudiennes, qui voient d’un très mauvais œil un accord imminent sur le nucléaire, craignent aussi que les Iraniens profitent de la situation chaotique au Yémen pour tisser leur toile chiite, après s’être imposés en Irak, Syrie et au Sud- Liban avec le Hezbollah.

    Dans le Golfe, l'Irak désapprouve également l'intervention. Le chef de la diplomatie irakienne s'est dit pour une solution « pacifique ». Pour l'Union européenne non plus, « l'action militaire n'est pas une solution ». Riyad a en tous cas su convaincre une dizaine d'alliés de se joindre aux bombardements aériens.

    De leur côté, les Houthis n'ont pas tardé à réagir. Le chef de la milice, Abdel Malek al-Houthi a exhorté ses partisans à lutter contre l'intervention militaire, qualifiant cette « agression » de « totalement injustifiée », lors d'un discours télévisé.

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