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    Moyen-Orient

    La Turquie bombarde les positions du groupe EI en Syrie

    media Les raids ont été menés par des F-16 de l'armée de l'air turque (ici lors d'une présentation en Espagne en 2015). AFP PHOTO/ JORGE GUERRERO

    Ankara est passé à l’offensive en Syrie, après avoir longtemps été accusée de passivité par les membres de la coalition internationale. L’aviation turque a bombardé dans la nuit des positions de l’organisation Etat islamique. Dans le même temps, une vaste opération policière ciblant à la fois des militants présumés de l’EI, du PKK kurde et de l'extrême gauche a été menée dans le pays.

    Article réactualisé régulièrement, avec notre correspondant à Istanbul,  Jérôme Bastion

    Trois chasseurs bombardiers F-16 ont été déployés entre 3h et 4h du matin, cette nuit. Ils ont tiré quatre missiles téléguidés sur trois objectifs : « Deux quartiers généraux et un point de rassemblement ». Le communiqué du centre de coordination du Premier ministre turc annonçant ces raids précise que ces tirs ont été effectués sans que les appareils n’aient à pénétrer dans l’espace aérien syrien, les cibles étant à proximité immédiate de la frontière. 

    Après les accrochages meurtriers de jeudi, la riposte de l’artillerie turque avait permis de mettre hors d’état de nuire un petit groupe d’assaillants. Mais, selon les renseignements dont disposaient les Turcs, le groupe Etat islamique était en train de masser des hommes et du matériel lourd près de la frontière, avec pour objectif probable d’attaquer les positions militaires turques en train de sécuriser la frontière. C’est donc pour contrer cette menace que l’opération aérienne a été lancée. Cette montée en puissance de la réaction turque intervient aussi trois jours après l’attentat de Suruç, qui a fait 32 morts.

    La Turquie a par ailleurs autorisé la coalition internationale formée par les Etats-Unis à utiliser la base aérienne Incirlik pour ses opérations contre l'EI dans le nord de la Syrie. Une base stratégique, située à tout juste 120 km de la frontière syrienne et à 170 km des zones contrôlées par le groupe Etat islamique. Mais la Turquie, bien qu’elle ait annoncé sa participation à la coalition internationale contre l’EI en octobre dernier, refusait toujours que son territoire - et notamment sa base aérienne d’Incirlik, déjà utilisée par l’aviation américaine à des fins uniquement logistiques - soit utilisé pour intervenir en Syrie contre les jihadistes.

    Réponse limitée

    Tout indique que ce bombardement est ponctuel et constitue une réponse limitée à une situation précise : un risque d’attaque des jihadistes. Une telle opération ne devrait pas se répéter, sauf si une nouvelle menace se manifestait. Sa nécessité devrait d’ailleurs sensiblement diminuer avec la sécurisation physique de la frontière décidée jeudi à l’issue d’un conseil des ministres exceptionnel.

    La Turquie est très réticente à participer à des opérations militaires aériennes ou terrestres aux côtés de ses partenaires de la coalition. Il y avait déjà eu des incidents à la frontière turque, rappelle Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie au sein de l'Institut français des relations internationales. Mais cette fois, si « la mise en scène des incidents est beaucoup plus forte ».

    Pour la chercheuse de l’IFRI, « l’Etat turc a besoin de montrer qu’il est prêt à mener des représailles » en vue d’accroître sa crédibilité auprès de ses partenaires occidentaux. Dorothée Schmid juge par ailleurs que si l’attentat de Suruç, qui n’a pour l’instant pas été revendiqué, a effectivement été perpétré par l’Etat islamique, « cela veut dire que la Turquie est extrêmement vulnérable aux actions de l’Etat islamique à l’avenir ».

    Opération policière: près de 300 interpellations

    Il est cependant indéniable qu'Ankara veut démontrer que le temps de l'inaction est révolu. La vaste opération de police lancée ce vendredi matin contre de possibles cellules dormantes de l'EI et du PKK kurde en est la preuve : 5 000 policiers des forces spéciales sont engagés dans une opération d'ampleur visant 140 adresses dans 26 des 39 arrondissements d'Istanbul depuis l'aube.

    Selon le premier bilan de l’opération, dressé devant la presse par le Premier ministre turc, 297 personnes ont été interpelées dans les quinze provinces où se sont déroulées les opérations. A Istanbul uniquement, 140 adresses ont été visitées par les forces de police, aidées par des hélicoptères dans leur coup de filet. Parmi les personnes arrêtées, 36 étrangers, jihadistes présumés et 31 membres présumés du groupe Etat islamique, dont un imam radical qui avait livré un prêche enflammé et menacé la Turquie après une série d’arrestation dans les milieux jihadistes turcs au début du mois de juillet.

    Les réseaux islamistes dormants compteraient des dizaines de milliers de militants ou sympathisants dans toute la Turquie. Une forte implantation des jihadistes en Turquie que, jusqu'ici, « ni les islamistes turcs traditionnels, ni l’Etat ne voulaient accepter », juge Ali Bayramoglou, universitaire et chroniqueur du quotidien turc Yeni Safak, interrogé par RFI. « Ils sont bien enracinés à Istanbul, dans certains quartiers, dans des villes conservatrices, des villes kurdes... On trouve des traces de ce groupe dans toute la Turquie », explique-t-il. Le groupe Etat islamique aurait de nombreuses cellules implantées dans toutes les grandes villes turques, mais aussi dans les villes de passage près des frontières. « Des recherches montrent que, depuis trois ans, 7000 familles ont quitté le pays pour aller vivre sous le drapeau de cet Etat islamique », souligne Ali Bayramoglou.

    Le PKK et des groupes d'extrême gauche également ciblés

    Mais ce coup de filet ne visait pas uniquement les jihadistes présumés : les militants du PKK et de mouvements d’extrême gauche étaient également visés. Une militante d’extrême gauche, membre du Front révolutionnaire de libération du peuple, a été tuée à Istanbul. La police a affirmé qu’elle préparait une opération kamikaze.

    La situation en Turquie paraît de plus en plus complexe, d’autant que les consultations pour la formation d’une coalition gouvernementale sont de plus en plus dans l’impasse et que le pays semble se diriger vers des élections anticipées.

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    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.