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    Moyen-Orient

    Turquie: le Premier ministre Davutoglu charge le PKK

    media Le Premier ministre Ahmet Davutoglu et le commandant des forces aériennes turques Akin Ozturk lors d'une réunion de sécurité consacrée à la lutte contre l'organisation EI et le PKK ce samedi 25 juillet. AFP/HAKAN GOKTEPE

    D’une pierre deux coups. Alors que la Turquie vient d’entrer en guerre contre l’organisation Etat islamique en bombardant ses positions en Syrie, elle a simultanément décidé de frapper aussi les positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Irak. Ce samedi matin, les F16 de l'armée turque ont à nouveau décollé à l'aube. Parallèlement, pour la deuxième journée consécutive, la police a procédé à des dizaines de nouvelles arrestations dans plusieurs villes du pays, visant les militants kurdes. Le PKK a annoncé la fin du cessez-le-feu.

    Sous couvert de frapper l'EI, les autorités ont clairement décidé de s'attaquer aux militants kurdes. On l’a bien compris dans l’intervention qu'a faite ce samedi matin le Premier ministre. Comme l'explique notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion, Ahmet Davutoglua a certes évoqué les frappes contre l’organisation Etat islamique, en parlant d’un « message nécessaire envoyé au monde », mais il a surtout concentré ses propos sur les rapports de l’Etat turc avec les Kurdes.

    Et lorsque le chef du gouvernement turc parle des Kurdes, il parle des membres de la rébellion du PKK, classée organisation terroriste par Ankara, mais aussi du mouvement politique légal kurde, le Parti démocratique des peuples (HDP) qui a fait de bons scores aux dernières législatives en Turquie.

    Ahmet Davutoglu s'adresse aux militants kurdes

    « Certains croient, en utilisant les élections démocratiques, pouvoir profiter d’une prétendue vacance de pouvoir. 13 %, c’est une grande victoire pour vous, a déclaré le Premier ministre, évoquant le score du HDP au dernier scrutin législatif. Mais peut-on accepter que le sud-est célèbre ce résultat en brandissant des kalachnikovs dans les rues ?, a-t-il demandé. Ils parlent de désarmement et sèment la terreur », a-t-il continué, confondant volontairement les milieux civils et militaires de la mouvance kurde.

    M. Davutoglu a ajouté - et on ne peut qu’approuver - que l’Etat turc ne resterait pas impassible face au « lâche assassinat de deux policiers dans leur sommeil et d’un agent de la circulation ». Alors que l’armée turque continuait ce samedi ses bombardements dans le nord de l'Irak et a envoyé des troupes au sol, le Premier ministre a enfin annoncé la que les opérations continueraient, au moment où les arrestations massives continuaient aussi de facto à Istanbul et Ankara.

    Le PKK annonce que le cessez-le-feu a vécu

    Après un tel discours, c’était évidemment prévisible : le PKK a immédiatement annoncé que la trêve (ou le cessez-le-feu), en vigueur officiellement depuis deux ans avec l'Etat turc (dans les faits, plutôt quatre, voire cinq ans), était désormais caduque. Le Premier ministre, auquel la question de ce cessez-le-feu a été posée ce samedi midi, n’a d’ailleurs pas dit autre chose.

    Ahmet Davutoglu estime que le gouvernement a fait son possible, mais que le PKK n’ayant pas désarmé comme on le lui demandait, ce processus de paix n’a plus d’autre interlocuteur que la volonté nationale, c’est-à-dire le choix du peuple. Le Parti de la justice et du développement (AKP) de MM. Erdogan et Davutoglu veut aller à des élections, et se débarrasser des Kurdes, auxquels il déclare donc la guerre.

    Pourquoi cette double offensive EI-KPP ?

    La stratégie que semble adopter désormais la Turquie peut sembler paradoxale, dans la mesure où le Parti des travailleurs du Kurdistan est en première ligne dans la lutte anti-jihadiste en Irak face à l'organisation EI. Mais les Turcs, qui frappent dorénavant le groupe EI en Syrie et peuvent l'affaiblir, risquent ainsi de rendre finalement service au PKK. Or, un PKK débarrassé de la menace extrémiste pourrait pousser ses revendications territoriales historiques et vouloir créer un Etat, le Kurdistan, dont les délimitations recherchées seraient alors potentiellement à cheval entre la Turquie, l’Irak et la Syrie.

    Cette perspective est inimaginable pour les autorités turques, qui ont donc choisi de privilégier une double offensive, anti-jihadiste et anti-PKK, en même temps. Le président turc Recep Tayyip Erdogan entend ainsi montrer qu’il ne lâche rien. Son pays mène la lutte sur deux fronts, et il n’est pas question qu'il sacrifie une question aux dépens de l’autre.


    ■ Analyse

    Selon Murat Polat, porte-parole du Conseil démocratique kurde en France (CDKF), cette stratégie de la double offensive turque ne vise en réalité qu’à affaiblir le PKK, et non le groupe Etat islamique. L’objectif des autorités turques serait ainsi de faire payer aux Kurdes de Turquie leur manque de soutien au président Recep Tayyip Erdogan et à son Premier ministre Ahmet Davutoglu.

    « La Turquie a bombardé du sol Daech, et avec ses avions, les positions du PKK en Irak. C'est-à-dire que les attaques d'aujourd'hui ont été beaucoup plus violentes et nettes contre les Kurdes que contre Daech, dénonce-t-il. La Turquie a décidé d'attaquer Daech et le PKK, les Kurdes, qui sont aujourd'hui le seul rempart efficace sur le terrain contre Daech. Ça brouille un peu les cartes, mais en même temps, pour nous les choses sont claires. »

    « Grande inquiétude »

    La situation est quoi qu'il en soit explosive, assure Ali Bayramoglou, universitaire et chroniqueur du quotidien turc Yeni Safak : « C'est une sorte d'explosion des problèmes régionaux et des problèmes politiques profonds de la Turquie, qui a essayé de toucher la menace des islamistes et qui se retrouve aujourd'hui dans leur bras. Le territoire turc devient, petit à petit, le territoire de jihad de ce groupe islamiste. C'est tout à fait nouveau. »

    « Il y a une grande inquiétude » dans la population, ajoute M. Baramoglou, face à « ces deux grands problèmes qui viennent du Sud, le mouvement islamiste armé et un problème kurde non résolu, et qui poussent toujours le gouvernement turc vers une politique sécuritaire, avec des effets néfastes sur la démocratie. Voilà, c'est ce qu'il se passe en Turquie. C'est un moment très difficile. Pour pouvoir le passer, tout dépendra de l'intelligence du gouvernement. »

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