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    Moyen-Orient

    L'Iran va participer aux discussions multilatérales sur la Syrie

    media C'est officiel: le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, participera vendredi à des discussions multilatérales sur la Syrie, à Vienne. REUTERS/Raheb Homavandi/TIMA

    Le rapprochement international sur le dossier syrien est en train de prendre un tournant majeur. Une nouvelle réunion quadripartite entre la Russie, les Etats-Unis, l'Arabie saoudite et la Turquie aura lieu ce jeudi soir en Autriche pour discuter du conflit. Les ministres des Affaires étrangères de ces quatre pays seront rejoints le lendemain par des représentants d'autres pays (Egypte, Irak, Liban), et par ceux de la République islamique d'Iran, qui a confirmé avoir reçu une invitation officielle, et y a répondu favorablement.

    Les ministres des Affaires étrangères russe, américain, saoudien et turc vont se retrouver en petit comité, ce jeudi soir dans la capitale autrichienne, Vienne, pour parler de la Syrie. Et le lendemain, vendredi, MM. Lavrov, Kerry, al-Jubeir et Sinirlioglu seront rejoints à Vienne par des représentants de l'Union européenne et par leurs homologues d'autres pays, par exemple l'Egypte, l'Irak, ou encore le Liban. Et parmi ces autres pays représentés, c'est désormais officiel, il y aura l'Iran.

    Téhéran a en effet confirmé, ce mercredi 28 octobre par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, avoir été officiellement invité. Et selon l'agence de presse Irna, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif va bel et bien se rendre à Vienne avec ses adjoints. Objectif de la rencontre : parler de l'avenir politique de la Syrie, et de la façon d'en finir avec cette guerre, qui dure depuis quatre ans et demi.

    Un tournant important dans la crise syrienne

    Cette participation est un tournant important dans la crise syrienne, analyse notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. L'Iran n'avait jamais été invité à une réunion internationale sur la Syrie. L'accord nucléaire entre l'Iran et les grandes puissances a indéniablement facilité cette invitation.

    Ce tournant diplomatique majeure a été voulu par la Russie, qui a renforcé son soutien à l'armée syrienne avec les frappes aériennes quotidiennes contre l'organisation Etat islamique et les autres groupes rebelles armés syriens. Cette invitation intervient aussi alors que l'Iran a renforcé ces derniers mois son soutien militaire à la Syrie.

    Contrairement aux pays occidentaux, aux monarchies arabes et à la Turquie, qui demandent le départ de Bachar el-Assad, l'Iran affirme qu'il faut renforcer le président syrien et l'armée pour éliminer les groupes rebelles. Selon le numéro deux des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime islamique, l'Iran a d'ailleurs fortement augmenté le nombre de ses conseillers militaires pour soutenir l'armée syrienne. Téhéran, qui dément l'envoi de troupes militaires sur place, affirme en revanche qu'il y a des volontaires iraniens, afghans, irakiens et pakistanais qui se battent aux côtés de l'armée syrienne.

    Rapprochement russo-américain sur la Syrie

    Les Etats-Unis acceptent donc désormais de discuter avec l'Iran de l'avenir de la Syrie. C'est un virage. Lors d'une première rencontre quadripartite (Russie, Etats-Unis, Arabie saoudite, Turquie), vendredi dernier à Vienne, le secrétaire d'État américain avait alors publiquement exprimé son souhait de voir se tenir une réunion internationale « plus large » au sujet du conflit. Mais John Kerry avait assuré qu'en l'état, il n'était pas question d'inviter l'Iran, jugé trop proche du régime Assad que la République islamique soutient militairement.

    Le revirement américain est finalement intervenu ce mardi soir : « Nous nous attendons à ce que l'Iran soit invité à participer » à la réunion de Vienne, a alors déclaré le porte-parole du département d'État John Kirby. Ce virage tient à deux éléments : d'abord, l'accord sur le nucléaire iranien, qui a rendu Téhéran plus fréquentable aux yeux de Washington ; ensuite, l'offensive diplomatique lancée par la Russie dans le sillage de son intervention militaire en Syrie. Peu avant l'annonce de M. Kirby, les chefs des diplomaties américaine et russe s'étaient une nouvelle fois entretenus au téléphone. C'était la quatrième fois en quatre jours.

    La France se replace dans le sillage de Washington

    Le rapprochement russo-américain tranche avec l'isolement grandissant dont a semblé souffrir Paris dans le dossier syrien ces derniers jours. La France, qui continue d'exclure catégoriquement toute participation de Bachar el-Assad à la solution du conflit, n’avait d'ailleurs pas été invitée aux discussions viennoises de vendredi dernier, initiées par Moscou. Alors, pour tenter de reprendre la main, le ministre français des Affaires étrangères a reçu à dîner, mardi soir, les principaux acteurs du dossier syrien, à l’exception de la Russie. Mais en fin de soirée mardi, le Quai d'Orsay n'avait pas souhaité communiquer d'information sur l’issue de ces discussions.

    Tout juste indiquait-on, dans la diplomatie française, que Laurent Fabius aurait un entretien téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov ce mercredi 28 octobre en début d’après-midi. Mais mercredi, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement français, a finalement délivré le message suivant après le Conseil des ministres : Paris est « favorable » à l'invitation de l'Iran aux discussions. Et la France d'annoncer sa participation aux pourparlers. Un tournant diplomatique majeur est donc en marche, face à cette guerre syrienne dévastatrice, qui a fait plus de 250 000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.

    Une transition avec ou sans Assad ? Telle est encore la question

    L'Iran partie prenante aux discussions sur la Syrie, parmi la dizaine de délégations attendues à Vienne, cela pourrait accélérer le processus diplomatique qui se dessine. Mais à double tranchant, cela pourrait également être un facteur de blocage. L'Arabie saoudite voit par exemple d'un très mauvais œil le retour de l'Iran, son grand rival, dans le concert des nations. Des pays comme la France, nous l'avons vu, restent par ailleurs très hostiles à Bachar el-Assad, qui n'a jamais été lâché pour l'instant par Moscou et Téhéran. Et c'est sans compter sur les mouvements de l'opposition syrienne en exil.

    En effet, la Coalition nationale syrienne a d'ores et déjà réagi à l'arrivée de l'Iran à la table des discussions : « La présence de l'Iran va compliquer les discussions de Vienne, parce qu'elle s'y présentera avec un projet visant à préserver Assad », a ainsi déclaré mercredi soir le vice-président de la CNS Hicham Marwa, qui espère que cette rencontre sera l'occasion d'évoquer l'avenir syrien sans l'actuel maître de Damas. Pour l'instant, Washington n'a pas changé de ligne : selon M. Kirby, la rencontre viennoise de vendredi vise à définir un « cadre multilatéral nécessaire à une transition fructueuse en Syrie qui permette la formation d'un exécutif dont Bachar el-Assad ne serait pas le chef ».

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