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    Moyen-Orient

    Shimon Peres sur RFI : «Nous devons reprendre les négociations avec les Palestiniens»

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    Dans un entretien exclusif à RFI, le président israélien Shimon Peres évoque la victoire annoncée des islamistes en Egypte, le bras de fer nucléaire avec l’Iran et le blocage du processus de paix israélo-palestinien.

    Propos recueillis par nos correspondants à Jérusalem

    RFI : Les premiers résultats des élections législatives en Egypte montrent une forte percée des partis islamistes, à commencer par les Frères musulmans. Est-ce une mauvaise nouvelle pour Israël ?

    Shimon Peres :
    Nous connaissons le résultat de ce vote, pas celui de l’élection. Apparemment, le vote pose question aux Egyptiens eux-mêmes pour la formation de leur gouvernement. Car le gouvernement doit être une coalition réunissant l’armée et les dirigeants politiques venus de différents partis, avec des tendances différentes. Mais globalement cela soulève une vraie question : où va l’Egypte ? Car pour nous depuis longtemps l’Egypte est un acteur central du monde arabe. Et nous espérons qu’elle va le rester.

    RFI : Craignez-vous une remise en cause du Traité de paix entre Israël et l’Egypte ?

    S.P. :
    Je crois que les Egyptiens ont assez de raisons de ne pas aller dans ce sens. Je pense que les arguments en faveur de la paix ont été parfaitement exprimés par le président Moubarak qui a dit : « je ne veux pas voir d’autres enfants perdre la vie ». La guerre est une machine à tuer. Et chacun de nous a perdu un certain nombre de ses meilleurs fils.

    Mais je crois aussi que les Frères musulmans sont confrontés à d’autres problèmes. Il ne s’agit pas seulement de changer les visages, il faut aussi changer la situation. Et les principaux problèmes en Egypte ce sont ceux de la pauvreté, du chômage, des libertés…
    Maintenant nous connaissons le nom du parti vainqueur, nous ne connaissons pas son programme. Et je pense que s’ils ne parviennent pas à résoudre les problèmes de fond de l’Egypte, ils en subiront les conséquences.

    Jusqu’à présent les Frères musulmans n’ont jamais dirigé un grand pays. Diriger est une tâche difficile. Et diriger sans avoir de programme est encore plus compliqué. Donc je ne veux pas tirer de conclusions hâtives. Je reconnais que cela crée des problèmes. Mais encore une fois il nous faut attendre les conclusions.

    RFI : L’Occident s’achemine vers des sanctions plus dures contre l’Iran, accusé de chercher à se doter de la bombe atomique. Sont-elles suffisantes à vos yeux ?

    S.P. : Elles ne doivent pas être suffisantes pour nous mais suffisantes pour l’Iran. Le problème n’est pas la quantité des sanctions. Le problème du monde c’est l’impact de ces sanctions. Et je pense que tous les dirigeants l’ont dit : si ces sanctions ne sont pas suffisantes il y en aura davantage. L’Iran est un danger pour le monde, il faut lui faire face. Et il n’y a pas de raison qu’Israël soit seul dans cette situation. Un Iran agressif, qui alimente le terrorisme, un système moralement corrompu qui tue son propre peuple et ment à tout le monde, qui utilise la force et met la paix en danger, qui nie l’Holocauste, qui menace l’existence d’un autre pays, qui possède des missiles de différentes tailles et portées et qui produit des bombes atomiques… diriez-vous que c’est seulement le problème d’Israël ? C’est un vrai problème pour toute personne honnête. Pour chaque citoyen de notre époque.

    Et je crois que la mobilisation morale n’est pas moins importante que la mobilisation économique. Nos enfants doivent comprendre que nous ne nous battons pas seulement pour de la terre ou du pétrole mais aussi pour faire de ce monde un endroit civilisé. Et le gouvernement iranien actuel est un danger pour la civilisation. Pour toutes les civilisations, d’est en ouest. Et les dirigeants se sont engagés à ne pas permettre que l’Iran se dote d’arme nucléaire. Poutine, Medvedev, les Européens, Sarkozy, Merkel, les Américains, Obama. Ils l’ont dit et ils doivent tenir leur promesse.

    RFI : Pensez-vous qu’Israël paierait un lourd tribut en cas d’attaques sur l’Iran. Le ministre de la Défense Ehud Barak a parlé récemment de « 500 victimes » israéliennes.

    S.P. :
    Ce n’est pas une guerre. Je ne veux pas parler de guerre. Et je ne dirais pas que la guerre est la réponse dans l’immédiat.

    RFI : Aujourd’hui les négociations sont totalement bloquées entre Israël et les Palestiniens. Quels gestes les uns et les autres doivent-ils faire pour sortir de cette situation ?

    S.P. :
    Nous devons reprendre la négociation. Nous pouvons le faire de façon très ambitieuse ou alors d’une façon très pragmatique. La méthode ambitieuse consiste à résoudre tous les problèmes tout de suite. Mais je ne suis pas sûr que les problèmes puissent être résolus dans un court laps de temps. L’alternative consiste à rassembler un bouquet d’accords qui nous permettrait de relancer la négociation. Je pense que c’est l’approche la plus pragmatique. Nous devons réunir une série de « pré-accords » qui permettront aux dirigeants de se rencontrer publiquement et de négocier secrètement jusqu’à obtenir un accord.

    RFI : Il y a quelques jours, Israël s’est souvenu de la date du 29 novembre 1947, date du vote à l’ONU du Plan de partage de la Palestine, prévoyant l’établissement d’un Etat juif et d’un Etat arabe. N’est-il pas temps que la même organisation des Nations unies vote pour établir un Etat indépendant de Palestine ?

    S.P. : Comme vous le savez, cette résolution n’a pas été suivie. Seulement par un seul côté, celui d‘Israël. La résolution a aussi donné trois guerres, du côté arabe. Et trente ou quarante ans ont été perdus à cause de la guerre. Je ne pense pas qu’il y ait besoin de répéter cela. Car dans ce cas nous n’aurions ni Etat juif, ni Etat palestinien.

    Aujourd’hui, nous avons un Etat juif et un Etat en devenir du côté palestinien. Que ces deux Etats négocient et s’entendent. Car les Nations unies ne peuvent pas offrir un authentique Etat aux Palestiniens. Et elles ne peuvent pas apporter la vraie sécurité à Israël. Donc une simple déclaration n’aidera en rien. Et je pense qu’il est possible de négocier directement et de parvenir à un accord. Je pense que c’est la meilleure voie pour y parvenir.

    RFI : La semaine dernière vous avez rencontré le roi Abdallah de Jordanie. Auparavant vous aviez rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas. Êtes-vous plus optimiste après ces rencontres ?

    S.P. :
    Je ne peux pas l’être davantage car je le suis suffisamment. Et même en cas de problèmes, je fais appel à mon optimisme. Je pense que nous pouvons reprendre les négociations. Nous devons le faire. Et nous devons essayer encore et encore jusqu’à ce que cela marche. J’espère que cela n’arrivera pas trop tard.

    Interview de Shimon Peres en anglais (1ère partie) 10/10/2013 - par RFI Écouter
    Interview de Shimon Peres en anglais (2e partie) 10/10/2013 - par RFI Écouter

    RFI : Ces dernières semaines en Israël, il y a eu un débat très agité entre la droite au pouvoir et la gauche à propos de projets de loi contestés. Il s’agissait notamment de limiter le financement étranger des organisations de défense des droits de l’homme et de réformer le système de nomination des juges à la Cour suprême. La démocratie israélienne est-elle en danger ?

    S.P. :
    Tous ces projets de loi ont soulevé une importante controverse. Et je dois dire que je me suis senti par moment du côté de ceux qui les critiquaient. Je ne pense pas que cela représente un danger pour la démocratie. Peut-être s’agit-il d’une « erreur démocratique » ? Les démocraties ne sont pas immunisées contre les erreurs. Mais il y a des possibilités de les corriger.

    RFI : Une question qui concerne deux jeunes hommes qui ont en commun d’avoir la nationalité française. Le premier s’appelle Gilad Shalit, vous l’avez rencontré récemment, juste après sa libération (il a passé cinq années aux mains du Hamas à Gaza). L’autre s’appelle Salah Hammouri, c’est un Franco-Palestinien qui a presque fini de purger sa peine de 7 ans de prison. Pensez-vous que Salah Hammouri peut figurer sur la liste des 550 prisonniers palestiniens qui doivent être libérés dans les prochains jours au titre de la seconde partie de l’échange ayant permis la libération de Gilad Shalit ?

    S.P. :
    Gilad Shalit a été enlevé sur notre sol. En violation de toutes les lois et règles.
    L’autre cas, je crois, est en cours d’examen. Je ne sais pas exactement à quoi ressemblera la liste. Pour moi, il est trop tôt pour répondre à cette question.

    RFI : Votre prédécesseur à la présidence, Moshe Katsav, a été condamné à 7 ans de prison pour viol et pour d’autres crimes sexuels. Envisagez-vous de lui accorder votre grâce présidentielle ?

    S.P. :
    Je ne suis pas un tribunal. C’est la justice qui décide. S’il y a une demande je la prendrai en considération… Mais je n’ai pas à exprimer d’opinion a priori.

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