Dernières infos
Maldives - 
Article publié le : jeudi 09 février 2012 - Dernière modification le : jeudi 09 février 2012

Maldives: crise politique au paradis des touristes

Des touristes attendent pour monter à bord d'un ferry pour quitter Malé, le 9 février 2012.
Des touristes attendent pour monter à bord d'un ferry pour quitter Malé, le 9 février 2012.
REUTERS/Dinuka Liyanawatte

Par Georges Abou

Les Maldives sont plongées dans une crise politique marquée par la confusion et l’incertitude après la démission contrainte du président, mardi. Mohamed Nasheed a accusé son successeur, le vice-président Mohamed Waheed, de l’avoir évincé du pouvoir lors d’un coup d’Etat orchestré par des dirigeants de l’opposition, avec le soutien des forces de sécurité. Mohamed Waheed dément les accusations de coup d’Etat, il annonce sa volonté de former un gouvernement d’union nationale et a d’ores et déjà nommé un ministre de l’Intérieur et un ministre de la Défense afin de maintenir l’ordre.

Les dernières informations en provenance de l’archipel faisaient état d’un calme précaire après la journée et la soirée de mercredi au cours de laquelle plusieurs bâtiments officiels, et notamment des postes de police, ont été assaillis par les manifestants fidèles à l’ancien président et sa formation, le Parti démocratique maldivien (MDP). Les affrontements entre forces de l’ordre et partisans de M. Nasheed, rassemblés pour dénoncer la prise de pouvoir de son successeur, ont fait plusieurs blessés parmi lesquels des responsables politiques et l’ancien président lui-même qui a été brièvement hospitalisé. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui et il s’attendait jeudi soir à être arrêté d’un moment à l’autre. Sa femme et l’une de ses filles ont quitté le pays à destination du Sri Lanka voisin pour garantir leur sécurité.

Les troubles se sont étendus à d’autres îles de l’archipel. L’atoll d’Addu, dans l’extrême sud du pays, est cité. Selon le maire d’Addu-City, 32 000 habitants, la deuxième ville de l’archipel était jeudi en proie au chaos après une nuit de violences au cours de laquelle au moins un poste de police a été attaqué et incendié. Abdulla Sodig indiquait jeudi à l’AFP qu’il « n’y a plus ni loi, ni ordre ». Il précise qu’environ 300 policiers et militaires ont débarqué sur l’île pour procéder à des arrestations et sécuriser les installations touristiques.

Cette brusque flambée de violence fait suite à plusieurs mois de tensions et plusieurs semaines de manifestations et d’instabilité politique, après l’arrestation d’un juge de la Cour suprême accusé de bloquer des enquêtes sur la corruption de l’ancien régime. Mohamed Nasheed fait face à une opposition emmenée par des proches de l’ancien président Maumoon Abdul Gayoom, au pouvoir entre 1978 et 2008, soutenus par une fraction de l’armée, de la police et de l’opposition conservatrice.

Altitude maximum : 3 mètres

L’effervescence politique aux Maldives prend les observateurs de court. On est dans une situation d’autant plus complexe à observer que l’archipel n’est que rarement sous les feux des projecteurs pour des raisons politiques. C’est un archipel qui compte quelque 1 200 îles, pour une superficie totale d’environ 300 km², et peuplé par 400 000 habitants. C’est l’un des principaux hauts-lieux du tourisme de luxe de la planète, notamment fréquenté par les amateurs de plongée sous-marine. Le tourisme constitue d’ailleurs l’une de ses principales ressources et les nouvelles autorités ne manquent pas de rappeler à chacune de leur déclaration qu’il ne pèse aucune menace sur les étrangers qui viennent y passer leurs vacances dans les luxueux établissements mis à leur disposition. Le ministère français des Affaires étrangères a néanmoins publié une mise en garde aux voyageurs. Il déconseille « fortement » de se rendre à Malé, à l’heure actuelle.

L’autre raison pour laquelle la situation des Maldives est bien connue est liée aux effets du changement climatique, directement observable sur place puisque l’archipel, dont l’altitude maximum ne dépasse pas trois mètres, est menacé de disparition sous l’effet de la montée des eaux. C’est la raison pour laquelle ses autorités ont fait de ce problème un thème central de leur action politique et la République des Maldives est donc à la pointe du combat contre le réchauffement climatique. C’est pour ce pays une question de vie ou de mort.

Sur le plan international, la situation aux Maldives plonge la région dans une profonde perplexité. L’arrivée au pouvoir de Mohamed Nasheed, premier président démocratiquement élu du pays en 2008, avait soulevé l’espoir d’un renouveau des institutions démocratiques et d’une stabilité fondée sur la légitimité politique. Les capitales régionales, New Delhi et Colombo, observent la plus grande prudence.

tags: Maldives
Sur le même sujet :
Commentaires
Réagissez à cet article
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer