jeudi 06 septembre 2012
Pesticides et santé : qui veut savoir ?
Pulvérisation de pesticides par un agriculteur.
Pulvérisation de pesticides par un agriculteur.
Peter Foerster/AFP
Par Alain Renon

C'est la dernière étude scientifique en date sur les pesticides. Publiée début août dans la revue internationale Public Library of Science, l'étude confirme un danger de plus pour la santé : celui des mélanges ingérés par l'être humain. Des résidus de pesticides, dont le cocktail s'avère meurtrier pour les cellules du cerveau. Un risque révélé grâce à des associations sans lesquelles ces tests n'auraient pas été réalisés.

Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(3) Réactions

La réponse à l'article du Figaro (premier commentaire)

extrait de la newsletter de generation futures:

Aliments bio et santé : l'agronome Claude Aubert répond à la mauvaise interprétation d'une étude récente et publie 'Manger Bio c'est mieux'
Les produits bio pas meilleurs que les conventionnels ? Voire….

Une nouvelle étude*, publiée par la prestigieuse revue américaine « Annales of Internal Medicine » a été largement reprise par les médias. Elle conclurait que les produits bio ne sont pas meilleurs pour la santé que les conventionnels. C’est du moins ce qu’ont compris les médias, a commencé par l’agence Reuters qui a diffusé l’information qui a servi de base aux commentaires de la plupart des journalistes.
Mais qui a pris soin de lire l’étude elle-même ? Ses auteurs sont en effet plus nuancés, même si leur conclusion – d’une extrême prudence – ne reflète que très partiellement le contenu de l’étude : « La littérature publiée ne fournit pas une forte évidence de la supériorité nutritionnelle des produits bio sur les conventionnels. Il est possible que la consommation de produits bio réduise (the consumption of organic foods may reduce…) l’exposition aux pesticides et aux bactéries résistantes aux antibiotiques ». Le « may reduce » est pour le moins surprenant, comme si cette réduction, largement confirmée par l’étude, n’était pas démontrée depuis longtemps !
Si on se donne la peine de lire l’étude dans son intégralité, les surprises ne manquent pas, qui contredisent largement l’interprétation qu’en ont faite la plupart des médias.
1) En matière nutritionnelle, les auteurs :
- confirment que les produits laitiers et la viande de poulet bio sont plus riches en oméga 3 que les conventionnels, une différence désormais admise, même par les biosceptiques,
- confirment que, selon la majorité des études, les aliments bio contiennent davantage de polyphénols, de puissants antioxydants, que les conventionnels, une différence mise en évidence par toutes les autres études comparatives,
- concluent que pour les autres nutriments, sauf pour le phosphore, il n’y a pas de différence statistiquement significative entre bio et conventionnel, tout en signalant que, en matière de vitamine C, 23 études ont mis en évidence des teneurs supérieures dans les aliments bio contre seulement 12 dans les conventionnels. En ce qui concerne le magnésium, 23 études concluent à des teneurs supérieures en bio contre 6 à des teneurs supérieures en conventionnel.
2) En matière de pesticides, les auteurs arrivent à la conclusion que seulement 7% des aliments bio contiennent des résidus contre 38% des conventionnels…tout en laissant aussi entendre que les résidus dans les aliments conventionnels ne posent pas de problèmes pour la santé puisque les limites légales sont rarement dépassées (sans doute n’ont-ils jamais entendus parler des perturbateurs endocriniens ou de l’effet cocktail, qui enlèvent toute crédibilité à ces limites !). Signalons aussi qu’en Europe la différence de contamination entre produits et conventionnels est encore beaucoup plus grande que celle donnée dans cette étude : 10 à 20 fois moins d’aliments avec résidus en bio qu’en conventionnel, et 50 à 100 fois moins si l’on compare les quantités présentes.
3) En matière de contaminations microbiennes, la conclusion est la même que celles d’études précédentes et de notre propre recherche bibliographique**: pas de risque de contamination plus élevé en bio qu’en conventionnel, mais un risque plus faible d’être exposé à des bactéries résistantes aux antibiotiques,
4) Pour les autre contaminants, les auteurs constatent notamment que :
- les produits bio sont moins contaminées par les mycotoxines que les conventionnels, ce qui est la conclusion de 12 études contre 2 qui disent le contraire, des résultats qui, là encore, confirment ceux de notre recherche bibliographique**, Des résultats particulièrement intéressants car les produits bio sont souvent suspectés d’être davantage contaminés par les mycotoxines que les autres,
- les aliments bio contiennent moins de cadmium que les conventionnels dans 21 études, une seule disant le contraire, en accord également avec nos propres résultats**. Des données intéressantes, elles aussi, car certains prétendent que les produits bio contiennent davantage de cadmium que les conventionnels, en raison de l’utilisation de phosphates naturels, qui renferment de petites quantités de ce métal lourd.

Quant au fait que les quelques études réalisées sur l’homme n’aient pas montré de différence entre consommateurs bio et conventionnels en matière d’impact physiologique, il ne prouve rien, car elles portaient sur trop peu de personnes et étaient de trop courte durée.

En conclusion, on voit que l’étude des chercheurs américains est, sur de nombreux points – comme l’a fait également remarquer la Soil Association - favorable au bio. Curieux, donc, que les commentateurs aient compris le contraire…

* Smith-Spangler C et al. Are Organic Foods Safer or Healthier Than Conventional Alternatives? Annals of Internal Medicine, 2012 Sep 4, 157(5):348-66. Disponible sur le site Google Scholar
** Ces bibliographies seront mises en ligne sur le site www.mangerbiocestmieux.fr début octobre, lors de la parution du livre « Manger bio c’est mieux, nouvelles preuves scientifiques à l’appui, par Claude Aubert, Denis Lairon et André Lefebvre, Ed. Terre Vivante ».

Claude Aubert , co auteur de "Manger Bio c'est mieux" à paraitre le 5 octobre 2012 chez Terre Vivante et un livre qui fait le point sur tous les avantages de la production et de la consommation d'aliments Bio. A lire !
www.mangerbiocestmieux.fr/

Pour qui roule Marc Mennessier (Le Figaro) ?

Il est intéressant de lire les articles de Marc Mennessier plus ancien sur le Bio et se demander pour qui roule Marc Mennessier:

Les bénéfices du «bio» en question (juillet 2009)
http://www.lefigaro.fr/sciences/2009/07/31/01008-20090731ARTFIG00011-les-benefices-du-bio-en-question-.php

Manger «bio» n'est pas meilleur pour la santé (mai 2010)
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2010/05/20/10228-manger-bio-nest-pas-meilleur-pour-sante

Enfin un article publié sur le site de l'UIPP (le lobby des pesticides) concernant le documentaire de Marie Dominique Robin "Notre poison quotidien" (mars 2011):

Dans le documentaire « Notre poison quotidien », Marie- Monique Robin tire à boulets rouges sur l’industrie alimentaire. Le propos n’est pas nouveau. Tout le documentaire s’articule d’ailleurs autour d’une émission, diffusée en 1964 aux Etats-Unis, qui posait déjà, avec une terreur toute millénariste, cette grave question : « Que mangerons-nous en l’an 2000 ? « Or l’an 2000 est passé, et force est de reconnaître annoncée n’a pas eu lieu : la population mondiale et l’espérance de vie ont augmenté à un rythme effréné depuis 50 ans. Et c’est dans les pays les plus chimiquement pollués que l’on vît le plus vieux ! Interrogée sur ce point, Marie-Monique Robin prédit que cela ne va pas durer, car « l’espérance de vie commence à baisser aux Etats-Unis ». Sauf que cette inflexion, si elle était confirmée, serait plutôt à mettre sur le compte de l’épidémie d’obésité qui frappe ce pays et non de la chimie. On peut devenir gros en mangeant bio. Quant à la hausse du nombre de cancers, elle est surtout due au vieillissement de la population, à un meilleur dépistage et à la consommation de tabac (en particulier chez les femmes) et d’alcool.

et le dernier:
Le bio n'est pas meilleur pour la santé (septembre 2012)
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/09/06/19003-bio-nest-pas-meilleur-pour-sante

pesticides et santé

qui croire ? le Figaro (article ci-dessous) ou l'article publié par RFI ?

AccueilActualité
Article précédentArticle suivant 14 EnvoyerCONSERVER
ACTUALITÉ
Richard VIALERON/Le Figaro
Les produits bio coûtent en moyenne 25 % plus cher.

Le bio n'est pas meilleur pour la santé
Mots clés : Bio, agriculture biologique, santé
Par Marc Mennessier - le 06/09/2012
Une étude américaine n'a pas décelé d'avantages nutritionnels ou sanitaires significatifs.
Faut-il encore manger bio? La question mérite, une nouvelle fois, d'être posée après la publication cette semaine dans la revue Annals of Internal Medicine, d'une étude dont les conclusions montrent clairement que les aliments issus de l'agriculture biologique ne sont pas meilleurs pour la santé que ceux produits par l'agriculture conventionnelle ou «chimique». Alors que le consommateur les paie en moyenne, et au bas mot, 25 % plus cher!
Cette fois, le coup est parti des États-Unis. Souhaitant répondre avec des arguments solides aux patients qui leur demandent s'ils doivent ou non «passer au bio», des médecins de l'université de Stanford ont épluché pas moins de 237 études scientifiques dans lesquelles aliments biologiques et conventionnels étaient comparés de façon rigoureuse.
L'exception du phosphore
À leur grand étonnement, les chercheurs ont constaté qu'il n'y avait pas de différence significative entre les deux catégories de produits. Que ce soit sur le plan des apports nutritionnels ou de la réduction des risques sanitaires. «J'ai été totalement surprise», avoue le principal auteur de l'étude, le Dr Dena Bravata, qui ne s'attendait visiblement pas à un tel résultat.
Contrairement à ce qu'affirment les promoteurs ou les adeptes de l'agriculture biologique, le contenu en vitamines, en minéraux, en protéines ou en lipides est à peu près le même dans les aliments bio et non bio. Seul le phosphore fait exception avec un avantage significatif pour les premiers, mais comme les carences sont rares, l'intérêt sanitaire est faible. Dans la catégorie particulière des fruits et légumes, les chercheurs avouent ne pas avoir été capables de déceler la moindre différence, même après avoir passé en revue des «tonnes d'analyses», selon l'expression du Dr Bravata.
Pas significativement plus pollués
Plus surprenant encore, les médecins californiens ont constaté que les aliments conventionnels n'étaient pas significativement plus pollués ou néfastes pour la santé que leurs homologues bio. Certes, le fait de manger des fruits et légumes bio réduit en moyenne de 30 % l'exposition aux pesticides, en particulier chez les enfants. Mais le Dr Bravata note que les concentrations en résidus des fruits et légumes conventionnels ne dépassent pas les limites sanitaires autorisées. En outre les produits bio ne sont pas totalement exempts de pesticides… Par ailleurs, l'une des études analysées par l'équipe de Stanford suggère que le léger excès de pesticides retrouvé dans les urines d'enfants proviendrait des insecticides domestiques (antimoustiques) plutôt que de leur alimentation.
Sur le plan microbien, les risques de contaminations bactériennes (en particulier lesEscherichia coli, responsables d'une quarantaine de morts l'an passé du fait de la contamination de graines germées bio) sont identiques quel que soit le régime, bio ou non. Seule différence, le risque de présence de bactéries résistantes à certains antibiotiques est 33 % plus élevé dans la viande de poulet ou de porc non biologique. Les rares études portant directement sur la santé humaine (17 seulement sur le total) n'ont pas non plus mis en évidence de surcroît de maladies allergiques de type asthme ou eczéma chez les consommateurs de produits non bio.
Protection de l'environnement et bien-être des animaux d'élevage
Ce n'est pas la première fois, au cours des dix dernières années, que les bénéfices réels ou supposés de l'alimentation bio sont remis en question. En 2003, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa, aujourd'hui Anses) avait déjà conclu que «les faibles écarts» constatés entre les deux catégories de produits «n'apparaissent pas significatifs en terme d'apports nutritionnels». Six ans plus tard, la Food Standards Agency, l'équivalente anglaise de l'Afssa, aboutissait à la même conclusion après avoir procédé à l'examen de 162 études scientifiques publiées sur le sujet au cours des 50 dernières années. Et en mai 2010, deux chercheurs de l'Inra, Gérard Pascal et Léon Guéguen, ne décelaient pas eux non plus «d'avantage nutritionnel ou sanitaire significatif».
Les médecins californiens affirment que leur but n'est pas de dissuader les consommateurs de se tourner vers le bio mais d'éclairer leur choix. «Si on laisse de côté les aspects sanitaires, il y a bien d'autres raisons d'acheter des aliments bio», note le Dr Bravata en citant les préférences de goût (même si, là encore, aucune étude n'a mis en évidence de différences significatives), la protection de l'environnement ou le bien-être des animaux d'élevage. Certes, sauf que ces préoccupations ne sont pas l'apanage des seuls agriculteurs bio. De plus en plus d'agriculteurs conventionnels, aussi bien en France qu'aux États-Unis s'engagent dans une démarche de qualité qui n'a rien à leur envier (réduction des apports d'engrais et de pesticides notamment). Le tout sans vendre leur production notablement plus cher…

Fermer