En Wallonie, le difficile combat contre l’exode rural et l’érosion de l’emploi - PAC - RFI

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En Wallonie, le difficile combat contre l’exode rural et l’érosion de l’emploi

media A Bassilly, dans le Hainaut, Franz Chevalier est fier de son élevage mais inquiet pour l'avenir. Christophe Carmarans / RFI

Comme bien d’autres régions en Europe, la Wallonie, la partie francophone de la Belgique, subit depuis 30 ans un exode rural constant. Alors que la taille moyenne des exploitations a doublé, le nombre d’emplois agricoles a pratiquement été divisé par trois depuis 1990. Une montée en gamme de la qualité des produits permettra peut-être d’inverser la tendance car les habitudes sont en train de changer chez les consommateurs.

De notre envoyé spécial en Belgique,

« Des agriculteurs belges optimistes, je n’en connais pas beaucoup actuellement. » L’œil bleu vif et la mine décidée malgré les difficultés, Franz Chevalier est un éleveur à l’ancienne et sans trop d’illusions sur l’avenir de sa profession. Dans sa belle ferme de Bassilly, commune du Hainaut située à 50 km au sud de Bruxelles, il gère seul un cheptel de 200 vaches estampillées « blanc-bleu-belge », une race viandeuse qui se distingue par une corpulence hors du commun. Malgré les apparences, ces bêtes musculeuses – on dit plutôt « culardes » dans les campagnes – sont engraissées comme autrefois.

« J’ai toujours fait de la viande, explique Franz. Mes parents trayaient encore à l’ancienne. Et puis, par manque de personnel, ils se sont mis à arrêter de traire. Ils se sont mis ensuite à engraisser, à faire du pâturier comme on appelle ça : acheter des bêtes maigres l’hiver, les engraisser et les revendre à l’automne. Et puis les hormones sont arrivées, la concurrence est arrivée mais on n’a pas voulu continuer comme ça. C’est un choix. »

Un choix courageux qui lui a demandé des sacrifices, à lui et à Maria, son épouse, laquelle travaille en extérieur comme comptable chez Belgique Loisirs (la filiale belge du distributeur de livres France Loisirs), afin d’assurer un salutaire complément de revenus. « On est dans une région de polyculture-élevage, poursuit Franz, on fait un peu de tout. J’ai 55 hectares en comptant une bonne moitié de prairies et je suis pratiquement autosuffisant pour la nourriture des bêtes, hormis pour les veaux tout jeunes. Mais depuis deux ans, on se pose la question de "pourquoi on travaille ?" On ne ressort pas assez de chiffre pour se payer un salaire. »

Un exode rural constant

La Française Gwenaëlle Martin connaît la Wallonie sur le bout des doigts. Christophe Carmarans / RFI

Les chiffres ? Ils sont assez désespérants d’une façon générale : en Belgique, 40 % des agriculteurs affirmaient l’an dernier gagner moins de 1 000 euros par mois dans une étude commandée par Fedagrim. Et 31 % se situaient dans une fourchette entre 1 000 et 1 500 euros de revenus mensuels. Le tout pour 68 heures, parfois même jusqu’à 80 heures, de travail hebdomadaire. Dans ces conditions, comme c’est le cas en France et dans nombre de pays de l’UE, l’exode rural continue de progresser. Selon les relevés de la Fugea (Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs), 43 fermes disparaitraient chaque semaine en Belgique. En Wallonie, la partie francophone du pays, le nombre d’exploitations a pratiquement été divisé par trois en moins de 30 ans, de 30 000 en 1990 à 13 000 environ aujourd’hui. Idem pour l’emploi.

L’emploi, c’est justement un sujet devenu central pour le Parlement européen, notamment sur les bases d’un rapport de l’eurodéputé français Éric Andrieu, qui a eu un certain impact quand il a été publié en avril de l’année dernière. En gros, l’élu socialiste (il a rejoint LREM depuis) reprochait à la Politique agricole commune (PAC) de ne pas avoir créé d’emplois en 54 ans d’existence et d’avoir « fragilisé l’agriculture familiale à l’avantage des modèles d’exploitation intensifs orientés vers les marchés à l’export ». Résultat, soulignait son rapport : le nombre d’exploitations européennes a chuté de 20 % rien qu’entre 2007 et 2013, passant de 13,6 millions à 10,8 millions. Plus inquiétant encore : la catégorie d’agriculteurs âgés de moins de 35 ans ne représente plus aujourd’hui que 6 % de la totalité des exploitations.

À son échelle, la Wallonie souffre des mêmes maux que l’Europe : alors que la taille moyenne des exploitations doublait entre 1990 et 2015 pour passer de 26 hectares à 55 hectares, le nombre d’emplois était pratiquement divisé par trois, comme on l’a lu plus haut. Même si la mécanisation a rendu certaines tâches moins pénibles, le métier ne fait plus rêver grand monde et certainement pas les jeunes. « 55 hectares, ça peut ne pas paraître beaucoup mais en termes de travail, c’est quand même énorme », souligne la Française Gwenaëlle Martin, coordinatrice politique de la Fugea, qui nous a reçus au siège de ce syndicat à Namur, la jolie capitale de la Wallonie, dont la fière citadelle toise le confluent de la Sambre et de la Meuse.

« Le but d’un agriculteur, reprend-elle, ce n’est pas de se lever à 5 h du matin et de travailler jusqu’à 11 h du soir. L’agriculteur ne doit pas être esclave du travail. » Selon elle, et de l’avis de tous, on est en train d’enclaver l’agriculteur dans un système créé pour nourrir l’industrie et la grande distribution. « Tout comme en France, poursuit Gwenaëlle Martin, il y a beaucoup d’agriculteurs qui sont au bout du rouleau, qui font des burn-out, voire qui se suicident parce qu’ils n’en peuvent plus. Mais ce n’est pas forcément parce qu’on va produire plus qu’on va gagner plus. Alors, on essaie de sortir de ce carcan-là et de réfléchir autrement. »

L’Europe agricole à un tournant

Luc Vernet a travaillé cinq ans à la Commission européenne. Christophe Carmarans / RFI

Réfléchir autrement, le journaliste Luc Vernet est payé pour ça. Lui aussi est français (on ne l’a pas fait exprès). Spécialisé dans les questions agricoles au sein du groupe de réflexion FarmEurope, il connaît parfaitement tous les mécanismes de la PAC car il a travaillé pendant cinq ans au cœur du système en tant que conseiller en communication du Roumain Dacian Ciolos, ex-commissaire européen à l’Agriculture et au Développement rural (devenu Premier ministre de son pays par la suite). Même s’il précise en préambule que le rapport Andrieu, dont les conclusions ont été approuvées fin octobre 2016 au Parlement européen (237 voix pour, 201 contre et 67 abstentions), n’en est pas encore au stade de la mise en place, Luc Vernet est le premier à reconnaître que la PAC est dans « une phase de transition » et qu’elle a « besoin d’un nouveau moteur ».

« L’Europe, dit-il, est à la croisée des chemins car le rapport de la société à l’agriculture a changé. Il y a un regard très fort de la société sur l’agriculture et, du coup, il y a un questionnement beaucoup plus fort que par le passé, à la fois sur les modèles agricoles et les politiques agricoles ». Ce qui vaut pour le continent entier, vaut en particulier pour la Belgique, pays dont le journaliste pourrait passer des heures à détailler les spécificités par le menu détail. « C’est un petit pays, extrêmement urbain et très densément peuplé. On est dans des zones très fertiles aussi, donc on est plutôt sur des bonnes terres. Il y a aussi des communautés linguistiques et régionales et, malgré la petite taille, une grande diversité, des identités régionales de l’agriculture qui sont très fortes. »

La Belgique n’a évidemment pas de grandes régions agricoles comme on en trouve en France mais elle a su très tôt développer les notions de circuits courts et de ceintures vertes autour des agglomérations. « Cela fonctionne extrêmement bien en Belgique parce qu’il y a un tissu démographique, un pouvoir d’achat et une sensibilité très forte », souligne Luc Vernet. « Tout ce qui est filière locale marche extrêmement bien, poursuit-il, et les marchés locaux fleurissent partout sous toutes leurs formes : soit le marché traditionnel, soit le camion qui passe dans la rue, soit le producteur de viande "blanc-bleu-belge" qui vient une ou deux fois par mois grâce à son réseau en vente locale. Dans toutes ces formes-là, indique-t-il, il y a un foisonnement qui est lié à la géographie du pays, à son peuplement et à son pouvoir d’achat relativement élevé. »

Beaucoup de problèmes, peu de solutions

Le député wallon François Desquesnes croit au changement. Christophe Carmarans / RFI

Toujours mesuré dans ses jugements, le journaliste trouve au passage que l’on a eu trop tendance à caricaturer la PAC comme favorisant l’agriculture intensive et il souligne le rôle bénéfique qu’elle a joué dans le maintien d’exploitations agricoles petites et moyennes. Sans les aides, la plupart auraient disparu. Conscient que l’on entre dans une période de « basculement », il estime que s’il l’on veut garder le modèle européen d’exploitations agricoles à taille humaine et à capitaux familiaux, « il va falloir des évolutions sur un certain nombre de sujets ». Le premier, selon lui, c’est de permettre à ces exploitations de résister aux à-coups du marché.

« Les agriculteurs ont toujours été habitués à la volatilité. Ils savent très bien que les prix, ça vient avec les récoltes qui, elles, sont variables. Donc, la première question, c’est : comment gère-t-on cet excès de volatilité ? » Deuxième solution urgente à trouver pour Luc Vernet : comment faire pour que les agriculteurs soient mieux rémunérés ? « Aujourd’hui, rappelle-t-il, l’alimentation, on ne la paye pas cher. Mais comment faire pour que, structurellement, le revenu du capital soit meilleur ? Pour que les structures d’exploitation soient plus viables ? » Autant de problèmes pour lesquels, reconnaît-il, « il n’existe pas de solution miracle ni de baguette magique ».

A ces problèmes sans solution immédiate auxquels est confrontée l’agriculture belge vient s’en ajouter un autre : le prix du foncier. C’est l’un des plus élevés en Europe, une donnée qui rend l’acquisition de terres par de simples particuliers extrêmement compliquée, pour ne pas dire impossible. Là où le prix moyen d’un hectare agricole oscille entre 5 000 et 10 000 euros en France, il ne se négocie pas à moins de 20 000 euros l’hectare en Wallonie pour atteindre parfois jusqu’à 40 000 ou 50 000 euros l’hectare, suivant les parcelles. « Des gens qui ont envie de faire le métier, il y en a. Je n’ai pas de craintes. Des gens qui en ont les moyens, c’est une autre question », reconnaît volontiers François Desquesnes, député wallon du Centre démocrate humaniste (CDH), qui nous a reçus au siège du parlement wallon, sur les bords de la Meuse, à Namur.

« Le foncier est élevé, la densité de population est élevée, la ressource est limitée et elle a même tendance à s’éroder au fil des ans par l’urbanisation », poursuit le député. « Et on a eu de surcroît une crise financière qui a encouragé les placements vers les valeurs refuges, notamment la terre. De fait, il y a une augmentation du prix des terres plus rapide que celui de la croissance des revenus moyens. » Volatilité des prix, baisse des revenus, cherté du foncier, dans ces conditions comment ne pas se résigner à une inexorable contraction du marché de l’emploi ? Même si Luc Vernet, le journaliste français de FarmEurope, admet qu’il n’y a pas d’ « outil emploi» au sein de la nouvelle PAC 2014-2020, des solutions existent. Elles impliquent avant tout une montée en gamme.

La parole aux consommateurs

Chez Gaby, les meilleures frites de Namur faites avec de la bintje locale. Christophe Carmarans / RFI

« Pour créer de l’emploi, il faut donner au produit et à la production une valeur ajoutée que le consommateur est prêt à payer. Et pas uniquement dans le bio », soutient François Desquesnes à Namur. « Le consommateur, ajoute-t-il, est de plus en plus attentif à la qualité de ce qu’il mange et aux notions d’éthique. Et je sens qu’il y a une vraie montée en puissance de ce côté-là. Je pense sincèrement que les citoyens sont prêts à payer plus cher demain pour ce type de produits. » « Évidemment, nuance-t-il, il ne faut pas que ce soit du simple au double. Mais si, demain, les gens peuvent avoir des produits garantis fraîcheur, faits à côté de chez eux, avec moins de pesticides, avec moins d’antibiotiques et qui respectent davantage le bien-être animal, ils seront prêts à payer entre 10 et 15 % plus cher leur addition au magasin du coin. »

À Bruxelles, Luc Vernet, le journaliste français, ne dit pas autre chose. De son point de vue, en termes d’emploi, il faut cependant distinguer trois zones. D’abord la zone « ceintures vertes » avec de bonne terres où l’on peut avoir une très forte intensité de main-d’œuvre sur de petites surfaces et avec de la valorisation forte. « , dit-il, on est sur des structures plus petites, avec de la main-d’œuvre qui est de forte valeur ajoutée et une capacité à vendre sur un marché local. » Déjà bien en place, ce secteur générateur d’emploi est appelé à se développer.

Deuxième zone : les grandes structures, soit céréalières, soit de pommes de terre, fortement mécanisées, plus tournées vers les marchandises et les filières longues. « , indique le journaliste, c’est clair que le taux d’emploi a baissé. La capacité d’un homme à produire plus a fortement augmenté car il y a non seulement le phénomène de mécanisation mais aussi celui de l’externalisation d’un certain nombre de travaux agricoles, comme la moisson par exemple, ou encore certains traitements qui demandent des protections et des formations spécifiques, du fait des normes aussi et de la spécialisation des machines. »

« Et enfin, conclut-il, il y a les zones intermédiaires, celles où l’on ne peut pas développer facilement un circuit court, celles où l’on n’a pas les terres qu’il faut et où l’on n’a pas non plus le profil d’exploitation qui permet de faire face de façon économiquement viable. » Pour Luc Vernet, l’un des principaux défis actuels pour tous ceux qui travaillent sur les politiques agricoles, que ce soit en Belgique ou ailleurs en Europe, c’est de trouver une solution de viabilité afin de garder des emplois et des exploitations dans ces zones-là.

Favoriser les zones intermédiaires

Yvon Deknudt arrive à s'en sortir grâce à la vente directe. Christophe Carmarans / RFI

« Dans ces zones-là, estime-t-il, il faut réfléchir à de la diversification car on est allé beaucoup trop vers de la spécialisation. Et, dans ce cas, à la première crise : boum ! On est balayés ! S’il y a des urgences à l’heure actuelle, insiste-t-il, c’est dans ces zones-là. Les grandes exploitations ont leur sens économique, une solidité. Le sens économique d’une petite exploitation de proximité, avec quelqu’un qui a aussi la culture urbaine et qui a également le savoir – car c’est un métier de savoir vendre ses produits et d’être au contact de la population urbaine –, ça marche aussi. » « Le grand défi, analyse-t-il, ce sont les zones intermédiaires. Qu’est-ce qu’on fait avec ? Et là, reconnaît-il, il y a un gros point d’interrogation. »

Des questions, Yvon Deknudt s’en pose aussi pas mal depuis quelques années. Éleveur à Braine-le-Comte, village situé à une bonne heure du Parlement européen en tracteur – un trajet qu’il a effectué à maintes reprises pour exprimer, avec d’autres, son mécontentement (voir la vidéo en fin de cet article) –, il entre parfaitement dans ce cadre des zones intermédiaires : 75 hectares répartis en plusieurs parcelles et 60 vaches, le maximum dont un homme de son âge, 56 ans, peut s’occuper selon lui en faisant bien son métier. Après avoir fait viande et lait jusqu’en 2000, Yvon ne se consacre presque plus exclusivement qu’aux produits laitiers.

Victime, comme tant d’autres, des baisses du prix du lait, Yvon s’en sort grâce à la vente directe, aidé en cela par son épouse, Christiane, depuis qu’il a restructuré sa ferme. « On vend notre lait mais on a dû se diversifier sinon on était morts », explique-t-il. « On fait du beurre mais aussi des crèmes glacées, des yaourts. Ça s’apprend mais il faut d’abord le vouloir. Et surtout, il faut tenir ! » Créer de l’emploi ? Yvon n’y pense même pas. Il lui faudrait doubler son exploitation. « De toutes façons, par définition, cela voudrait dire une ferme en moins de l’autre côté. Et donc, un paysan en moins, donc ce serait à somme nulle. » CQFD.

« J’emploie bien un saisonnier de temps en temps par le biais d’une ASBL (association à but non lucratif, ndlr) qu’on a créée avec 80 autres paysans. On a embauché quatre ou cinq personnes qu’on utilise à tour de rôle, rien de plus. » Pour ce qui est de l’avenir, rien n’est encore décidé. « Je me suis mis comme objectif de tenir jusqu’à 60 ans », soupire-t-il. « J’ai un fils de 29 ans, Sébastien. Il a le statut "aidant" avec nous mais il n’aime pas trop les vaches », regrette Yvon, dans un haussement d’épaules. « Il s’est lancé dans la production de pommes de terre en vente directe. C’est bien, il fait ça avec brio. Alors on mettra des patates quand il n’y aura plus de vaches. Tant pis, reconnaît-il, on n’aura plus de prime PAC qui représentent quand même, en net, la moitié de mes revenus. On compensera avec la vente des patates. »

« On n’est pas un zoo ! »

La Wallonie est souvent au premières loges dans les conflits. AFP PHOTO François LO PRESTI

Quand on lui parle de produire bio ou de gîtes à la ferme, solutions avancées par certains pour générer des revenus supplémentaires, Yvon Deknudt n’a rien contre. Mais il estime que ce n’est pas pour lui, le tout exprimé avec la faconde qui le caractérise. « Les gens veulent manger du bio ? Mais, dans le village, j’en connais un seul qui a un potager ! Les autres, ils ont de la pelouse ! Et ce sont les premiers à aller acheter du Roundup au supermarché parce qu’ils ont la flemme de désherber à la main ! » Et le gîte à la ferme, qu’en pense-t-il, Yvon ? « Je connais des gens qui font ça près d’ici mais il faut avoir la fibre touristique. Moi, je ne me vois pas accueillir des gens de Bruxelles ou de Paris pour faire le guignol ou dans le pédagogique. On n’est pas un zoo, hein ! »

Plus sérieusement et parce qu’il faut bien conclure, Yvon nous donne un avis tranché sur la façon dont il envisage l’avenir. Et il ne prend pas de gants. « Si on n’arrive pas à une régulation obligatoire, je pense que la paysannerie, elle est morte. Regardez : notre fils, il ne veut plus. L’agriculture et la paysannerie, ce n’est pas pareil. Quand il n’y aura plus de paysans, on aura beau mettre des normes environnementales, on aura des érosions partout. Plus de haies, plus de petites parcelles. Au premier gros orage, tout sera inondé. » « Aussi longtemps que les Vingt-Sept ne seront pas d’accord, conclut-il, ce seront les commissaires qui décideront. Et c’est ça le problème ! Et la Commission, c’est qui ? Des financiers ! Regardez Barroso (1) : il est parti chez Goldman Sachs ! » Force est de reconnaître que certains signaux envoyés de Bruxelles ont parfois le don d’exaspérer les campagnes et de décourager les meilleures volontés.

Yvon Deknudt, éleveur à Braine-le-Comte (Belgique)

 (1) Président de la Commission européenne de 2004 à 2014, l'ancien Premier ministre portugais José Manuel Barroso a rejoint en juillet 2016 Goldman Sachs en tant président non exécutif du conseil d'aministration de cette banque d'investissement américaine, une embauche jugée « scandaleuse » qui a soulevé une vague d'indignation en Europe.

 

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