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    Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, 92 ans, a été hospitalisé jeudi 27 juin en raison d'un grave problème de santé, selon la présidence.

    Dernières infos
    • Le constructeur automobile Ford annonce la suppression de 12 000 emplois en Europe (communiqué)
    • Tunisie: explosion dans le centre-ville de Tunis
    • Médias: la journaliste Françoise Joly nommée directrice de l'information à TV5 Monde
    • Politique française: Bruno Retailleau (LR) demande à Emmanuel Macron de lever toute «ambiguïté» sur la laïcité (CNews)
    • Ethiopie: arrestation de plus de 56 membres et sympathisants d'un parti nationaliste amhara
    • Arrestation en Allemagne d'un suspect bosnien des attentats à Paris du 13 novembre 2015 (police)
    • Canicule en France: interdiction du transport d'animaux pour «quelques jours» (ministère de l'Agriculture)
    • Kirghizstan: les députés lèvent l'immunité de l'ex-président Atambaïev, inculpé de corruption

    Tunisie

    media

    Situation géographique

    Latifa Mouaoued/RFI

    Pays d'Afrique du nord de 163 610 km² bordé par la mer Méditerranée, la Tunisie est frontalière de l’Algérie à l'ouest et de la Libye au sud-est.

    Capitale : Tunis (743 000 habitants)

    Régime politique : République

    Démographie
    Population : 10,7 millions d'habitants
    Densité : 65,87 hab./km²
    Indice de fécondité : 2,2
    Croissance démographique : 1,3 %
    Espérance de vie : Femmes : 77,2 ans - Hommes : 73,1 ans

    Société
    Langues : arabe (off.), français
    Religion(s) : musulmans
    Alphabétisation : 79 %
    Développement humain : 90e / 187 pays (PNUD 2014)

    Economie
    Monnaie : dinar tunisien
    Croissance : 2,3 % (2014)
    Inflation : 5,56 %
    PIB par habitant : 4 237 $
    Dette publique : 44,32 % du PIB

    Chronologie
    20 mars 1956 : indépendance de la Tunisie, ancien protectorat français. Habib Bourguiba est nommé Premier ministre.
    1957 : proclamation de la République. Bourguiba est élu président.
    1961 : crise diplomatique entre la Tunisie et la France. Des combats entre civils et militaires français font un millier de morts.
    1963 : la France évacue la base militaire de Bizerte.
    1975 : Habib Bourguiba est élu président à vie par l’Assemblée nationale.
    1987 : Bourguiba est déposé par le Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali qui devient chef de l'Etat.
    1988 : le mandat présidentiel est fixé à 5 ans, l’exercice du pouvoir est limité à trois mandats successifs.
    1989 : candidat unique, Ben Ali est élu président de la République au suffrage universel. Il sera réélu en 1994 et 1999.
    1995 : signature d’un accord d’association et de libre-échange avec l’Union européenne.
    2002 : une réforme constitutionnelle approuvée par référendum supprime la limite du nombre de mandats présidentiels.
    2004 : réélection de Ben Ali avec 94,48 % des voix.
    2005 : sommet mondial de la société de l’information à Tunis, sous l’égide de l’ONU, à l’occasion duquel huit opposants font la grève de la faim pour la défense des libertés publiques et la libération des prisonniers d’opinion.
    2006 : 1 600 prisonniers, dont des dizaines d’islamistes, graciés par le président Ben Ali.
    2009 : Ben Ali est réélu pour un cinquième mandat avec 89,62 % des voix.

    2011
    14 janvier
    : après un mois de manifestations du peuple tunisien réclamant le départ de Ben Ali, le président s'enfuit vers l'Arabie saoudite.
    23 octobre : premières élections libres de l'histoire du pays. Ennahda, mouvement islamiste légalisé le 1er mars, remporte 89 des 217 sièges de l'Assemblée nationale constituante (ANC).
    12 décembre : Moncef Marzouki, un laïc et opposant à Ben Ali, est élu président de la République. Hamadi Jebali, n° 2 d'Ennahda, est chargé de former le gouvernement.

    2013
    6 février : l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd est tué. Son assassinat - revendiqué plus tard par le groupe Etat islamique - provoque une crise politique qui conduit à la démission du gouvernement et à la nomination d'un nouveau cabinet dirigé par Ali Larayedh, d'Ennahda.
    25 juillet : l'assassinat de Mohamed Brahmi, opposant nationaliste de gauche, revendique par le groupe Etat islamique, plonge le pays dans une nouvelle crise politique.
    30 octobre : deux attentats touchant pour la première fois la côte est touristique sont déjoués, notamment à Sousse où un kamikaze se fait exploser sur une plage.

    2014
    10 janvier : Mehdi Jomaâ est chargé de former un cabinet d'indépendants, au lendemain de la démission d'Ali Larayedh, actant le départ volontaire du pouvoir d'Ennahda.
    27 janvier : les dirigeants tunisiens signent la nouvelle Constitution.
    5 mars : l'état d'urgence en vigueur depuis la révolution de janvier 2011 est levé avec près de quatre mois d'avance.
    17 avril : un diplomate tunisien est enlevé par des inconnus à Tripoli (Libye), 48 heures après le rapt de l'ambassadeur jordanien dans cette ville. C'est le deuxième enlèvement visant des Tunisiens, après celui d'un employé de l'ambassade le 21 mars. Ils seront libérés le 29 juin.
    1er mai : l'Assemblée nationale constituante adopte la nouvelle loi électorale qui doit permettre la tenue d'élections législatives et présidentielle dans l'année.
    25 juin : l'Assemblée constituante tunisienne fixe les élections législatives au 26 octobre et la présidentielle au 23 novembre.
    13 juin : Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendique pour la première fois de récentes attaques, notamment un assaut fin mai contre le domicile du ministre de l'Intérieur (quatre morts parmi les forces de l'ordre).
    13 juillet : l'ex-Premier ministre Ali Larayedh est désigné secrétaire général du mouvement islamiste Ennahda en remplacement de Hamadi Jebali.
    16 juillet : une attaque jihadiste - la pire de l'histoire de l'armée tunisienne - contre des militaires sur le mont Chaambi (centre-ouest) provoque la mort de 15 soldats, 18 blessés et le décès d'un assaillant. Trois jours plus tard, le gouvernement annonce une série de mesures, dont la fermeture de mosquées et celle de médias "appelant au jihad".
    26 octobre : le principal parti séculier tunisien, Nidaa Tounès, arrive en tête des législatives, les islamistes d'Ennahda en seconde position.
    5 novembre : attaque d'un bus transportant des militaires dans le nord-ouest du pays : cinq morts.
    23 novembre : présidentielle "historique" en Tunisie. Au soir du 1er tour, le chef du parti Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi, devance le président sortant Moncef Marzouki.
    4 décembre : Mohamed Ennaceur, ancien ministre sous Habib Bourguiba, est élu président du Parlement tunisien.
    18 décembre : des jihadistes ralliés au groupe Etat islamique (EI) revendiquent l'assassinat en 2013 de deux opposants tunisiens, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.
    22 décembre : Béji Caïd Essebsi remporte l'élection présidentielle avec 55,68 % des voix devant le président sortant Moncef Marzouki. M. Caïd Essebsi devient le premier chef d'Etat tunisien élu librement depuis l'indépendance en 1956.

    2015
    5 janvier
    : l'ex-ministre tunisien de l'Intérieur Habib Essid, qui a occupé plusieurs postes sous le régime de Ben Ali, est chargé par le président Béji Caïd Essebsi de former un gouvernement.
    2 février : formation d'un gouvernement de coalition comprenant aussi bien des membres du parti laïque Nidaa Tounès que des personnalités du parti islamiste Ennahda et de plusieurs petites formations.
    18 mars : attentat contre le musée du Bardo à Tunis : 22 morts, dont 21 touristes et un policier tunisien.
    8 juin : la justice annule un décret de 2011 permettant la confiscation des biens de l'ancien président Ben Ali et de ses proches.
    16 juin : accident ferroviaire, l'un des plus graves de son histoire récente, avec la mort d'au moins 18 personnes dans la collision entre un train et un camion à El Fahes, au sud de Tunis.
    26 juin : 38 morts, principalement des touristes britanniques, lors d'une attaque sur la plage d'un hôtel de la station balnéaire de Sousse. L'assaillant est abattu par les forces de sécurité.
    4 juillet : le président décrète l'état d'urgence sur tout le territoire pour 30 jours.
    24 juillet : le Parlement adopte une nouvelle loi "antiterroriste" pour répondre à l'essor des attaques jihadistes, un texte très critiqué par la société civile qui y décèle des menaces pour les libertés.
    3 août : le gouvernement prolonge l’état d’urgence de deux mois.
    6 octobre : une enquête est ouverte par le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme suite aux propos du patron de la chaîne privée Attasiaa TV, Moez Ben Gharbia, qui affirme détenir «toutes les informations sur ceux qui ont tué Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi». Les deux opposants avaient été assassinés les 6 février et 25 juillet 2013.
    9 octobre : le prix Nobel de la paix est décerné au Quartette parrainant le Dialogue national pour «sa contribution décisive à la construction d'une démocratie pluraliste à la suite de la révolution du Jasmin de 2011» dans le pays. Le prix sera remis le 10 décembre en Norvège. Ils feront escale à Paris, à la demande de François Hollande, qui leur remettra la Légion d'honneur le 7 décembre.
    13 novembre : Jund al-khilafa (les soldats du Califat, en arabe), un groupe qui a fait allégeance à l'Etat islamique, décapite un jeune berger, Mabrouk al-Soltani, accusé d'être informateur de l'armée. La famille de l'adolescent, originaire de la région de Kasserine, dans le centre du pays, a reçu sa tête dans un sac plastique.
    24 novembre : attentat contre un bus de la Garde présidentielle dans le centre-ville de Tunis, 13 morts et 20 blessés. L'état d'urgence est décrété dans tout le pays et un couvre-feu dans le Grand Tunis. L'attentat est revendiqué par l'organisation Etat islamique. Le lendemain, le gouvernement annonce la fermeture provisoire de sa frontière avec la Libye.
    15 décembre : dénoncés par des voisins, six étudiants de la ville de Kairouan, dans le centre du pays, sont condamnés à trois ans de prison pour «pratiques homosexuelles».

    2016
    7 janvier : le Premier ministre Habib Essid annonce un vaste remaniement ministériel. Une dizaine de portefeuilles sont concernés dont celui, stratégique, des Affaires étrangères et celui de l'Intérieur.
    16 janvier : manifestations à Kasserine, centre du pays, après le décès par électrocution d'un chômeur de 28 ans, Ridha Yahyaoui, qui protestait avec d'autres contre son retrait d'une liste d'embauches dans la fonction publique. Le 19, des affrontements avec la police font une quinzaine de blessés. La confrontation reprend le lendemain dans le centre-ville, alors que d’autres villes rejoignent le mouvement de protestation, de Sidi Bouzid jusqu'à Tunis, avec parfois des violences. Dans la capitale, des casseurs ont saccagé des commerces et 16 interpellations ont eu lieu. Le 22, un couvre-feu nocturne est instauré sur l'intégralité du territoire.
    25 janvier : après les chômeurs, c'est au tour des forces de l'ordre de manifester. Entre la lutte contre le terrorisme et les débordements des manifestations de la semaine dernière, les policiers et gendarmes se plaignent de leurs conditions de travail et de leurs salaires.
    22 février : l'état d'urgence est prolongé d'un mois.
    15 avril : affrontements entre des habitants et les forces de l'ordre à Kerkena, île située à l'est du pays, au larde de Sfax. Jets de pierre contre gaz lacrymogène, dont l'origine est dans la dégradation de la situation sociale des jeunes.
    1er juin : retour de la statue de Habib Bourguiba, «père de l'indépendance tunisienne» en centre-ville de la capitale, à l'entrée de l'avenue Bourguiba. Une date symbolique puisque le 1er juin 1955, Bourguiba revenait de son exil.
    30 juillet : les députés retirent leur confiance au Premier ministre Habib Essid.
    3 août : le président Béji Caïd Essebsi charge Youssef Chahed de former un gouvernement d’union nationale.
    26 août : le gouvernement d'union de Youssef Chahed, qui va devoir relever de nombreux défis plus de cinq ans après la révolution tunisienne, obtient, à une large majorité, la confiance du Parlement.
    23 octobre : création du Conseil supérieur de la magistrature, inscrit dans la Constitution de 2014, qui doit réguler et encadrer le travail des tribunaux, saluée comme une étape décisive pour l’indépendance de la justice.
    17 novembre : premières auditions publiques de l'IVD, l'instance Vérité et Dignité, en charge du processus de justice transitionnelle. En direct à la télévision, pendant quatre heures, des victimes de la dictature ont témoigné lors d'une soirée historique. L'objectif est de redonner une voix aux victimes.

    2017
    31 janvier : publication d'une étude sur les jihadistes tunisiens, leur profil et leurs modes de recrutement. Un travail établi par le Centre tunisien de recherches et d’études sur le terrorisme avec, pour unique source, les dossiers de justices d'un échantillon de 1000 individus jugés pour terrorisme entre 2011 et fin 2015. Ces données documentées permettent de comprendre comment au lendemain de la chute du régime de Ben Ali, la Tunisie est devenue le principal pourvoyeur de jihadistes étrangers vers la Libye, la Syrie et l'Irak.
    13 février : tortures, arrestations arbitraires, ou encore perquisitions abusives : Amnesty International dénonce les dérives de l'état d'urgence en Tunisie. Le pays, qui a chassé son dictateur en 2011, a depuis passé près de cinq ans sous des mesures d'exception.
    22 février : le Parlement approuve la loi sur la dénonciation de la corruption.
    13 mai : manifestation pour protester contre le projet de loi de réconciliation, à l'initiative du président de la République, visant à amnistier les personnes accusées de corruption, fonctionnaires ou hommes d'affaires de l'ancien régime, en échange de pénalités. Pour le collectif Manich Msameh (« Je ne pardonne pas » en dialecte tunisien), organisateur de la manifestation, et les dizaines d'associations présentes, il s'agit de blanchiment de la corruption.
    25 mai : dans la région de Tataouine, un manifestant est mort après avoir été percuté par une voiture de la garde nationale lors d’un mouvement de colère. Depuis près de deux mois, des habitants de la région sont mobilisés pour exiger des mesures pour le développement local.
    29 mai : une dizaine de personnes en résidence surveillée suite à l'opération «mains propres» lancée par les autorités tunisiennes en début de semaine dernière. En plus de l'homme d'affaires Chafik Jarraya, sept d'entre eux ont vu leurs avoirs gelés ou saisis en fin de semaine dernière. Tous sont soupçonnés de corruption, de contrebande ou «d'atteinte à la sûreté de l'Etat».
    13 juin : lancement de la police de l’environnement, présentée comme une réponse au problème des déchets qui envahissent les rues. Pour l'instant, seul le Grand Tunis est concerné, avec plus de 160 agents déployés.
    26 juillet : l'Assemblée des représentants du peuple vote une loi contre les violences faites aux femmes. La loi, dite « intégrale », couvre un large éventail de violations, et représente une victoire pour les associations féministes, qui réclamaient son adoption depuis des années.
    13 septembre : une nouvelle loi dite «de réconciliation» suscite la controverse : adoptée au terme de débats houleux au Parlement, elle prévoit l'amnistie des responsables gouvernementaux accusés de corruption sous Ben Ali.
    14 septembre : la Tunisie abolit l'interdiction du mariage des femmes avec des non-musulmans.
    5 décembre : inscription de la Tunisie sur la liste des paradis fiscaux, selon une liste noire publiée par Bruxelles. Le pays se retrouve aux côtés de 16 pays comme le Panama ou encore Bahreïn «parce qu'elle a pris des engagements trop tardifs et incomplets», selon le commissaire européen Pierre Moscovici. Elle quittera la liste le 22 janvier 2018.

    2018
    8 janvier : manifestations pour protester contre la hausse des prix et le chômage dans plusieurs villes du pays : Tunis, Gafsa, Kasserine, Sidi Bouzid. Les protestations ont dégénéré en affrontements avec la police : un  manifestant est mort dans la soirée à Tebourba, à une quarantaine de kilomètres de la capitale.
    7 février : le Parlement européen ajoute la Tunisie à sa liste noire en matière de blanchiment d’argent et de financement de terrorisme.
    6 mai : plus de 5 millions d’électeurs sont appelés aux urnes dans les 350 municipalités du pays. Plus de 2 000 listes, 57 000 candidats en tout, se présentent à ces premières municipales depuis la révolution de 2011. Résultat : percée des indépendants, abstention record.
    7 juin : le ministre de l'Intérieur, Lotfi Brahem, est limogé, décision annoncée quelques jours après le naufrage d'un bateau de migrants au large des îles Kerkennah, qui a fait au moins 71 morts.
    3 juillet : pour la première fois, une femme devient maire de la capitale, Tunis. L’élection de Souad Abderrahim, pharmacienne de 53 ans, est un événement historique.
    10 octobre : le Parlement adopte la loi contre le racisme, avec 125 voix pour, une contre et 5 abstentions. Les auteurs d'actes ou de propose racistes feront désormais l'objet de poursuites judiciaires, et s'exposeront à des peines allant jusqu'à trois ans de prison et plusieurs milliers de dinars d'amende.
    29 octobre : attentat-suicide sur l'avenue Bourguiba, à Tunis. Une kamikaze s'est faite exploser près d'un groupe de policiers, 20 blessés.
    23 novembre : la loi sur l'égalité successorale entre l'homme et la femme est approuvée par le Conseil des ministres, avant son débat au Parlement.

    Service de la Documentation RFI, novembre 2018

     
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