Six accusés, six acquittements : autant dire que cela n’arrive qu’une fois par siècle. Ce verdict exceptionnel est en tout cas un formidable camouflet pour toute la chaîne judiciaire. Des enquêteurs de la brigade criminelle aux juges d’instruction qui ont renvoyé les six hommes devant les assises.
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Des années d’enquête pour rien, martèle Jean-Marc Florand, avocat de Karim Achoui : « Voilà quelqu’un qui a failli perdre la vie en plein Paris, un avocat, sous plusieurs balles. Et on ne sait toujours pas aujourd’hui qui l’a fait. On nous dit [que] la police [...] et les juges d’instruction ont bien fait leur travail. La réponse est non, sinon il n’y aurait pas six acquittements. Tant mieux pour les six acquittés mais ça laisse entière la question de savoir quand, comment, pourquoi. C’est quand même extrêmement frustrant pour une victime. »
Complot policier, comme le soutient la partie civile, ou contrat ordonné par le grand banditisme ? La question reste intacte. Bruno Sturlese, l’avocat général, avait, lors de son réquisitoire, dévoilé son sentiment. A ses yeux, la piste du mobile est bien à rechercher du côté de la clientèle de Karim Achoui, avant de préciser « Une lourde clientèle composée essentiellement de grands voyous. »
