La Presse lance une nouvelle application pour les dernières versions d’iPad : dès 5h30 le matin, l’édition complète du journal se télécharge sur la tablette. Le pari qu’a fait le quotidien est d’offrir gratuitement l’édition complète du journal, alors que la tendance actuelle est plus de faire payer les abonnés. C’est unique en son genre. Selon les spécialistes, c’est du jamais vu. Le format mélange vidéo, audio, photos, écrit. Le groupe Gesca, propriétaire du journal, a investi 40 millions de dollars et mis trois ans pour développer cette application. Cependant, l'application n’est pas évolutive, sauf si la personne clique sur un petit onglet dans le journal pour avoir les dernières nouvelles. Sinon le journal est identique à la version papier. Mais la version pour l'iPad met des articles en valeur. On peut aussi, selon l'envie, n'avoir que le texte, ou balayer la vidéo pour ne pas être distrait.
Pas d’abandon de la version papier
A l’heure actuelle, la version papier doit être conservée, mais, précise-t-on, de manière évolutive. Cent journalistes, pupitreurs, caméramans, et cent développeurs, programmateurs, intégrateurs, graphistes, ont été recrutés pour cette nouvelle formule qui est entre le journal et le magazine. Le vaisseau amiral n’est plus le journal papier mais bien La Presse +. Une semaine après son lancement, La Presse + comptait déjà plus de 115 000 abonnés. Les responsables du quotidien en espèrent 400 000 d’ici la fin de l’année.
Mais il y a quelques bémols. D’abord parce que ce n’est offert que sur iPad actuellement. Ensuite, parce que cette application coûte de l’argent, et donc il y a besoin d’en faire rentrer. Le quotidien mise sur la croissance des tablettes et sur la publicité, nerf de la guerre virtuelle. Deux millions de dollars ont été investis en recherche, notamment pour connaître les besoins du public cible, les 18-45 ans. Le problème est ainsi le modèle économique, et comme tout est très interactif, un amalgame peut parfois être fait entre la publicité et le journalisme. Par exemple dans le « Cahier plaisir », la page coiffure amène à une publicité pour de la laque. Il faut donc attendre la réaction du public sur un plus long terme.
Mitigé, le public est pourtant, de manière générale, content. « Outil fantastique », « réel journal numérique », « je suis accro », les réactions se multiplient sur Tweeter, au point que certains avouent que l'application est « tellement fantastique que je serais prêt à payer ».
