C’est une guerre ouverte qui oppose désormais le club de l’AS Monaco aux instances du football français. Samedi 5 mai, une rencontre entre le président du club princier Dmitri Rybolovlev et son homologue de la fédération française de football Noël le Graët, était prévue afin de trouver un compromis. Mais coup de théâtre. Selon un communiqué monégasque paru le lendemain, Noël le Graët aurait exigé 200 millions d’euros du club monégasque pour participer aux épreuves du championnat de France.
« Jugeant cette demande totalement inacceptable », l’oligarque Russe a décidé de porter l’affaire devant la justice. La FFF et la LFP pourraient être condamnées à verser 500 millions d’euros pour le préjudice causé.
Un compromis impossible
Rappel. Le 21 mars dernier, le conseil d’administration de la Ligue du football professionnel (LFP) « pour des raisons d’équité » a changé ses statuts, obligeant tous les clubs participants aux championnats français d’établir leur siège social sur le territoire hexagonal et ainsi être soumis au même régime fiscale.
L’A.S Monaco, clairement visée par la nouvelle loi avait saisi la commission d’éthique de la FFF, afin de trouver un compromis avec la LFP qui « arrangerait » toutes les parties. Mais depuis la solution financière évoquée plus haut par le président de la FFF, la position de Monaco s’est durcie. La convention fiscale franco-monégasque datant de 1963 prévaut sur le droit hexagonal, selon plusieurs avocats fiscalistes interrogés et le club pourrait avoir la loi de son coté.
Ce qui explique pourquoi Monaco a décidé de judiciariser le litige. La ministre des Sports, Valerie Fourneyron « déplore » la décision de Monaco et « souhaite la poursuite du dialogue » entre les trois parties, mais les discussions ont atteint un point de non retour.
Menace de boycott des présidents de Ligue 1
En réponse au communiqué monégasque, plusieurs sons de cloches diffèrent. La LFP dit « ne pas être au courant et surpris » de la teneur de cette réunion, tandis que la FFF renvoie la balle à Monaco, l’accusant lui-même d’avoir proposé cette somme. L’encadrement monégasque s’estime victime d’un racket forcé. Jean-Pierre Louvel, président du Havre et membre influent du conseil de la Ligue se justifie : « On ne veut pas un racket mais le simple rétablissement de l’équité du championnat. »
Est-ce la une décision pour faire plier l’AS Monaco ? « Je souhaite que Monaco installe son siège social en France. C’est la seule solution », martèle Jean-Louis Triaud, président de Bordeaux.
Selon beaucoup d’experts en fiscalité, ce dossier est très loin de trouver un avancement rapide. Et certains présidents de Ligue 1 brandissent la menace de boycotter les matches face à Monaco l’an prochain si d’avenir une solution idoine n’est pas trouvée. « Tout le monde peut y penser, moi aussi », prévient Jean-Louis Triaud.
Selon la FFF, une énième réunion serait prévue avec les dirigeants monégasques la semaine du 21 mai, reunion démentie par le vice-président de l’AS Monaco Jean-Louis Campora. Affaire à suivre.
