Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio
Le porte-parole du Kremlin s’est empressé de souligner que cette démission n’avait aucun rapport avec le scandale autour du centre d’innovation Skolkovo. Ce projet de Silicon Valley à la russe, cher à Dmitri Medvedev, peine à voir le jour et se retrouve au cœur d’une enquête pour détournement de fonds publics.
Bras de fer sur le projet Skolkovo
Récemment, lors d’une conférence à l’école d’Economie de Londres, Vladislav Sourkov, qui siège au conseil de surveillance de Skolkovo, avait défendu ce projet et critiqué le Comité d’enquête russe qui, selon lui, avait tiré des conclusions prématurées.
Il s’en était suivi un violent échange, par médias interposés, avec le porte-parole de ce puissant organe, qui est aussi à l’origine des poursuites judiciaires contre plusieurs représentants de l’opposition.
Selon le Kremlin, il faut chercher la raison du départ de Vladislav Sourkov dans les retards pris dans la mise en œuvre des décrets présidentiels, les onze objectifs fixés par Vladimir Poutine à son retour au Kremlin, il y a un an.
Un signal inquiétant ?
Le principal intéressé a promis d'expliquer les raisons de son départ plus tard, précisant à Kommersant qu'il avait transmis sa lettre de démission le 26 avril dernier.
Du côté de l’opposition, on estime que Vladislav Sourkov a été poussé vers la sortie. « C'est un sérieux coup porté au gouvernement Medvedev », estime le député d'opposition Ilia Ponomarev. Le défenseur des droits de l’homme Lev Ponomarev y voit lui un signal inquiétant, qui indique que les « silovikis », ces hommes issus des forces de sécurité, ont pris le dessus. Il juge également que Vladislav Sourkov devenait finalement la « victime d’un système qu’il avait lui-même créé ».