Hommage à Max Roach
par Joe Farmer
Comme nombre de citoyens noirs américains, Max Roach a subi et accompagné les soubresauts de la ségrégation raciale. Ses ancêtres, esclaves, se cachaient dans les marécages de Caroline du Nord pour échapper à l´oppresseur blanc. Peu étonnant qu´il ait choisi, toute sa vie, de militer pour la cause noire. Lorsqu´il épouse le Be Bop de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, dans les années 40, il s´engage, en fait, dans une forme de contestation artistique. Le swing servile de ses aînés ne lui convient pas. Max Roach a 20 ans, et sa fougue de jeune batteur inspiré le pousse vers un jazz bouillonnant et frondeur. Son esprit rebelle rythmera sa musicalité. Dans les années 60, c´est aux côtés de Martin Luther King et Malcolm X qu´il trouve sa place. Il compose alors
« We Insist, Freedom Now Suite », une longue pièce free jazz dans laquelle il dénonce les exactions racistes de l´administration blanche. Jusqu´au bout, Max Roach aura recherché l´unité du peuple noir. Quand ses homologues jazzmen critiquaient les rappeurs, il les acclamait. Quand son ami, Miles Davis, se lançait dans la pop, il le soutenait.
Max Roach était un rassembleur, cultivé, virtuose, dont l´oeuvre musicale toute entière témoigne de la souffrance et de l´espérance de l´Amérique noire au 20ème siècle. Max Roach nous a quittés le 15 août dernier, à l´âge de 83 ans.