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lundi 30 mars 2009

Le coton biologique, une culture à risque

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Faute d’acheteurs, le coton bio récolté en Syrie est, en ce moment, écoulé sur le marché mondial comme du coton conventionnel. Les efforts menés par les cotonculteurs orientaux pour accroître la production sur ce segment se révèlent bien mal récompensés. Vendre sous ce label n’a plus guère de sens car la prime qui récompense cette culture alternative a fondu. Pourtant, la demande mondiale existe. Mais, les grands groupes textiles ou les distributeurs intéressés par ce créneau sont prudents et exigeants. Pour sécuriser leur approvisionnement, ils privilégient les producteurs réguliers et fidèles. Ce qui ne va pas de soi avec le bio, car sans le recours aux pesticides, les rendements sont aléatoires et fortement dépendants des facteurs météo et climatiques. Les Ougandais en ont fait l’amère expérience. Les rendements du coton conventionnel sont quatre fois plus élevés que ceux du coton biologique ; le revenu des paysans qui ont semé le premier cinq fois plus importants.

Deux pays ont réussi à capter ce marché de niche. La Turquie et l’Inde : le chantre du coton transgénique est aussi le champion du coton écolo. Ce succès a encouragé les autres producteurs. D’où un surplus d’offre aujourd’hui qui tombe au plus mal avec l’irruption de la crise. Pour se fournir en coton biologique, il faut non seulement payer la prime mais aussi le certificat qui revient environ à 100 dollars la tonne. Les filateurs y regardent à deux fois avant d’engager cette dépense supplémentaire. D’autant plus que leurs clients ont des besoins pour l'instant limités. Il suffit d’intégrer 5% de fibres dites biologiques pour accoler l’étiquette organique à un vêtement.

A l'instar de l’équitable, le bio est devenu un instrument de marketing qui sert plus les marques que les producteurs. Néanmoins, la filière a un réel avenir. Parce qu'elle correspond à une demande réelle croissante des consommateurs et à une urgence environnementale : le coton est aujourd'hui la plante qui absorbe la moitié des pesticides dispersés dans le sol. 

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