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samedi 20 juin 2009

Mamadou Tandja : un piège sans fin !

par Jean-Baptiste Placca

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A force d’avoir systématiquement raison contre la Constitution, les institutions, les organisations sous-régionales, ses adversaires politiques, ses propres alliés, les syndicats et la société civile, le président Mamadou Tandja se retrouve aujourd’hui dans une impasse, dont on se demande comment il va bien pouvoir se sortir, sans perdre la face.

Ce vendredi 19 juin, le chef de l’Etat nigérien a réuni, à Niamey, le Conseil de la République, un organe d’ultime recours, lorsque le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat sont gravement menacés. Il a demandé à ses membres de lui octroyer des prérogatives que seul le Parlement est habilité à lui conférer. Il se trouve que le Parlement en question a été dissout par Mamadou Tandja lui-même il y a à peine un mois, pour des raisons qui n’ont toujours pas été fournies au peuple nigérien.

Le président croyait pouvoir ignorer superbement toutes les résistances à son projet de référendum, convoqué pour légitimer une prolongation indue de son dernier mandat. Un simple arrêt de la Cour constitutionnelle a suffi pour stopper ce qui était devenu une fuite en avant.

Il est peut-être trop tôt pour le dire, mais cette Cour constitutionnelle a probablement sauvé la démocratie au Niger. Ses membres méritent donc un profond respect de la part de tous ceux qui, au Niger comme ailleurs en Afrique, rêvent de voir la démocratie s’enraciner sur ce continent. Les attaques dont ils sont l’objet ne sont donc que plus insupportables, et le Conseil de l’ordre des avocats nigériens a bien raison de les dénoncer.

Dans cette Afrique francophone dont nombre de hautes juridictions s’illustrent plus souvent par leur aptitude à anticiper les désirs anticonstitutionnels du prince que par une détermination à défendre la loi fondamentale, les juges nigériens devraient même être soutenus, pour ne pas être tentés de céder aux menaces, à l’intimidation ou à pire.

C’est ici le lieu de rappeler que dans les critères d’évaluation de la fiabilité d’un Etat la crédibilité de sa justice tient une place d’importance. Les investisseurs ne risqueront pas leurs capitaux dans votre pays si la justice y produit des décisions sur commande, au mépris du droit.

Sur cette base et jusqu’à nouvel ordre, on peut donc penser que le Niger possède, avec une telle justice, un atout non négligeable pour réussir, demain, son développement. Et dans le cauchemar que vivent les Nigériens du fait de la confusion politique actuelle, aggravée par le silence troublant de Mamadou Tandja, c’est là un atout bien réconfortant, en attendant mieux !

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