par Amaury de Rochegonde
On l’a longtemps accusée d’être ennuyeuse, mal réalisée, trop franchouillarde. Mais le temps du désamour est révolu pour la fiction française : les séries et les téléfilms made in France séduisent de plus en plus à l’étranger. Selon une étude publiée cette semaine par TV France International et le Centre national de la cinématographie, les exportations de fictions hexagonales ont fait un bond de 42 % l’an dernier.
La coqueluche des chaînes étrangères a pour nom « Engrenages ». Cette série policière décrit les coulisses d’un Palais de Justice parisien, en mettant en scène un jeune procureur, une capitaine de police, un juge d’instruction et une avocate. Parti-pris réaliste, réalisation soignée. La série développée par Canal + a déjà été achetée par une vingtaine de chaînes étrangères, en Afrique, au Mexique, en Australie et au Japon. C’est aussi la première série non anglophone à être diffusée en première partie de soirée sur une chaîne de la BBC, en l’occurrence BBC 4.
Beau succès pour Canal +, qui a fait un carton auprès des diffuseurs étrangers avec une autre série, « Mafiosa », l’histoire d’une femme propulsée à la tête d’un clan mafieux. Il est vrai que la chaîne cryptée essaie depuis des années de dépoussiérer la fiction française. Canal + applique des recettes anglo-saxonnes qui ont fait leurs preuves : acteurs venus du grand écran, équipes de scénaristes haut de gamme, moyens conséquents. Canal + suit en cela l’exemple de la célèbre chaîne à péage HBO, qui s’est fait connaître pour ses séries innovantes et irrévérencieuses, comme le cultissime « Sex & The City » ou encore « Les Sopranos », une saga mafieuse qui n’a rien à envier au cinéma.
Les séries plus classiques font elles aussi leurs preuves hors de France : Une Femme d’Honneur, la série de TF1 avec Corinne Touzet, Cœur Océan, le feuilleton jeunesse de France 2 ou encore le Caméra Café de M6 et ses saynètes de la vie de bureau ont fait le tour du monde. Mais malgré cette embellie, les producteurs ne crient pas au triomphe : les montants de vente et de préventes restent faibles, avec 43 millions d’euros de recettes. Car les chaînes hertziennes achètent moins de programmes qu’auparavant, tandis que les nouvelles chaînes de la TNT n’ont pas de gros moyens. Le nombre de contrats signés augmentent, mais les recettes ne décollent pas. Mais les spécialistes sont optimistes : les chaînes, qui ont eu tendance, crise oblige, à puiser dans leurs stocks de rediffusion, commencent à sentir le besoin de remplir leur grilles avec des nouveautés.
En partenariat avec Stratégies
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