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samedi 19 septembre 2009

Internet et vie privée

par Amaury de Rochegonde, Delphine  Le Goff

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En partenariat avec Stratégies

La vidéo a fait le tour d’internet. L’on y voit le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, aux côtés d’un militant d’origine maghrébine, se laisser aller à des plaisanteries racistes, lors de l’université d’été de l’UMP. Brice Hortefeux a depuis multiplié les gestes pour essayer d’éviter la polémique, notamment en recevant Place Beauvau des représentants de la Licra, la Ligue contre le racisme et l’anti-sémitisme, ou en partageant le dîner de rupture du jeûne du ramadan avec des musulmans.

La majorité a volé au secours du ministre de l’Intérieur, en trouvant un coupable idéal : internet. Selon le ministre de la Relance Patrick Devedjian et le ministre de l’Immigration Eric Besson, l’épisode témoigne d’un « fonctionnement malsain » de la toile. « Les hommes politiques sont devenus des cibles », estime Patrick Devedjian, « la frontière entre vie publique et vie privée s’effaçant de plus en plus ». Le conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, va encore plus loin, n’hésitant pas à parler de « transparence absolue » qui serait le « début du totalitarisme ». Enfin, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale considère quant à lui qu’« internet est un danger pour la démocratie ». Sur l’antenne de France Inter, Jean-François Copé s’est dit inquiet, déclarant : « Si l’on met sur un pied d’égalité des images comme celles-ci, avec d’authentiques reportages, il y a un vrai risque de discrédit pour la profession de journaliste ».

Mais s’agit-il vraiment d’images volées, prises par des amateurs dans un cadre privé ? Pas vraiment. La vidéo n’a pas été enregistrée avec un téléphone portable, mais par un journaliste professionnel, travaillant pour Public Sénat, avec caméra et micro identifiés par le logo de la chaîne. Et comme le rappelle Hélène Risser, présidente de la société des journalistes de Public Sénat, « Ce ne sont pas des images volées, [ces propos] ont été tenus dans le contexte d’une réunion publique ». Qui plus est, le document n’a pas été repris par un blogueur anonyme, mais par le site du quotidien Le Monde.

Finalement, pour les politiques, ce qui est sans doute le plus gênant sur internet, c’est sans doute la rapidité du média, qui permet de diffuser une information quasiment en temps réel. Cela demande aux hommes politiques de se surveiller en permanence lors de manifestations publiques, encore plus qu’auparavant, sous peine de voir sortir au grand jour des dérapages bien peu en accord avec les communications officielles.

 

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