Dernières infos
Santé - 
Article publié le : jeudi 10 juin 2010 à 17:27 - Dernière modification le : vendredi 11 juin 2010 à 11:43

Graine de vie fait fleurir des jardins thérapeutiques en milieu hospitalier

"Graine de vie", un jardin thérapeutique pour les patients, leurs proches et les soignants, est situé au coeur de l’hôpital de l’Institut Curie.
"Graine de vie", un jardin thérapeutique pour les patients, leurs proches et les soignants, est situé au coeur de l’hôpital de l’Institut Curie.
Stéphane Laure/ Institut Curie

Par Dominique Raizon

A l'heure où le jardinage en ville est à la mode, des jardins d'un nouveau type, dits « thérapeutiques », essaiment en France en milieu hospitalier ou médico-social, réintroduisant de la vie là où elle est mise à rude épreuve. « La demande de telles structures est très forte mais reste encore trop peu soutenue par les politiques et les institutions », constate Anne Chahine (…). Mais, ajoute-t-elle, confiante, « la France se met à regarder ses jardins d'un autre œil ».

« Pendant et après ma chimiothérapie, j'ai retrouvé mes plaisirs d'enfance, récolté des tomates, des carottes, du basilic, appris les semis. On oublie pendant un temps la maladie, on parle d'autre chose », explique Janine Gire, 66 ans, une des patientes de l'Institut Curie, qui participe régulièrement aux séances d’« hortithérapie » (ou soins par la pratique de l’horticulture) … une expérience inédite en France, fondée sur d’autres menées au Canada, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis dès les années 1980.

De quoi s’agit-il au juste ? Répandus dans les maisons de retraite -où leurs bienfaits sur la santé morale des personnes ne sont plus à prouver- l’entretien de jardins vise à aider les malades et les personnes âgées qui perdent leur autonomie dans la lutte contre leurs souffrances. Graine de vie, le jardin thérapeutique de l'Institut Curie, a été quant à lui inauguré en juin 2009 pour des patients cancéreux, encadrés par des soignants bénévoles, du personnel médical et administratif, et aménagé avec des allées et des bacs adaptés à l'activité de jardinage en fauteuil roulant.

Cancéreux, autistes et alzheimers ...

Les patients et leurs proches, accompagnés de bénévoles ou de membres de l’Institut, peuvent jardiner plusieurs heures par semaine ou s’y détendre tout simplement.
Stéphane Laure/ Institut Curie

Anne Chahine, de l'association Santé et Jardins, témoigne de l’existence de ces jardins thérapeutiques en France depuis une dizaine d’années. Cette association, créée en 2004 en région parisienne, compte une petite centaine d'antennes en France qui se mobilisent pour favoriser leur développement : « Les Anglo-Saxons ont constaté que les bienfaits du jardin et du jardinage diminuaient le stress des patients et du personnel, amélioraient le travail de ces derniers, une démarche très pragmatique », résume-t-elle, ajoutant que : « Ca ne guérit pas et ne remplacera jamais un traitement médical mais ça aide, incontestablement ».

Odeurs des fraises, de la menthe, couleurs des fleurs, des insectes, terre, eau, saisons, graines qui germent, qui poussent : « En rentrant en rapport avec la nature, on apprend des tas de choses. C'est un moyen très pédagogique de vie qui réintroduit de l'humanité là où cette dimension avait été un peu oubliée », ajoute Anne Ribes, « infirmière paysagiste ». Au-delà de l'agrément que constituent ces aires naturelles, le jardinage -dans des espaces adaptés à toutes sortes de handicaps- « stimule les sens, les souvenirs et facilite la communication » explique Anne Ribes, qui intervient pour sa part dans plusieurs jardins en région parisienne.

L'encouragement des neurologues à cette pratique

Les jardins thérapeutiques ont beaucoup intéressé les neurologues dans la prise en charge des patients atteints d'Alzheimer, le jardin étant source de stimulations sensorielles et de la mémoire renvoyant notamment à des souvenirs d'enfance. A l'hôpital Louis Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine), où intervient notamment Anne Ribes, des personnes âgées atteintes de nombreuses pathologies réapprennent des gestes simples. Un lien inter-générationnel est créé avec des enfants d'écoles maternelles du quartier régulièrement associés aux ateliers.

A l'hôpital de la Salpêtrière à Paris, les enfants autistes trouvent au coeur du jardin un espace de vie et de communication différent. « Ils sortent d'eux-mêmes dans un lieu qui redonne de l'humanité. C'est un peu comme une souffrance intérieure apaisée par un bonheur extérieur, qu'on redonne », dit Anne Ribes.

Pour en savoir plus :

Lire également :

Une écologie du bonheur, d'Eric Lambin, prix de l'Environnement 2010, (éditions du Pommier): un ouvrage où l'auteur s'interroge sur le lien entre la dégradation de la nature et notre propre bien-être.

Aux origines des plantes, T.II, de Francis Halle (éditions Fayard) : Parfums, teintures, pharmacopée, jardinage … dans ce second tome, intitulé Des plantes et des hommes -élaboré sous la direction de l’ethno-botaniste Pierre Lieutaghi-, les auteurs se sont penchés sur les différentes relations entretenues par l’Homme avec les plantes

tags: Cancer - Homme - Santé et Médecine
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer