Conférence internationale sur la physique - 
Article publié le : lundi 26 juillet 2010 - Dernière modification le : lundi 26 juillet 2010

Le LHC tient la vedette à l’Ichep

Le Grand Collisionneur de Hadron (LHC) est la star de la 35ème conférence internationale sur la physique des hautes énergies (ICHEP) du 22 au 28 juillet à Paris.
Le Grand Collisionneur de Hadron (LHC) est la star de la 35ème conférence internationale sur la physique des hautes énergies (ICHEP) du 22 au 28 juillet à Paris.
AFP / Fabrice Coffrini

Par RFI

L'accélérateur de particules le plus puissant au monde, le LHC, tient la vedette lors de 35e Conférence internationale sur la physique des hautes énergies (Ichep), qui réunit un millier de physiciens jusqu'au 28 juillet 2010 inclus à Paris.

Frédéric Machefert

Chercheur au Cnrs, témoin des collisions de particules au LHC, le 30 mars 2010.

La machine a franchi la 1ère étape, celle d'avoir des collisions à 3,5 TeV, et il va falloir travailler maintenant à la rendre plus fiable.

 

30/03/2010 par Patrick Chompré

« LHC a démarré trop récemment : on ne peut pas s'attendre à un feu d'artifice de résultats de niveau prix Nobel, par contre la qualité des données est tout à fait remarquable », résume Guy Wormser, président du comité local d'organisation d'Ichep. Environ 20% des présentations scientifiques prévues lors de cette conférence vont concerner le Grand collisionneur de Hadrons (LHC) dont les premières collisions de protons à l'énergie requise pour faire de la science avaient été réussies le 30 mars dernier au Centre européen de recherche nucléaire (Cern) à Genève.

Le « degré de préparation des expériences, les précisions déjà obtenues » sont « extraordinaires », a déclaré Guy Wormser, traçant un premier bilan de la conférence au Palais des congrès : au sein de la communauté des physiciens, « on pensait que ça prendrait, un an, deux ans pour arriver à ce niveau-là », souligne-t-il. Certes, le LHC n'a encore accumulé qu'un « nombre de collisions très faible » par rapport à son concurrent américain, le Tevatron du Fermilab de Chicago, « mais il est dans un domaine d'énergie beaucoup plus grand [qui] était complètement inexploré », met en avant Guy Wormser, directeur du Laboratoire de l'accélérateur linéaire à Orsay (Essonne).

A partir de 2013, le LHC devrait atteindre ses « performances ultimes »

Au LHC, les deux faisceaux de protons, circulant en sens opposés et accélérés à une vitesse proche de celle de la lumière, ont une énergie de collision 3,5 fois plus que ce que permet le Tevatron américain. A partir de 2013, le LHC devrait atteindre ses « performances ultimes », avec une énergie de 14 Tev, c’est-à-dire deux fois plus que dans la phase actuelle (*).

Au LHC, l'heure n'est pas encore aux découvertes. Face à un nouvel instrument « la première chose qu'on fait, c'est d'exclure des choses qu'on ne voit pas », nuance Guy Wormser. Progresser, c'est notamment délimiter plus précisément, comme vient de le faire le LHC, la fenêtre d'énergie où on peut espérer détecter une particule « exotique » comme le « quark excité ». Avec les six quarks connus, sortes de briques de Lego, « on peut fabriquer un tas de particules » (proton, neutron et autres hadrons). Les « quarks excités » ce serait « des objets de nouvelle physique », relève Guy Wormser.

Pour confirmer certaines bases de la physique actuelle, les physiciens traquent le boson de Higgs qui conférerait leur masse aux autres particules. « On n'attend pas d'annonce de découverte du boson de Higgs le 25 juillet 2010 », assure Guy Wormser, mais les scientifiques du Fermilab pourraient présenter des données réduisant « la fenêtre des possibilités » pour le trouver.

(*) 7 Tev ou 14 Tev, à l'échelle de notre monde quotidien correspond à l'énergie cinétique de 7 ou 14 moustiques en vol. Mais c'est énorme quand cela concerne des protons. Lors du choc, l'énergie est concentrée dans un espace mille milliards de fois plus petit qu'un moustique.

Plusieurs énigmes restent à élucider en physique des particules, malgré ou à cause des progrès de la science, car chaque avancée peut introduire des doutes, des questionnements à la source de nouvelles découvertes. Soleil, étoiles, planètes, galaxies sont observés par des télescopes spatiaux et terrestres. Mais toute la matière visible détectée ne représente que 4% de l'univers.

Pour en savoir plus :

Lire aussi Que va trouver le Grand collisionneur de hadrons ? par C.Frammery, RFI

Consulter le site du Cern/ Conférence internationale et Le Grand collisionneur de hadrons (LHC): Notre compréhension de l’Univers est sur le point de changer…

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