"Prescrire", la revue médicale qui pointe des médicaments à proscrire

La revue médicale indépendante Prescrire a décidément de quoi être honnie par les labos pharmaceutiques ! Après avoir donné l'alerte sur le Mediator (un médicament conçu par les laboratoires Servier pour lutter contre le diabète), elle pointe maintenant la dangerosité d'un anti-inflammatoire baptisé Nimésulide et d'un anticancéreux utilisé dans le traitement de certains cancers avancés de la vessie, la Vinflunine.
Le processus de réévaluation du buflomédil (*) pourrait aboutir dans les prochaines semaines à un retrait ou une suspension de ce médicament vasodilatateur, a en effet indiqué un responsable de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Une information relayée par la revue médicale indépendante Prescrire, qui explique que c'est en raison d'effets secondaires indésirables cardiaques et neurologiques parfois mortels.
Selon Fabienne Bartoli, adjointe du directeur général de l'Afssaps, une décision sera prise « dans les premières semaines de 2011 », précisant qu'il s'agit là d'un « produit qui est en cours de réévaluation du bénéfice-risque (...). On est dans le processus final de la réévaluation du bénéfice-risque.» Interrogé par l'Agence française de presse, le laboratoire américain Cephalon a indiqué de son côté qu'il se conformerait à « toutes les prescriptions de l'Afssaps », a précisé une porte-parole de la division Europe du laboratoire.
Si vous changez un tout petit peu la dose, ...
Qu'est-ce qu'une "réévaluation du bénéfice-risque" ? « Ca veut dire, a expliqué Fabienne Bartoli, qu'effectivement il est dans un processus où l'aboutissement pourrait être un retrait, voire une suspension -parce que c'est un produit qui est commercialisé au niveau européen- de l'autorisation de mise sur le marché ». Fabienne Bartoli a précisé que si tel était le cas, ce serait « pour des mésusages [car] c'est un produit avec une marge thérapeutique étroite, ça veut dire que si vous changez un tout petit peu la dose, vous pouvez effectivement avoir des accidents », évoquant la possibilité de gestes suicidaires.
Réagissant à la publication de la revue Prescrire, le ministrre de la Santé, Xavier Bertrand, a indiqué sur une chaîne de radio française que des procédures étaient engagées depuis plusieurs mois pour réévaluer le rapport bénéfice/risque de certains médicaments, possiblement dangereux.
Le magazine en ligne Environnement 2B renvoie également les internautres aux propos du « Professeur Even, président de l'Institut Necker, interrogé ce 4 janvier 2011 sur la chaîne de radio Europe 1 : « Prescrire ne se trompe jamais », ne remettant absolument pas en doute les affirmations contenues dans la revue, bien au contraire. Plus réservé sur l'anticancéreux, il estime néanmoins que le buflomedil et le nimésulide doivent être retirés (...) Ils n'auraient jamais dû être mis sur le marché ».
La revue Prescrire cite également comme produits dangereux l'anti-inflammatoire Nimésulide (Nexen, fabriqué par Therabel Lucien Pharma, et autres noms de marque) et l'anticancéreux utilisé dans le traitement de certains cancers avancés de la vessie, la Vinflunine (Javlor, fabriqué par les laboratoires Pierre Fabre).
(*) Le buflomédil est commercialisé notamment sous les noms de marque de Fonzylane (fabriqué par Cephalon) et Buflomédil EG.
Pour en savoir plus :
Sur la Revue Prescrire et son sommaire/ numéro 327 de janvier 2011

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati




















Réagissez à cet article
(0) Réaction