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Japon/ accident nucléaire - 
Article publié le : vendredi 15 avril 2011 à 14:35 - Dernière modification le : vendredi 15 avril 2011 à 16:20

Les cancérologues japonais au secours des ouvriers exposés aux radiations dangereuses

Des ouvriers répandent de la résine sur le sol autour du batiment d'un des réacteurs de la centrale de Fukushima, le 1er avril 2011.
Des ouvriers répandent de la résine sur le sol autour du batiment d'un des réacteurs de la centrale de Fukushima, le 1er avril 2011.
REUTERS/

Par Michèle Diaz

Un groupe de cancérologues japonais a lancé un appel ce 15 avril 2011 pour que soient stockées des cellules souches du sang des ouvriers travaillant dans la centrale nucléaire accidentée de Fukushima. Il s'agit là d'une mesure de précaution en cas d'exposition à des niveaux mortels de radiation. Les médecins se sont plaints de la résistance opposée par les responsables du secteur nucléaire au Japon au prélèvement des cellules des ouvriers car ils craignaient pour leur réputation !

Des cellules souches pour guérir de ce que l'on n'a pas pu prévenir! ... C'est en quelque sorte l'idée sous-jacente à cette initiative de cancérologues de quatre hôpitaux japonais qui, dans une lettre à l'hebdomadaire britannique The Lancet, ont expliqué qu'il serait judicieux de stocker les cellules souches des centaines d'ouvriers qui tentent depuis le séisme et le tsunami du 11 mars d'éviter une catastrophe nucléaire sur le site dans le nord-est du Japon.

Prélever des cellules pour les transplanter

Une excellente initiative selon le Pr Patrick Gourmelon (IRSN)

La technique utilisée consiste à prélever des cellules souches du sang qui circule dans le corps humain. Celles-ci peuvent ensuite être transplantées dans certains traitement de cancers pour favoriser la production de nouvelles cellules chez les patients dont les tumeurs sont éliminées par radiothérapie.

Des conditions de travail extrêmement dangereuses pour la santé

« Les équipes présentes à Fukushima travaillent dans des conditions extrêmement dangereuses pour la santé en tentant d'extraire des eaux irradiées du site et pour remettre en marche le système de refroidissement des trois réacteurs accidentés », selon les cancérologues.

« La fermeture complète de ces réacteurs va prendre des années. Le risque d'une exposition accidentelle aux radiations s'accroit ainsi pour les ouvriers et le stockage des cellules de leur sang sera d'autant plus important », ont expliqué les médecins.

La lettre est signée par une équipe de cinq médecins dirigée par Tetsuya Tanimoto de l'Institut du Cancer à la Fondation japonaise pour la recherche sur le Cancer et Shuichi Taniguchi de l'Hôpital Toranomon, tous deux à Tokyo.

Mesure de la radioactivité

Pour mesurer l’exposition d’une personne aux rayonnements radioactifs, on utilise le sievert comme unité :
Limite réglementaire : 1 millisievert (mSv) par an par personne.
- Le risque de développer un cancer est proportionnel à la dose reçue et apparaît pour une exposition supérieure à 100 mSv et augmente de 5,5% par sievert
- Selon les données de l’IRSN, les centrales japonaises auraient dégagé 1mSv par heure aux abords immédiats de la centrale, avant de décroître ; ce qui signifie en d’autres termes que les personnes exposées ont donc reçu en une heure l’équivalent de ce qu’elles auraient dû recevoir en un an.

Le toit endommagé du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, après l'explosion qui provoqué l'effondrement de la partie supérieure de la structure, le 12 mars 2011.
Tepco / Reuters
Deux membres de l'équipe de prévention, centrale de Fukushima Daini à Koriyama, le 13 mars 2011.
KIM Kyung-Hoon / Reuters
Les niveaux d'exposition aux radiations éventuelles sont vérifiés. Secteur d'évacuation proche de la centrale nucléaire de Fukushima Daini à Koriyama, le 13 mars 2011.
Kim Kyung-Hoon / Reuters
Contrôle d'une éventuelle exposition aux radiations. Région proche de la centrale nucléaire de Fukushima à Koriyama, le 13 mars 2011.
Kim Kyung-Hoon / Reuters
Un officiel de l'équipe de prévention parle à une femme du secteur d'évacuation proche de la centrale nucléaire de Fukushima Daini à Koriyama, le 13 mars 2011.
KIM Kyung-Hoon / Reuters
Des réfugiés évacués d'une maison de repos située dans le secteur d'évacuation près de la centrale nucléaire de Fukushima Daini, à Koriyama, le 13 mars 2011.
Kim Kyung-Hoon / Reuters
Un policier régule la circulation après un ordre d'évacuation des résidents vivant dans un rayon de 10 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, le 12 mars 2011.
Asahi Shimbun / Reuters

    tags: Japon - Santé et Médecine - séisme tsunami et catastrophe nucléaire au Japon
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