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    Science

    Des moustiques mâles rendus stériles : une arme contre le paludisme

    media Un anophèle gambiae, hôte du parasite responsable du paludisme. James Gathany/

    Une dernière étude sur l’effet de la stérilisation de moustiques mâles afin de lutter contre le paludisme vient d’être publiée lundi 8 août 2011. Les scientifiques cherchent des alternatives à l’utilisation d’insecticides pour limiter la propagation des insectes femelles, responsables d’une maladie qui tue près d’un million de personnes par an, notamment sur le continent africain.

    Des moustiques mâles rendus stériles par manipulation génétique pourraient offrir une arme efficace contre le paludisme, selon des travaux d'une équipe anglo-italienne. Il s’agit de la dernière recherche en date sur la façon de neutraliser les vecteurs du paludisme.

    La stérilisation par manipulation génétique des anophèles mâles pourrait potentiellement empêcher la croissance de la population de moustiques et ainsi réduire le risque de paludisme. Les auteurs ont expliqué que les anophèles mâles, rendus stériles, se sont accouplés, et les femelles, nourries du sang d’animaux ou d’humains, ont pu produire des œufs - mais en l’absence de sperme - n’ont pu être fécondées.

    Une voie à poursuivre

    Ces travaux font suite à d’autres études comme celle parue il y a un an déjà sur la modification génétique des moustiques, rendant ces derniers incapables de transmettre le parasite.

    Une série de résultats qui encourage les chercheurs à poursuivre dans cette voie. D’autant que les moustiques peuvent transmettre d’autres pathologies comme la dengue, qui touche plusieurs dizaines de millions d’individus chaque année. Un test grandeur nature a d’ailleurs été fait en Malaisie. Six mille moustiques mâles stérilisés ont été lâchés dans une zone inhabitée de l’Etat de Pahang, en début d’année. Son efficacité n’a toutefois pas encore été démontrée.

    Cette technique pourrait s’appliquer également à d’autres infections virales comme la fièvre jaune, la filariose et le virus du Nil occidental et semble être une solution d’avenir. En attendant sa mise au point, il faut continuer à limiter les foyers humides qui favorisent la prolifération des insectes notamment en ville.
     

    Didier Fontenille, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le développement 27/01/2011
    Il faut des stratégies alternatives pour lutter contre certaines espèces de moustiques parmi les 3 500 décrites et probablement quelque 10 000 à travers le monde ...
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    Mauvaise odeur contre mauvaise piqûre

    Des chercheurs se sont également intéressés au « flair » des moustiques. Dans une étude publiée dans Nature, ils ont découvert qu’en intégrant certaines molécules à des crèmes ou des aérosols, il était possible de perturber leur odorat et ainsi les détourner de leur victime.

    D’autres résultats, plus récents, ont montré que la senteur des pieds était prisée par les insectes. L’équipe de chercheurs basée en Tanzanie a ainsi confectionné des pièges qui attirent les moustiques mais au moment de la piqûre, plutôt que de sucer le sang, ils absorbent de l’insecticide et meurent. Ce moyen devrait être testé, d’ici deux ans, sur plusieurs villages afin d’en mesurer l’impact.

    Humainement et économiquement, le paludisme a un coût ...

    Malgré le progrès réalisé dans le domaine du diagnostic et le traitement au cours de la dernière décennie, le paludisme demeure toujours une menace globale qui affecte des millions de personnes.

    • Environ 800 mille personnes décèdent chaque année à cause du paludisme. La plupart des victimes sont des enfants qui n'ont pas dépassé l'âge de 5 ans.
    • La maladie est responsable d'environ 40% des dépenses de santé en Afrique Sub-saharienne et coûte 12 milliards de dollars en perte de productivité par an.

    Professeur Awa Marie Coll Seck, directrice du Partenariat international « Faire reculer le paludisme » 05/07/2011
    Le rapport s’ouvre sur un constat positif : les fonds alloués à la recherche et développement sur le paludisme ont été multipliés par 4 entre 1993 et 2009, année où ils ont atteint 612 millions de dollars. Certes, ces chiffres sont encore loin des budgets dont bénéficie la recherche sur les maladies concernant les pays riches, mais les progrès sont là.
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