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Semaine mondiale de l’eau à Stockholm - 
Article publié le : mardi 23 août 2011 à 11:48 - Dernière modification le : mardi 23 août 2011 à 11:58

Pour l'Onu, mieux protéger les écosystèmes est devenu vital

Irrigation du maïs dans le cadre du projet Drops dont les résultats seront diffusés aux sélectionneurs grâce à la participation de quatre entreprises semencières et à un partenariat avec une association de sélectionneurs professionnels.
Irrigation du maïs dans le cadre du projet Drops dont les résultats seront diffusés aux sélectionneurs grâce à la participation de quatre entreprises semencières et à un partenariat avec une association de sélectionneurs professionnels.
Gilles Cattiau/ Inra

Par Simon Rozé

Il faudra deux fois plus d’eau qu’actuellement pour nourrir les 9 milliards de terriens qui vivront en 2050, si l’on ne change pas drastiquement les pratiques agricoles et alimentaires actuelles. C’est du moins ce qu’affirme un rapport publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en collaboration avec l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI). Pour les deux organisations, des solutions existent cependant. Elles permettraient même d’intensifier l’agriculture tout en protégeant mieux l’environnement.
 

« Actuellement, 1,6 milliards de personnes vivent dans des zones déjà en proie à une pénurie d’eau, et l’on pourrait rapidement arriver à deux milliards si rien ne change », alerte ce rapport, publié le 22 août 2011 en ouverture de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm.

Le rapport souligne par ailleurs que si les pratiques agricoles actuelles sont maintenues, la quantité d’eau nécessaire à l’agriculture « augmentera de 70 à 90 % d’ici à 2050 ». De nombreuses régions, à forte production agroalimentaire, comme le Pendjab en Inde, les plaines du Nord de la Chine ou encore le grand Ouest américain, sont d’ores et déjà arrivées à la limite de leurs ressources en eau ou sont sur le point de les atteindre.

Le réchauffement climatique aura également un effet néfaste sur la production agricole des prochaines décennies, notamment en Afrique, où les risques de sécheresse et d’inondations risquent de mener à une réduction de la production de l’ordre de 15 à 30 % d’ici à la fin du siècle.

Pour le PNUE, il existe toutefois une solution, radicale. Il faut changer d’approche, c’est-à-dire « passer des systèmes de production alimentaire actuels à des ‘agroécosystèmes’, qui offrent une plus grande variété de services ».

Produire plus, et mieux

L’idée est sur le principe assez simple : elle consiste en une meilleure exploitation des ressources en eau et une plus grande coopération entre différents acteurs, tels que les agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs ou encore les horticulteurs afin de ne plus compromettre les ressources. Enfin, une meilleure coordination entre gouvernements, populations locales et experts devrait permettre « d’établir un équilibre entre les besoins de l’économie et ceux de l’environnement ». La mise ne place de ces politiques permettrait ainsi d’augmenter la production agricole, tout en préservant les ressources naturelles et les écosystèmes.

Pour ce faire, le rapport énumère différentes méthodes, simples à mettre en place. Aussi, planter plus d’arbres permet non seulement de lutter contre les gaz à effet de serre, mais aussi de favoriser l’alimentation des nappes phréatiques et de lutter contre l’assèchement des sols. La préservation des zones humides ainsi que la création de petits bassins de rétention – des mesures peu utilisées jusqu’à présent – dans les pays chaud permettront aux petits exploitants agricoles de surmonter les périodes d’absence de précipitations, tout comme l’amélioration des techniques d’irrigation. Il s’agit ainsi d’initiatives qui peuvent se réaliser à un échelon local, mais qui nécessitent alors la coopération de tous les acteurs concernés.

Les auteurs de ce rapport le notent d’ailleurs : cette coopération est le principal défi à l’adoption d’une approche plus durable de la production alimentaire, tant le profil des acteurs est varié. Des responsables des questions agricoles, forestières, de la gestion de la faune sauvage, aux organisations environnementales ; tout ces individus et ces groupes sont habitués à agir dans des univers séparés et sans relations les uns les autres.

Pour en savoir plus :

Consulter le rapport en ligne

tags: Environnement - Terre
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