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    Science

    10 ans après, « La Théorie du complot à l’épreuve de la science »

    media

    Le 11 septembre 2001, les attaques du World Trade Center (WTC) ont causé la mort de quelque 3000 victimes à New York, dans l'attentat attribué au chef d’al-Qaida, Oussama Ben Laden. Pourtant, des milliers de personnes à travers le monde entier considèrent insatisfaisants les résultats de la Commission d’enquête, convaincues qu’il s’agit là d’« un complot » minutieusement orchestré. La revue Science et vie (*) publie ce mois-ci un dossier de synthèse sur les arguments des sceptiques et les réponses scientifiques qui leur sont opposées. Résumé avec Emmanuel Monnier, journaliste scientifique, qui a signé une partie du dossier intitulé La Théorie du complot à l’épreuve de la science.

    Secrets ? Mensonges ? Dissimulations ? Tromperies ? … A l’instar de David Ray Griffin qui a récemment publié aux éditions Demi-Lune, un ouvrage intitulé 10 ans après, Un autre regard sur le 11-Septembre, les partisans de la « thèse d’un complot » estiment le rapport d’enquête américain incomplet et insatisfaisant. S’appuyant sur des témoignages et des interrogations, ils contestent la thèse officiellement admise d’un acte terroriste ourdi par la filière islamiste. Fil conducteur de leurs questionnements : à qui profite le crime ? … au gouvernement américain, au complexe militaro-industriel, à Israël ? …

    RFI : Parmi les arguments avancés par les sceptiques, plusieurs concernent l’effondrement même des Twin Towers, un effondrement estimé trop méthodique pour ne pas avoir été « planifié ». Emmanuel Monnier, vous êtes scientifique de formation, vous avez fait des études de Physique. Vous vous êtes plus spécifiquement penché dans ce dossier de Science et vie sur la mécanique d’effondrement des tours …

    Emmanuel Monnier : En fait on reproche à ces tours de s’être écroulées de la même manière que lorsqu’on procède à un effondrement contrôlé, mais cela n’a rien d’illogique ! Cela répond au même mécanisme : lorsqu’on procède à une démolition par explosifs, on fragilise un étage, cette fragilisation le fait effondrer et de proche en proche cela fait effondrer tous les étages inférieurs ; c’est exactement ce qui s’est passé avec le crash de l’avion conjugué à l’incendie qu’il a provoqué : les étages supérieurs ont commencé à s’effondrer au point d’impact de l’avion, et comme les étages inférieurs n’ont pas été conçus pour supporter une telle énergie, ils ont cédé à leur tour, chaque étage supportant chaque fois une énergie de plus en plus importante, au fur et à mesure que le nombre d'étages en chute augmentait et que la vitesse de chute s'accroissait, rendant encore plus rapide leur effondrement.

    Il a également été remarqué que la tour 7 -qui abritait différents services sensibles comme la CIA ou le département de la Défense- s'est effondrée alors qu'elle n’avait pas été percutée ; mais je tiens à souligner qu’elle n’est pas la seule à avoir été endommagée autour des tours jumelles ! D’autres bâtiments voisins aussi. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue c’est le très gros incendie que cette tour a subi pendant plus de sept heures.

    D’après les rapports d’enquête, cet incendie aurait pu être maîtrisé si l’alimentation en eau avait fonctionné ; malheureusement l’effondrement de la tour 1 avait endommagé l’alimentation en eau des gicleurs dans une grosse partie des étages de la tour 7 et à 14h30 les pompiers ont choisi d’abandonner le bâtiment aux flammes ; la résistance du bâtiment avait été prévue pour faire front à un incendie de trois heures, et il a duré plus du double de temps ; à partir de là, la température du métal s’est élevée et a perdu une grande partie de sa résistance. Dès 600°C, les poteaux métalliques ont perdu la moitié de leur résistance, et commencé à se déformer. Les premiers étages se sont effondrés, puis la colonne de soutien 79 a cédé et, de proche en proche, a entraîné dans sa chute toutes les colonnes voisines. L’effondrement s’est passé en fait en deux temps : la tour s’est d’abord effondrée de l'intérieur, réduite à une coquille vide, puis la façade extérieure a cédé en quelques secondes.

    RFI : Des occupants rescapés auraient signalé avoir entendu des bruits d’explosion et de déflagrations. Cela est-il si étonnant ? Cela suffit-il à déduire qu’il s’agissait d’explosifs placés à l’intérieur des tours ?

    E.M. : En soi ce n’est pas troublant. Dans tout incendie on entend des bruits d’explosion et de déflagrations. Il y a toujours des gaz combustibles qui s’accumulent, des matériaux inflammables et, surtout, il ne faut pas oublier que les deux avions qui se sont crashés contenaient chacun plus de 30000 litres de kérosène qui se sont répandus dans le bâtiment et qui ont alimenté les incendies et explosions.

    Alors sur quoi se fonde-t-on maintenant pour dire que c’était antérieur au crash ? On fait référence au témoignage du concierge qui, à ce moment là, était en sous-sol et qui, là où il était, pouvait difficilement faire la différence entre le choc de l'avion et les différentes explosions qu'il aurait entendues !... Un témoignage dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est assez fragile …

    RFI : Des vidéos ont enregistré l’événement. Au décryptage, il apparaîtrait des jets de matière, localisés sur les façades des bâtiments et précédant de peu l'effondrement… De quelle nature sont ces projections ?

    E.M. : Ces jets de matière appelés « squibs » sur certains forums ou sites de partisans de la thèse du complot sont effectivement repérables sur les vidéos. On voit de la matière qui s’éjecte des fenêtres juste avant l’effondrement des étages. On pourrait effectivement se demander si justement ce ne sont pas les fameux explosifs qui précèdent l’effondrement mais une explication physique s’impose : tout effondrement provoque une sorte de surpression analogue à une onde sonore qui se propage vers le sol. Or elle se propage plus vite que l’effondrement et, pour peu que les vitrages soient un peu fragiles, ceux-ci volent en éclat ; à partir de là, entre souffles et appels d’air la matière sort des fenêtres, propulsée vers l’extérieur (débris de verres, débris métalliques, poussières etc) ; ce phénomène est scientifiquement bien expliqué dans des revues spécialisées et n’a rien de mystérieux !

    RFI : Un autre argument porte sur l’observation d’un écoulement de métal en fusion « sur les façades et en avance sur le front d’effondrement, alors que la fusion de l’acier, pour pouvoir se réaliser, nécessite une température très élevée, de l’ordre de 1300°C … c’est-à-dire qui serait plus forte que celle correspondant aux incendies déclarés ?...

    E.M. : Les témoignages parlent en fait de « métal en fusion » et la confusion peut venir de là précisément car « métal en fusion » ne signifie pas obligatoirement qu’il s’agit d’acier ! Cela peut aussi être de l’aluminium qui, lui, fond dès 660°C. D’une part cette température a été largement atteinte par la violence des incendies qui se sont déclarés et, d’autre part, l’aluminium est un métal fortement utilisé dans la construction même des avions, car c’est un métal à la fois léger et résistant. Ces écoulements de métal en fusion ne sont donc en rien étonnants.

    RFI : Deux autres arguments concernant l’effondrement des tours portent enfin sur la taille régulière des débris de poteaux métalliques attribuée à une découpe programmée pour faciliter le déblaiement !... et sur des traces d’explosifs que l’on aurait retrouvées dans les décombres …

    E.M. : Quant à la régularité de la taille des débris de poutres métalliques … laissant penser qu’il s’agissait là de découpes programmées pour faciliter le déblaiement, là je trouve que c’est l’argument le plus « léger » !... Avant de détruire une tour il faut la construire, et il est de toute évidence plus aisé de transporter des éléments de poutres standard par camions avant des assembler et les boulonner ! Et les endroits où ils sont assemblés soit avec des points de soudure soit avec des boulons sont forcément les endroits les plus fragiles. Il est aisé d’imaginer que c’est précisément là où les poteaux ont cédé !

    En ce qui concerne les traces de soufre repérées sur les barres métalliques et celles d’un mélange d’aluminium et d’oxyde ferrique, là aussi, rien de bien surprenant : on retrouve du soufre dans le gypse, le gypse entre dans la composition du plâtre et l’on a forcément beaucoup utilisé ce matériau dans la construction des bâtiments ! Quant à la découverte annoncée de nanothermite -un composé chimique qui dégage d’énormes quantités de chaleur sans pour autant provoquer d’explosions- on peut s’interroger sur la pertinence de cette déclaration … Premièrement, la révélation de cette découverte a été publiée dans une revue toute nouvelle, à l’insu même de sa rédactrice en chef ; c’est un peu curieux. Deuxièmement, les échantillons ont été livrés par des donneurs dont on ignore les motivations. On ne sait pas non plus ni comment ils ont collecté ces échantillons soumis à expertise ni comment ils les ont conservés avant de les délivrer … C’est un peu comme si, pour faire une enquête criminelle, on prenait comme pièces à conviction des objets rapportés par des gens prétendant avoir été sur les lieux du crime et qui rapporteraient qui un foulard, qui je ne sais quoi. Quoi qu’il en soit, des chimistes ont souligné que l’on peut tout à fait retrouver des traces d’oxyde ferrique dans certains pigments ou additifs de peinture, comme celle qui aurait pu être utilisée, par exemple, pour couvrir des poteaux métalliques, des murs ou du mobilier!...

    RFI : Pour finir, certains sceptiques ont également affirmé que des ondes sismiques auraient été enregistrées avant l’impact des avions au niveau des tours jumelles ; ils y voient la « preuve » qu’une explosion se serait produite avant même le crash des avions…

    E.M.: Il est vrai qu’en théorie, lorsqu’on enregistre un tremblement, connaissant l’épicentre et la vitesse de déplacement de l'onde sismique, on peut en déduire l’heure exacte du choc ; en pratique c’est plus compliqué, car l’impact d’un avion sur une tour produit différentes ondes sismiques de nature différente, dont la vitesse dépend de la nature du sol traversé et on n’a aucun élément de comparaison … On n’a jamais mesuré quel profil d’onde provoquait un impact d’avion sur une tour new yorkaise. La chronologie que l'on peut reconstruire à partir de la seule analyse des ondes sismiques est donc entachée de profondes incertitudes.

    Indépendamment, l'heure précise du premier choc est elle aussi un peu incertaine; on est en revanche mieux informés concernant le crash sur la deuxième tour car les chaînes de télé en continu ont suivi l’événement avec incrustation de l’heure ; mais il est difficile de s’appuyer sur cet argument et sur un timing précis pour affirmer que l’explosion aurait précédé le crash.

    ... Au final, il apparaît surtout que chaque résultat d’analyse scientifique et rigoureuse des arguments avancés pour étayer la thèse du complot est beaucoup trop entaché d’incertitudes pour que prévalent les arguments avancés par les partisans d’un « complot soigneusement planifié pour tromper l'opinion ». Nous ne disposons pas de preuves tangibles suffisamment pertinentes pour rendre cette thèse crédible.

    Pour en savoir plus :
    Lire

    • Science et vie N°1128, plus de 20 pages consacrées au dossier : Le 11 septembre et la rumeur, la théorie du complot à l’épreuve de la science.
    • La farce enjôleuse du 11-Septembre,de Jérôme Quirant –un ouvrage dont Claude Valette, ancien directeur de Recherche au CNRS a salué la rigueur scientifique.
    • La rumeur confrontée à la science : hors-série N°296 de la revue Afis/ Science (juin 2011) / analyses au service d'une vision rationnelle des évènements.
    • 10 ans après, Un autre regard sur le 11 septembre, de David Ray Griffin, éditions Demi-Lune
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