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    Nigeria: le delta du Niger fait les frais d'une gigantesque pollution industrielle

    media La zone d'Ebubu dans la région nigériane d'Ogoniland est polluée par la dispersion du pétrole depuis 30 ans. Getty Images/ Newsmakers/ Chris Hondros

    Faisant suite aux mauvaises pratiques de l'industrie pétrolière au Nigeria depuis plusieurs dizaines d'années, une gigantesque pollution s'est developpée dans le delta du Niger. Elle affecte gravement les populations et l'environnement. Des retards conjugués à la négligence des compagnies sont à l'origine d'une situation catastrophique, que dénonce le dernier rapport d'Amnesty international. Un rapport intitulé La vraie tragédie et publié ce 10 novembre 2011.

    Une région marquée par l’exploitation pétrolière


    Ce rapport dénonce la situation catastrophique dans laquelle se retrouvent les 69 000 habitants de la ville de Bodo en pays Ogoni au Nigeria. Cette population du delta du fleuve Niger, qui vit principalement de pêche et d’agriculture, doit faire face une pollution massive de pétrole. Une pollution qui s’accumule depuis plusieurs dizaines d’années dans leur environnement du fait de la négligence d’une société pétrolière, la Shell Pétroleum Developpement Company, une filiale de la compagnie mondialement célèbre Royal Dutch Shell.


    Tout le delta du fleuve Niger contient d’importantes réserves de pétrole qui ont fait la fortune du Nigeria et le malheur des habitants de cette région. Depuis 50 ans, le pétrole est extrait du sous-sol du delta. Bien qu’il ait généré plusieurs milliards de dollars dans la caisse de l’Et

    at, sur place « il n’a jamais apporté que la pauvreté, des conflits, des violations des droits humains et pour beaucoup le désespoir » conclut le rapport. Les habitants qui vivent dans les zones d’exploitation sont toujours aussi pauvres et leur situation s’est même aggravée avec les conséquences de la pollution permanente.


    Du rêve au cauchemar


    « Quand Shell a débarqué ici en 1958, nous avons cru que l’entreprise apportait, avec elle, le changement et un sort meilleur pour la population. Nous avons cru qu’elle construirait des infrastructures, que nous aurions l’eau courante et des emplois » déclare un habitant de Bodo, cité dans le rapport. Mais le rêve va vite se transformer en cauchemar. Les années passent. Les infrastructures et les oléoducs sont vieillissants et ne sont pas entretenus. En 2008, deux très grosses fuites de pétroles vont créer, durant des semaines, une marée noire dans la région de Bodo. En termes de volume de pétrole déversé, cette marée noire se révèlera plus importante que celle de l’Exxon Valdès en 1989 en Alaska.


    La première fuite, due à une anomalie sur l’oléoduc Trans-Niger le 28 août 2008, a provoqué une première très grosse pollution à Bodo. La fuite, d’après certains experts, a duré près de dix semaines, à raison de 4000 barils par jour. La compagnie Shell de son côté conteste ce chiffre et fait état d’un total de 1640 barils. Durant toutes ces semaines, la compagnie n’interviendra pas. Une deuxième fuite aura lieu la même année considérée comme plus importante par les populations locales. Elle va se rajouter au drame précédent et polluer gravement et durablement toute la région. Bien que la compagnie ait reconnu sa responsabilité, à ce jour elle n’est jamais intervenue pour nettoyer la région dévastée.

    Quand on a été dans cette région, on s’aperçoit véritablement que la population patauge dans le pétrole, mange du pétrole, boit du pétrole
    Francis Perrin Vice-président d’Amnesty International France 10/10/2013 - par Arnaud Jouve Écouter


    Le drame humain


    Un premier rapport, difficilement critiquable, du Programme des Nations unies pour l’environnement, d’août dernier, tire la sonnette d’alarme sur les impacts sanitaires désastreux de cette pollution sur les populations. Ces population vivent aujourd’hui dans des conditions dramatiques explique Francis Perrin, vice-président d’Amnesty International France: « Quand on va dans cette région, on s’aperçoit véritablement que la population patauge dans le pétrole, mange du pétrole, boit du pétrole, se baigne dans le pétrole… Donc il y a des violations multiples des droits de ces populations : droit à la santé, droit au travail, droit de vivre des produits de son travail, droit de vivre à un niveau de vie suffisant. Ce niveau de vie d’ailleurs lié aux activités vivrières, d’agriculture et de pêche pour l’essentiel. Et elles sont complètement désorganisées du fait de la pollution pétrolière sur les terres, en mer et la pollution gazière dans l’atmosphère ».


    La réparation


    Les populations ont porté l’affaire devant la Haute Cour de Londres. Amnesty International demande la création d’un fond de restauration pour que le site soit nettoyé. L’organisation réclame aussi que ce fond soit tout de suite doté par la compagnie pétrolière d’une première somme d’au moins 1 milliard de dollars. Ce ne serait qu’un début. Car l’ensemble des opérations de nettoyage est déjà estimé à plusieurs milliards de dollars.


    Pour l’organisation des droits de l’homme, c’est le « désastreux » refus de la compagnie Shell, de se conformer à la réglementation sur les déversements de pétrole, qui est la « vraie tragédie » de Bodo. Une situation qui s’est ajoutée, pour Amnesty International, aux faiblesses des autorités nigérianes. Ces dernières avaient les moyens de prévenir cette catastrophe. Mais, elles ne sont pas intervenues pour faire respecter leur propre réglementation.


    Le rapport est donc à charge contre la compagnie Shell. Il demande aux autorités nigérianes, aux gouvernements du Royaume-Uni et des Pays-Bas de porter assistance à tous ceux qui ont été touchés par les deux déversements d’hydrocarbures de la région de Bodo. Il faut que ces zones soient nettoyées et qu’une commission soit créée pour enquêter sur le respect par Shell de la législation et de la réglementation sur l’environnement dans le delta du Niger. Il est aussi nécessaire que l’on modifie la règlementation applicable au secteur pétrolier pour que les compagnies tiennent compte des conséquences de leurs activités sur le plan social et en matière de droits de l’homme.

     

     

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