Afrique du Sud/ Réchauffement climatique - 
Article publié le : lundi 28 novembre 2011 à 14:32 - Dernière modification le : mercredi 25 janvier 2012 à 14:22

Ouverture à Durban des négociations climatiques

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Par Dominique Raizon

La conférence de l'ONU sur la lutte contre le changement climatique s'est ouverte lundi 28 novembre à Durban (Afrique du Sud). Elle se déroule jusqu'au 9 décembre 2011. En à peine deux semaines, les négociateurs espèrent trouver un terrain d'entente pour esquisser un avenir au protocole de Kyoto -qui arrive à son terme en 2012- et apaiser les tensions entre pays industrialisés et pays émergents. Sur les 194 pays membres du processus onusien, 183 participent à cette conférence.

L’an passé à Cancun, le sommet pour le changement climatique avait abouti à des avancées certes embryonnaires mais néanmoins certaines, notamment avec la création d’un fonds vert pour financer la lutte contre le réchauffement. Cette année, l’enjeu est de trouver comment financer ce fonds, mais surtout de redonner vie à l’accord de Kyoto.

Sébastien Blavier, responsable du pôle international du Réseau Action Climat France
 
28/11/2011
par Léa Ticlette
 
 

Le but ? S'entendre, de manière contraignante, sur un objectif fixé de 2 degrés maximum d’augmentation de la température globale car, selon les climatologues, au-dessus de ce seuil, l'emballement climatique serait irréversible et dangereux.

Pour Hervé le Treut, spécialiste du climat au CNRS, il est déjà tard. Selon lui, même si on cessait toute émission de gaz à effet de serre maintenant, le but serait difficile à atteindre ...

Hervé le Treut, spécialiste du climat au CNRS

On est dans une dynamique d'évolution du climat qui est inéluctable (...) Le problème est de savoir si l'on se donne comme objectif de ne pas dépasser le seuil des 2°TC ou de revenir à ce seuil après l'avoir dépassé.

 

28/11/2011 par Léa Ticlette

La difficulté vient notamment des tensions entre pays industrialisés et pays émergents. Ces derniers ne veulent pas freiner leur industrialisation alors que les premiers polluent depuis le début de l’ère industrielle. Du coup, l’Afrique du Sud justement, où se tient le sommet, veut doubler son approvisionnement en énergie d’ici 20 ans et compte avant tout sur les centrales au charbon qui sont les moins chères mais également les plus polluantes ...

Il en va de même pour l’Inde qui veut amener à 65% sa part d’énergie au charbon, ce qui représente un réel problème, selon Sébastien Blavier.

Sébastien Blavier

Chaque tonne de CO2 émise aujourd'hui a un impact pendant plus d'un siècle ... si on construit une centrale à charbon qui a une durée de vie de 40 ans, on s'emprisonne pendant 40 ans ...

 

28/11/2011 par Léa Ticlette

L'Inde a déjà construit 55 centrales à charbon depuis 2007. Elle en prévoit 100 nouvelles dans les dix années à venir. Pourtant, l’OCDE est relativement optimiste.

Marie-Christine Tremblay, chef de division climat à l’Organisation de coopération et développement économique

Beaucoup de pays émergents ont augmenté leurs efforts dans le sens de l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre.

 

28/11/2011 par Léa Ticlette

Des efforts sont particulièrement observés du côté de la Chine, premier émetteur de carbone au monde. Le pays est lancé dans une course à la capture du carbone et au développement du stockage souterrain.

350 parties par million est le taux maximal acceptable de CO2 dans notre atmosphère
03/12/2009 - Energies/climat

Pour les associations, c’est l’inquiétude qui domine quant aux tractations internationales qui considèrent qu'il y a trop peu d’efforts consentis, des négociations a minima, et un accord de Kyoto qui tire à sa fin. Les associations de protection de l’environnement ne se sont surtout pas remises de la déception du sommet de Copenhague en 2009…

Présente à Copenhague, Susanne Scherbarth, militante aux Amis de la Terre, est depuis ce 28 novembre 2011, à Durban. Elle est peu optimiste.

Susanne Scherbarth, militante aux Amis de la Terre

Je pense qu'il y a peu d'espoir chance que l'on parvienne à un accord audacieux qui oblige les Etats à lutter contre le réchauffement climatique ...

 

28/11/2011 par Léa Ticlette

Quoiqu'il en soit, pour l’instant, s'il est urgent d'agir, le point de non retour environnemental n’est pas encore atteint. D’après l’OCDE, il n’en coûterait que 0.2 point de croissance mondiale pour maintenir à 2 degrés le réchauffement global entre 2010 et 2050. Sur la même période, la croissance économique mondiale devrait être multipliée par quatre.

tags: Environnement - Réchauffement climatique - Terre
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