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Article publié le : mardi 20 décembre 2011 à 13:03 - Dernière modification le : vendredi 06 janvier 2012 à 16:40

Retour au bloc opératoire pour les femmes porteuses de prothèses mammaires PIP

Reuters/Eric Gaillard

Par RFI

Depuis ce vendredi 23 décembre 2011, les quelque 30 000 Françaises porteuses de prothèses mammaires en silicone de la marque PIP (Poly Implant Prothèse), connaissent la décision des autorités sanitaires. Le gouvernement vient d'annoncer son plan d'action concernant ces prothèses et il est recommandé aux patientes de retirer leurs implants, suspectés de présenter un risque de cancer.

Un gel non conforme

L’Afssaps recommande aux femmes implantées avec ces prothèses mammaires de consulter leur chirurgien.

 

14/04/2010 par Joëlle Marcellot

 

Un n° vert est mis à disposition des femmes implantées : 0800 636 636.

 

 A la demande du ministère de la Santé, l’Institut National du Cancer a réuni le 22 décembre un groupe d’experts auquel il a demandé de formuler un avis, au regard des risques de cancers et des données actuellement à sa disposition. Pour ces experts, il n’y a pas données démontrant à ce jour un risque accru de cancer du sein.

Agnès Buzyn, présidente de l'Institut national du cancer, le confirme : « Il n'y a pas de sur-risque démontré du cancer. Et concernant le risque de rupture ou le risque de non conformité du gel, les experts considèrent qu'ils ne disposent pas de données nouvelles et de preuves suffisantes pour recommander un retrait systématique des prothèses à titre préventif ».

En revanche, les risques de rupture de la membrane extérieure de la prothèse sont avérés et le gel peut alors se répandre dans les tissus, provoquant une irritation et des difficultés accrues pour enlever ensuite intégralement le produit. Une étude épidémiologique sera mise en place sur les implants rompus.

Le ministère de la Santé souhaite donc qu’il soit proposé aux femmes concernées les retrait des prothèses. « Les prothèses sont de mauvaise qualité et le taux de rupture justifie que l'on propose aux femmes, sans urgence, une explantation à titre préventif », explique Jean-Yves Grall, directeur général de la Santé.

Au titre des recommandations, les femmes porteuses d’une prothèse mammaire doivent d’abord vérifier la marque de celle-ci, s’il s’agit d’une prothèse PIP, il faudra alors consulter leur chirurgien qui proposera une explantation préventive. A défaut, elles bénéficieront d’un suivi par échographie ; toute rupture ou suintement devant conduire à l’explantation des deux prothèses.

 

Ces implants étaient fabriqués par une entreprise française du sud de la France aujourd’hui mise en liquidation judiciaire et dont le patron est soupçonné de fraude. Près de 2 000 françaises ont d’ores et déjà déposé une plainte. Le gel utilisé, dix fois moins coûteux qu’un gel conforme, peut entraîner une rupture de l‘enveloppe de la prothèse et ainsi provoquer des suintements de silicone et du coût d’inflammation des tissus.

La France... face au spectre d'un nouveau scandale sanitaire...

Depuis mars 2010, les autorités sanitaires françaises convient ces femmes à consulter leur chirurgien le plus rapidement possible. Et déjà 523 femmes ont décidé de se faire retirer leurs implants PIP. « Si la prothèse n’est pas abîmée, ce qui est la majorité des cas, on ouvre, on enlève la prothèse et le changement est relativement simple » explique un chirurgien.

L’assurance maladie, après entente préalable, va prendre en charge l’ablation de l’implant PIP. Un remboursement sera effectif pour le cas de chirurgie reconstructrice, dans le cas d’une femme opérée d’un cancer du sein par exemple. En ce qui concerne, la chirurgie à visée esthétique, seul le retrait de la prothèse va être pris en charge.

Comment retrouver et prévenir toutes ces femmes ?

C’est la question centrale et en même temps, la plus complexe… Les chirurgiens doivent recontacter leurs patientes même si ces dernières sont en possession d’une carte d’identification de leurs prothèses. « D’autres patientes ont été opérées par des praticiens non diplômés et certaines sont encore dans la nature » a précisé l’un des membres du comité de suivi sur les prothèses mammaires PIP. Dans le monde, 300 000 porteuses d’un modèle de prothèses PIP sont recensées.

Pr Laurent Lantieri, chirurgien à l’hôpital Henri Mondor, membre du comité de suivi sur les prothèses mammaires PIP

Les mesures en cours sont les bonnes; il y a une vraie prise de conscience et de prise en charge de ces patientes; ceci étant il n'y a aucune urgence ...

 

20/12/2011 par Michèle Diaz

Au Brésil aussi

Selon l'Agence nationale de vigilance sanitaire brésilienne, environ 25 000 Brésiliennes ont reçu des prothèses mammaires de la société Poly Implant Prothèse (PIP). Mais les autorités sanitaires brésiliennes n'ont pas encore décidé si elles allaient également recommander leur retrait comme en France. La méfiance des autorités brésiliennes à l’égard des prothèses mammaires de la société Poly Implant Prothèse n’est pas nouvelle. Au Brésil, l'importation et la commercialisation de ses produits ont été interdites dès avril 2010. Ironie du sort, c’est après une alerte venue de France, que le Brésil avait pris cette décision. A l’époque, quelque 10 000 implants avaient été retirés du marché. Mais plusieurs dizaines de milliers de Brésiliennes en portent toujours.
La Société de chirurgie plastique brésilienne se veut néanmoins rassurante. « Le nombre de rupture de prothèse est infime », martèle son président. Il incite tout de même les femmes concernées à se rendre rapidement chez leur chirurgien pour un examen. L'association rappelle que les autorités françaises ont conclu que les cas de cancer diagnostiqués n'étaient pas liés aux prothèses. Pas question de créer une panique autour des implants mammaire ; au Brésil, c’est un marché très lucratif : tous les ans, 100 000 femmes se font poser des implants en silicone.

François Cardona

tags: Santé et Médecine
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