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Article publié le : mardi 31 janvier 2012 à 16:03 - Dernière modification le : mardi 31 janvier 2012 à 16:03

Création d'une banque de sperme pour sauvegarder la Grande barrière de corail

Le sperme et les embryons conservés à Dubbo pourraient permettre la  reconstitution in vitro du corail, lequel serait ensuite réimplanté en milieu naturel.
Le sperme et les embryons conservés à Dubbo pourraient permettre la reconstitution in vitro du corail, lequel serait ensuite réimplanté en milieu naturel.
Getty Images/Shaul Schwarz

Par Dominique Raizon

Des scientifiques australiens ont constitué une précieuse banque du sperme dans l'espoir d'assurer l'avenir de la Grande barrière de Corail, menacée par le changement climatique. Quelque 70 milliards de spermatozoïdes et 22 milliards d'embryons coralliens plongés dans l'azote liquide, à -196 degrés Celsius, sont ainsi conservés au zoo de Dubbo, dans l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, aux portes du désert australien.

« Les coraux sont vraiment une espèce unique au monde, différents de tout autre organisme, parce qu'ils présentent des types de reproduction variés -sexuée (par ponte ) et asexuée », explique la biologiste Nana Satake.

Collecte du sperme et conservation

La barrière de corail en Australie
Banc de poissons sur la Grande Barrière de Corail
(Anthony J. Bell)
Corail partiellement blanchi
(Anthony J. Bell)
Le chercheur Mark Mc Cormick dans les labos de la station de recherche de Lizard Island
(Caroline Lafargue)
Le chercheur Phil Munday dans les labos de la station de recherche de Lizard Island
(Caroline Lafargue)
Lizard Island
Caroline Lafargue
L'une des 400 espèces de corail de la Grande Barrière
(Anthony J. Bell)
Récif de corail tout au nord de la Grande Barrière
(Caroline Lafargue)
Un bébé poisson traité au CO2 s'apprête à rejoindre le récif après une petite séance de mesures
(Caroline Lafargue)

    Afin de collecter le plus grand nombre possible de cellules reproductives (les gamètes), les scientifiques ont moissonné des portions entière de la barrière avant de les immerger dans des bacs, à terre, en attendant fébrilement la période de reproduction qui ne survient que trois jours par an.

    La reproduction asexuée s'effectue quant à elle par fragmentation (détachement d'un morceau de corail), puis « greffe » ou fixation plus loin sur la roche, où le fragment donnera une nouvelle colonie. Des experts de l'Australian Institute of Marine Science (Institut océanographique d'Australie) ont ainsi rendu les portions de corail à la mer en les recollant, littéralement, sur leur site originel.

    Les scientifiques espèrent constituer ainsi une véritable réserve génétique des espèces coralliennes pour le cas où elles ne survivraient pas au réchauffement climatique, à l'acidification des océans, la pollution, au dragage ou aux intempéries, notamment les cyclones.

    Le But? Capturer le maximum de diversité génétique

    « Les cinq prochaines années seront cruciales pour préserver la barrière et capturer le maximum de sa diversité génétique », estime Rebecca Spindler, responsable du projet. Le sperme et les embryons conservés à Dubbo pourraient ainsi permettre la reconstitution in vitro du corail, lequel serait ensuite réimplanté en milieu naturel pour se reproduire et reconstituer la barrière.

    Cet espoir est "réaliste" à l'horizon de quelques années, selon Rebecca Spindler, dont l'équipe travaille avec Mary Hagedorn, chercheur au sein d'un grand organisme scientifique public américain, le Smithsonian Institute, pour recueillir et congeler des échantillons de la Grande barrière.

    La Grande barrière de corail
    • Classée au patrimoine mondial de l'Unesco, la Grande barrière s'étend sur environ 345.000 km2 le long de la côte est australienne, et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde.
    • Elle abrite 400 espèces de coraux, 1.500 espèces de poissons, 4.000 espèces de mollusques et de nombreuses espèces en danger comme le dugong et la grande tortue verte.

    « Ecologiquement, économiquement et socialement, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre la barrière », conclut Rebecca Spindler :

    - La plongée sous-marine rapporte chaque année à l'industrie touristique six milliards de dollars australiens (4,8 milliards d'euros).
    - Le dispositif mis en place pour protéger cette biodiversité a par ailleurs un impact bénéfique sur la barrière : les infrastructures atténuent l'effet des vagues et empêchent, localement, les raz-de-marée.

    La grande barrière de corail.
    NASA

    tags: Biodiversité - Biologie - Recherche - Terre
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