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    Science

    L'Abeille Noire d’Ouessant est en pleine forme

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    Point de culture, point de pesticide … juste des fleurs sauvages, de la bruyère, et un bon air insulaire qui lui épargne toute contamination avec ses congénères désorientées … C’est dans le Finistère, à la pointe de la Bretagne, bordée par la Manche et l’océan Atlantique, que l’abeille noire d’Ouessant prospère depuis les années 1980. Cette espèce d'abeille résiste à la mortalité hivernale qui décime partout ailleurs les ruches pour la plus grande désolation des apiculteurs, des botanistes … et des gourmands !

    L’île d’Ouessant peut être fière d'être dotée du Label de réserve naturelle de la biosphère, depuis les années 1980. Cette île, la dernière à l'ouest du continent européen, jouit en effet d'une qualité environnementale exceptionnelle et mérite bien son titre de haut lieu de protection de la biodiversité. Elle est même devenue LE sanctuaire de l’Apis mellifera mellifera, une espèce d’abeille aussi industrieuse et productive qu’en bonne santé, protégée à la fois de la pollution et des hybridations dues aux importations d'abeilles étrangères.

    Si la côte est découpée par les caprices de la mer, l'herbe couchée et la terre écorchée de rochers griffés par les vents, il y fait doux, loin des rumeurs de la ville et du reste du monde. Y poussent la scille de printemps, le silène maritime, la jasione du littoral, la criste marine et la bruyère ... des fleurs que butine, en toute quiétude, l'Abeille noire !

    « Le continent est trop éloigné pour que la petite butineuse puisse survoler la mer ou que des colonies étrangères lui rendent visite, et puis comme il n’y a plus de culture sur l’île, elle n’est pas contaminée non plus par les produits phytosanitaires ou autre insecticide comme ceux abondamment répandus sur les cultures intensives du continent », explique Ondine Morin, animatrice de visites culturelles à Ouessant et dont le frère est apiculteur.

    « Un miel de bruyère, à la fois fort et doux, ...

    C’est au retour des beaux jours, explique Ondine Morin, lorsque les fleurs commencent à sortir de terre, que l’abeille noire d’Ouessant reprend la collecte du pollen, tôt le matin et même par mauvais temps car sa taille, ses ailes et ses longs poils lui permettent de travailler dans le vent ! « Son miel de printemps a une couleur chêne clair, celui d'été une couleur ambre clair et celui d’automne, brun foncé. C’est un miel de bruyère, à la fois fort et doux, à l’image même de notre île !... », ajoute-t-elle.

    En breton, Finistère (ou Penn-ar-Bed) signifie « au bout du monde » et c’est dans ce bout du monde que l’Apis mellifera mellifera, ou Abeille Noire européenne -originaire des monts d'Arrée, des régions des Abers et de La Roche Maurice (Bretagne, Nord-Ouest)- semble entrée en résistance, particulièrement soignée par le rucher-conservatoire de l’île.

    Des centaines de reines expédiées en France, Outre-mer et en Europe

    Avec l'appui de scientifiques de l'Université de Bretagne occidentale, un protocole de mesures a été établi pour dresser une carte d'identité de la protégée. Le Centre national de recherche scientifique a effectué des recherches sur l'ADN de l'abeille ouessantine, établissant à 100% la pureté de la variété, couronnant ainsi le travail de sélection du conservatoire où quelque 150 colonies produisent du miel d’une exceptionnelle qualité.

    Si on devait donner une priorité sur les causes de mortalité des abeilles, la toute première, c'est les pesticides. Mais la disparition des abeilles est également liée à un type d'agriculture, notamment la monoculture.
    Olivier Belval, apiculteur, président de l'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF) 10/09/2013 - par Chloë Cambreling Écouter

    Un privilège, une récompense aussi pour les apiculteurs ouessantins ! L’abeille joue un rôle essentiel de pollinisation et, à l’heure où ses congénères sont partout en déclin, l’Abeille Noire d’Ouessant fait l’objet d’une attention toute particulière des producteurs et des chercheurs. Ils s'y réfèrent pour toutes sortes d'études : des centaines de reines sont élevées chaque année au conservatoire puis expédiées à des laboratoires, des particuliers et des professionnels en France (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, île de Porquerolles, île de La Réunion) et en Europe.

    Il faudra patienter jusqu'en juillet pour se procurer le miel de printemps !...

    Le Conservatoire de l'Abeille Noire à Ouessant (06.70.27.09.25)

    La mission du conservatoire ?

    Réservoir génétique au service des apiculteurs, y sont conservées des souches d’abeilles locales les plus pures possibles, en vue de les multiplier; y sont sélectionnées certaines lignées pour exploiter leurs caractères selon certains critères spécifiques

    Les différentes étapes de la conservation ?

    • Collecte des essaims : Un rucher conservatoire est composé d’essaims naturels et/ou provenant d’exploitations apicoles, qui auront été « certifiés » quant à leur origine génétique, préalablement à leur introduction dans le conservatoire.
    • Analyse génétique : Selon les méthodes mises au point par le CNRS (Garnery)  et le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (Baylac et Al), les scientifiques spécialistes procèdent à une validation génétique de la colonie en analysant un échantillon d’abeilles prélevé dans chacune des ruches.
    • Un sanctuaire : Pour élever l’Abeille Noire et conserver une race pure, l’apiculteur doit s’assurer de fécondations sans croisement.
    • Élevage de reines

    Pour en savoir plus :

    - Association pour la conservation et le développement de l'abeille noire bretonne :

    Rucher - conservatoire, tél. : 02 98 73 20 35

    - CNRS de Gif sur Yvette et Muséum National d’Histoire Naturelle

    - Rapport complet du Pnue/ Disparition des abeilles

    - L’étrange silence des abeilles Web-tv de la Cité des sciences et du Palais de la découverte

    - Fédération apicole Bretagne et Pays de Loire (FABPL)

    - Association Nationale des Eleveurs de Reines et des Centres d'Elevages apicoles

     

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