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    Science

    «La planète revisitée»: la mission naturaliste de retour d’expédition

    media Station de recherche de Wanang. Laurent Soldati de l’INRA brandit un sachet «whirlpack», qui renferme des insectes collectés sur le mont Wilhelm. © Olivier Pascal / MNHN / PNI / IRD

    L’expédition « La planète revisitée », co-organisée par le Muséum d’histoire naturelle, l’Institut de la recherche pour le développement (IRD) et l’ONG Pro-Natura International, est de retour de Papouasie Nouvelle-Guinée après trois mois d’explorations terrestres et marines. Voici l’heure du premier bilan.

    Papouasie Nouvelle-Guinée : le graal de la biodiversité

    En octobre dernier, 200 scientifiques, étudiants et bénévoles, de 21 nationalités différentes, sont partis à la découverte de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le lieu de l’une des plus riches biodiversités de la planète, pourtant très peu étudiée jusqu’à présent. Les inventaires et recherches se sont divisés en deux composantes : l’une marine, dans le lagon de Madang et la mer de Bismarck, l’autre terrestre, sur les flancs du mont Wilhelm (4 509 mètres d’altitude).

    Les forêts de montagne du mont Wilhelm

    C’est la première fois que des scientifiques ont pu mesurer avec précision une aussi grande diversité d’organismes en fonction de l’altitude. Le mont Wilhelm, l’une des rares montagnes tropicales de cette altitude, est couvert de forêts qu’Olivier Pascal (de

    l’ONG Pro-Natura International et organisateur de la partie terrestre de l’expédition) qualifie de « somptueuses », jusque vers 3 700m. Pendant un mois d’expédition montagnarde, sous une pluie régulière - cette région reçoit environ 15 mètres d’eau par an - 60 chercheurs, dont 46 Papous, ont étudié la biodiversité dans 8 stations d’études, de 200 à 3 700 mètres d’altitude.

    Des espèces stratifiées par l’altitude

    Des parcelles d’étude ont été délimitées à chaque altitude. 1 500 arbres ont été mesurés et identifiés, 620 spécimens de plantes collectés et mis en herbier. Sur ces mêmes parcelles, environ un demi-million d’insectes ont été récupérés dans des pièges. Un premier tri des échantillons a été effectué dans un laboratoire monté en forêt, mais sur la totalité des échantillons, les chercheurs s’attendent à découvrir environ 60% d’espèces nouvelles.

    Si la répartition fine de la biodiversité demandera une analyse détaillée, on observe néanmoins une distribution des espèces en fonction de l’altitude : les palmiers ne dépassent pas 2 500 mètres, quand les termites culminent à 1 200 mètres.

    Le rêve des biologistes marins

    Philippe Bouchet, professeur au Muséum d’histoire naturelle et organisateur de la partie marine de l’expédition, parle de la Papouasie-Nouvelle-Guinée comme d’une région riche mais sous-étudiée. Bref, le rêve des biologistes marins.

    Sur la côte, 750 prélèvements ont eu lieu, en grande partie la nuit parce que dans cette région du globe, il n’y a qu’une marée par jour, et si la marée basse tombe la nuit, il n’y a pas d’alternative. Mais c’est ainsi que 1 450 espèces de crustacés décapodes ont été échantillonnées.

    Au large, 150 prélèvements ont été effectués jusqu’à 1 200m de profondeur, en plongée à partir du bateau prêté par l’Institut de la recherche pour le développement, l’Alis.

    En mer : d’excellents résultats… un peu inquiétants

    Les biologistes marins rentrent avec une multitude d’échantillons et de photos d’animaux vivants. Pourtant, si la zone paraît toujours extraordinaire de prime abord, ils ont noté un déficit de richesse par rapport à leurs attentes.

    Pour Philippe Bouchet, il y a deux raisons : d’une part, le doublement de la population locale ces quinze dernières années, et d’autre part, l’absence d’études sérieuses sur cette côte de la mer de Bismarck.

    La population augmente, et le déboisement s’accroît. En conséquence, les rivières drainent aujourd’hui une grosse quantité de terre jusqu’au lagon.

    Mais la pollution est aussi en cause : d’une part, par manque d’éducation sur ce sujet, le lagon est considéré comme une poubelle. Et d’autre part, on voit déjà les boues rouges rejetées par une usine de nickel chinoise, qui s’est installée sur la côte il y a quelques mois.

    La suite de l’expédition : pédagogie…

    Un volet pédagogique, qui a attiré d’ores et déjà 137 classes, de la maternelle au lycée, a permis aux élèves de découvrir l’expédition via le journal de bord et même d’y participer par le biais du forum.

    Des projets scolaires se poursuivent jusqu’en juin 2013, et un concours est lancé. Pour y participer, les classes doivent déposer leur dossier avant le 17 avril prochain. A la fin de l’année scolaire, les élèves lauréats pourront participer à un congrès au Muséum et présenter leurs réalisations lors d’une exposition dans le hall.

    … et recherche

    Du côté des scientifiques, des années de travail sur les spécimens collectés se profilent dans l’avenir, et certains groupes d’espèces n’ont même pas de spécialiste pour les étudier ! Pourtant, Philippe Bouchet espère bien que les premières publications scientifiques verront le jour fin 2013.

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