Rapport 2013 de l'Ined: combien d'hommes sur Terre?

L’Institut national d’évolution démographique (Ined) publie dans sa revue Population et Société un tableau de la population mondiale, assorti d’une projection de la densité en 2050. Nous sommes un peu plus de 7 milliards sur Terre aujourd’hui. A la fin du XXIe siècle, nous pourrions atteindre 10 à 11 milliards.
Une révision des prévisions démographiques
Tous les deux ans, Population et Société publie un numéro spécial intitulé « Tous les pays du monde », qui nous livre la compilation de données de la population mondiale, concernant toutes les entités géopolitiques (Etats souverains ou non) dont la population atteint ou dépasse 150 000 habitants.
Mais le nouveau numéro bat en brèche les prévisions de 2011 : l’augmentation globale de la population serait plus importante, car la fécondité baisse plus lentement que prévu, et les projections de population pour le continent africain ont été largement revues à la hausse en dépit des taux de mortalité infantile et de contamination par le VIH les plus élevés au monde.
7 milliards sur Terre aujourd’hui, plus de 10 milliards en 2100
Aujourd’hui, six pays concentrent plus de la moitié de la population mondiale : Chine, Inde, Etats-Unis, Indonésie, Brésil et Pakistan. Si la Russie a le territoire le plus étendu (plus de 17 millions de km2), le pays reste peu peuplé : 143,5 millions d’habitants. Sans surprise, l’estimation de la population en 2013 donne la Chine et l’Inde largement en tête, avec respectivement 1,35 milliard et 1,276 milliard d’habitants. En troisième place, on trouve les Etats-Unis avec 316 millions d’habitants.
Pour l’avenir, l’Institut avance le chiffre global de 9 milliards et demi en 2050, et une fourchette entre 10 et 11 milliards d’ici la fin du siècle ; un accroissement de la population indéniable mais très inégal : le nombre d’habitants vivant en Afrique, en particulier au sud du Sahara, pourrait être multiplié par quatre, passant de 800 millions à près de 3,8 milliards - et notamment pour la gent masculine. Un homme sur sept vit sur ce continent aujourd’hui, mais le pronostic d’ici 2100 est d’un sur trois.
Le Nigeria prend la tête
La projection de population à 2050 modifie le classement de tête : le Nigeria grimpe de la 7e place à la 3e, avec un saut quantitatif important, passant de 174 millions d’habitants en 2013 à 444 millions en 2050.
A la lecture des différents tableaux, on constate que le Nigeria souffre à la fois d’un nombre élevé de décès annuels et d’une faible espérance de vie à la naissance (52 ans). Et avec 670 000 décès par an d’enfants de moins d’un an, il est en seconde position, juste après l’Inde (1,224 million). Mais ces paramètres sont contrebalancés par un taux de fécondité de 5,7 enfants par femme, et donc un nombre de naissances annuelles très élevé (presque 7 millions).
A l’image du Nigeria, et malgré des taux de contamination par le VIH très élevés (en particulier en Afrique Australe : 23% au Botswana), l’Afrique devrait voir sa population multipliée par cinq et passer de 800 millions d’habitants en 2000 à 4,2 milliards en 2100. Car ce sont les pays au sud du Sahara qui ont l’indice de fécondité et le taux d’accroissement annuel les plus élevés, ainsi que les populations les plus jeunes (50% de la population du Niger a moins de 15 ans).
La fécondité en baisse
Une réduction des naissances de près de la moitié, en une soixantaine d’années, est projetée. Comme le phénomène de la croissance démographique, celui de la baisse de la fécondité est très différent selon les régions du monde.
L’Afrique, encore, occupe une place importante : c’est le Niger, avec 7,6 enfants par femme, qui détient le record du plus fort taux de fécondité. Suivent d’autres zones comme l’Afrique intertropicale, des pays de la péninsule arabique, et de l’Afghanistan jusqu’en Inde en passant par le Pakistan, qui enregistrent une moyenne supérieure à quatre enfants par femme.
Pourtant, malgré ces chiffres, la moyenne mondiale tend à se réduire : cinq enfants par femme en moyenne en 1950, contre deux et demi aujourd’hui. Et l’estimation de 10 à 11 milliards d’individus d’ici 2100 pourrait alors constituer un point de quasi-stabilisation.
Une stabilisation et des disparités
Avec, d’ici 2050, 1,652 milliard d’habitants prévus en Inde et 1,314 milliard en Chine, l’étude recense chaque année plus de 9 millions de décès dans chacun de ces deux pays. Des chiffres impressionnants à l’heure où beaucoup se posent la question de savoir si nous ne sommes pas trop nombreux sur Terre.
En 2011, un rapport du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA, voir les publications ici) rappelait l’importance de l’éducation, notamment pour les filles. Car une stabilité démographique doit passer par le contrôle des naissances, afin d’atteindre un taux stable de deux enfants par femme, d’autant que trois femmes sur quatre souhaitent avoir accès au planning familial. Et il faut également compter avec l’augmentation de l’espérance de vie : 20 ans en moyenne en quelques décennies. Le champion reste le Japon.
Enfin, avec le meilleur revenu national par habitant et le meilleur indice de population d’âge actif, un pays occupe une pole position révélatrice des disparités, notamment économiques : le Qatar. Il faudra attendre 2015 pour savoir si ces tendances se confirment.

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