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    Ce qu'il y aura dans nos assiettes en 2050

    media Un plat à base de criquet, au Festin Nu, un restaurant parisien qui a mis des insectes au menu. REUTERS/Charles Platiau

    Comment nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050 ? La Food and Agriculture Organisation (FAO), l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, commence ce mercredi 13 novembre une réunion préparatoire en amont de la conférence internationale sur la nutrition, tentant de répondre à la question de l’alimentation pour tous et de commencer à développer des solutions.

    En 2050, les êtres humains auront toujours les mêmes besoins, mais plus les mêmes ressources. Il faudra notamment produire des protéines – généralement issues des viandes – pour satisfaire la demande de 9 milliards de personnes. Pourtant, impossible d’élever du bétail dans de telles quantités : pour produire un kilogramme de viande il faut entre 6 et 8 kilogrammes de nourriture. Sans compter que ces élevages seraient des facteurs de pollution des sols et trop gourmands en eau.

    Le steak artificiel, le futur du hamburger ?

    En conséquence, les scientifiques de l’université de Maastricht ont mis au point un « steak-éprouvette » à base de lamelles de cellules souches de bœuf, bombardées d’hormones de croissances. Il faut ensuite le colorer, et y ajouter des agents de goût et de texture. Coût du steak de 140 grammes : 290 000 euros.

    Pour les experts de l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique, la technologie qui a donné naissance au steak in vitro est accessible à nombre de pays, qui pourraient la développer à plus grande échelle. Comme les ordinateurs, les steaks aux cellules souches pourraient coûter de moins en moins cher avec le temps. Mais la mission publique de réflexion sur la société, l'agriculture, l' alimentation et les sciences et technologies du vivant, Agrobiosciences, doute que la demande soit au rendez-vous. Pour Sylvie Berthier, ce bœuf de synthèse pourrait trouver sa place sur les étals de supermarchés, mais pour une niche de consommateurs, aux cotés par exemple des steaks de soja.

    Les insectes au menu

    C’est en partie pourquoi la FAO met plutôt ses espoirs dans l’élevage d’insectes comestibles. Autre argument en faveur des sauterelles et autres grillons : il faut 2 kilos de nourriture pour produire un kilo de viande d'insectes, contre 8 pour 1 kilo de viande en sortie d'abattoir. Coté nutrition, les insectes sont plein de protéines et d'oligoéléments comme le magnésium et le fer. C’est surtout une matière première bon marché dont l’élevage est simple.

    ► A (RE)ECOUTER : Congo : N’arrêtez pas de manger des insectes ! (C'est pas du vent du 9 juin 2012)

    Bernard-Jacques Jeanpierre a créé son propre site internet, Insectementvotre.com, pour vendre des insectes comestibles. Il travaille avec des filières africaines et asiatiques, et affirme que l'élevage d'insectes peut être une solution pour beaucoup d'agriculteurs : ses fournisseurs cultivent le mil et leurs champs sont régulièrement ravagés par les sauterelles. Capturer puis élever ces sauterelles pour les vendre leur permettrait de faire face financièrement en cas de nouvelle invasion.

    Le choix de développer ces élevages n’est pas absurde, car deux milliards d'êtres humains mangent déjà régulièrement des insectes en Asie, Afrique et Amérique latine. Et d'après la FAO, 56% de la population qui ne compte pas les insectes dans ses habitudes alimentaires en mangera directement ou indirectement en 2030.

    → A(RE)LIRE : Le Niger menacé par les criquets pèlerins

    Pour ce qui est de leur consommation directe, Bernard-Jacques Jeanpierre est convaincu que, une fois la barrière psychologique dépassée, le goût des insectes devient assez familier. Il n’est pas déroutant. Mais, comme les cuisses de grenouille ou la viande de yak, la consommation d'insectes est une question culturelle, et peut ne pas séduire tout le monde.

    Un choix culturel

    Sylvie Bertier d'Agrobiosciences explique que comestible ne veut pas dire mangeable. Cette dernière notion implique un choix culturel, qui définit les peuples et les nations. Les Français par exemple sont surnommés les « frogs », les grenouilles, pour leur penchant pour les cuisses de batraciens, alors que les Anglais sont des « rosbifs ».

    Pas sûr que les insectes soient choisis, en tant que tel, pour faire partie des petits plats servis à la maison ou dans les restaurants. Mais les farines d'insectes sont déjà incorporées dans certaines nourritures pour bétail. Et une enseigne française de grande distribution prévoit déjà un accord avec un fournisseur d'insectes pour vendre des biscuits et des barres énergétiques qui en contiennent.

    Qu'on aime ou non l'idée, les petites bêtes s'invitent au menu, et il se pourrait fort qu'elles soient l'avenir de notre alimentation à tous.

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