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    Science

    France: décès du patient greffé avec le premier cœur artificiel

    media Visuel de présentation du coeur artificiel élaboré par la société française Carmat. © Carmat/www.carmatsa.com

    Il est mort deux mois et demi après avoir subi la première greffe de cœur artificiel totalement autonome. Âgé de 76 ans, le patient est décédé dimanche 2 mars à l'hôpital Georges-Pompidou à Paris. Comme un million de personnes en France, il souffrait d'insuffisance cardiaque et se voyait condamné. L'opération, en décembre dernier, avait duré dix heures et suscité de nombreux espoirs au sujet de cette prothèse cardiaque. Un produit innovant, sorti des ateliers de la société française Carmat, cotée en bourse. Cette dernière a annoncé qu'elle maintenait son programme d'essais prévoyant plusieurs autres implantations sur des patients.

    Courageux, il donnait sa confiance aux médecins, parfaitement conscient de servir les premiers pas d'une technique innovante. Dans leur communiqué, au lendemain du décès, les chirurgiens ont souligné les qualités humaines et l'importance de ce que ce malade de 76 ans aura d'ores et déjà apporté à la médecine : en termes du choix des patients, en termes du suivi de la greffe, du traitement et des stratégies de prévention.

    Je veux renouveler mon soutien et ma confiance aux équipes

    Marisol Touraine, ministre de la Santé 04/03/2014 - par Jeanne Richard Écouter

    Si les circonstances de la mort restent à élucider, la prothèse, elle, a été validée et reconnue comme première mondiale. Depuis dix ans se greffent partout dans le monde des coeurs étrangers, mais en partie seulement artificiels. Cet appareil d'une société française fonctionnait, lui, en circuit fermé, autonome comme une vraie pompe de coeur humain sans risque de rejet ou caillots de sang : juste un peu plus lourd - près d'un kilo -, quand le cœur d'un homme approche les 300 grammes.

    Haut de gamme

    Un produit haute gamme et cher : près de 160 000 euros l'unité. Face au besoin, le fabriquant avait déjà annoncé de nouveaux points de vente en France de ce faux-vrai coeur, destiné à tenir au moins cinq ans. Avertie de la mort du patient, la ministre de la Santé Marisol Touraine a tenu à saluer toutes les équipes qui font avancer la science et a présenté ses condoléances à la famille du patient dont l'identité n'a pas été révélée.

    Le professeur Laurent Lantieri dirige le service de chirurgie reconstructrice et esthétique à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Il a fait partie de l’équipe médicale ayant effectué la première greffe totale du visage en France.

    RFI : Quels sont les premiers enseignements après cette greffe et malgré le décès du patient ?

    Professeur Laurent Lantieri : D’abord, avant les premiers enseignements, il faut remercier ce patient et cette famille, ce patient qui a accepté de participer à ce protocole qui reste malgré tout de la recherche. C’est un sujet, c’est lui qui est le sujet de la recherche, il souhaitait avoir ce cœur artificiel. Il faut d’abord reconnaître et remercier ce patient et cette famille. Les enseignements, bien sûr il va falloir attendre et comme dans toute nouveauté chirurgicale, il y a toujours des impondérables. J’ai moi-même vécu une première, une greffe de la face et des deux mains, un décès deux mois après la mise en place des greffons. C’est toujours un moment difficile pour les équipes, un moment où il faut se replonger, remettre sur la table tout ce qu’on a fait pour aller plus loin. Déjà, ce qu’il faut reconnaître, c’est que ce patient a réussi à survivre dans de très bonnes conditions pendant plus de 75 jours, ce qui est déjà en soi une victoire.

    On l’avait dit à ce moment-là, il était capable de s’exprimer, tout à fait éveillé, de parler à ses proches...

    C’est ce que l’on m’a dit, moi je ne connais pas ce patient. En tout cas, c’est ce que m’avait dit Alain Carpentier. Et il faut reconnaître ici le savoir-faire d’Alain Carpentier qui, depuis des années, est un leader, un phare pour nous chirurgiens français, et qui continue à l’être. Et j’espère qu’on pourra continuer à faire ces interventions chirurgicales grâce au savoir-faire chirurgical bien sûr, mais aussi aux entreprises françaises qui nous permettent de le faire.

    Alain Carpentier est le concepteur de ce projet. Il va y avoir d’autres expérimentations, on doit bien parler d’expériences en la matière. Comment est-ce que cela se passe pour trouver ces malades, ces volontaires ?

    Dans le cadre d’un projet comme celui-là, un projet de recherche, où il y a des patients qui sont donc le sujet de la recherche, ils acceptent et ils savent qu’il y a des inconnus. Bien sûr, on choisit les patients pour lesquels il n’y a pas d’autres solutions. En l’occurrence, le gros problème aujourd’hui pour nous, c’est que nous n’avons pas suffisamment d’organes pour pouvoir suppléer à la demande, en particulier en greffe cardiaque, mais c’est aussi vrai en greffe rénale où les listes d’attente sont importantes. Mais c’est aussi vrai sur les greffes de mains, j’ai des patientes qui attendent depuis plus d’un an d’avoir des greffes de main. Et c’est sûr que si demain nous pouvions avoir des organes artificiels et se passer de ce type de besoin d’organes provenant de donneurs, ça serait vraiment une grande victoire pour la médecine et pour les patients.

    Vous avez été l’un des auteurs des premières greffes totales de visage. Est-ce qu’il y a, par exemple, des sociétés qui travaillent sur des tissus artificiels pour procéder à ce type d’opération ?

    Oui, il y a beaucoup de recherches en cours. On parle beaucoup des imprimantes 3D qui nous permettraient de faire des organes, mais entre ce que nous arrivons à faire en laboratoire avec quelques cellules et la réalité d’un organe, nous sommes bien loin. C’est pour cela qu’on continue à avoir besoin aujourd’hui d’organes, on a besoin du don d’organe. Ce n’est pas parce que nous avançons vers une voie où, j’espère, dans quelques années nous pourrons nous en passer qu’il nous faut abandonner le don d’organes.

    Vous aviez donc réalisé cette première mondiale il y a quelques années. Qu’est-ce qu’il va y avoir demain comme innovation ? 

    Aujourd’hui, on développe beaucoup le « tissue engineering », la « régénération tissulaire », et les organes artificiels. La beauté du cœur de Carpentier, c’est que c’était un cœur bio-compatible, c’est-à-dire qu’il y a à la fois une partie mécanique et une partie biologique. C’est vers cela qu’on s’oriente aussi bien pour les organes tel que le cœur mais aussi pour les organes artificiels tels que les membres. On a aujourd’hui des mains artificielles mais qui sont encore bien loin de reproduire toutes les subtilités d’une main naturelle.

     

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