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    Science

    Le climat change, comment s'adapter?

    media Cheminées de la centrale électrique au charbon de Belchatow. REUTERS/Peter Andrews

    « Impacts, Vulnérabilités et Adaptation », le second volet du rapport des experts du Giec, le Groupe intergouvernemental des experts sur le climat, est paru ce lundi 31 mars. Il dresse le constat d’un réchauffement inéluctable et de la nécessaire adaptation des populations à ses conséquences déjà mesurables.

    Les experts du Giec ont travaillé pendant sept ans pour produire leur cinquième rapport sur le changement climatique et ses conséquences. En septembre dernier, paraissait le premier volume, consacré aux éléments physiques du climat. Ce lundi, le second volume a été publié après une semaine de réunion à Yokohama au Japon.

    Le rapport du Giec se veut réaliste dans le sens où il s'agit d'un document qui envisage l'ensemble des conséquences du réchauffement climatique.
    Hervé Le Treut, climatologue 01/04/2014 - par RFI Écouter

    L'analyse des éléments scientifiques démontre la réalité physique du changement climatique et cette analyse débouche, dans le premier volume du rapport, sur des projections pour l'avenir : quatre scénarios, construits sur la base de différentes augmentations de la température globale, allant de 2,6°C à 4,8°C. Ces éléments sont à la base de ce deuxième volume, qui fait état de l'impact du changement climatique, visible sur toute la planète.

    Des observations précises et nombreuses

    Le résultat concret du réchauffement en cours se lit à travers des observations nombreuses et précises. L'environnement au sens large, tous les types d'écosystèmes, dans tous les pays, sont concernés : villes ou campagnes, îles ou territoires continentaux, régions polaires ou tropicales, glaciers ou océans, espèces animales ou végétales. Nul n'est épargné, même s'il existe une gradation de la vulnérabilité.

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    Chaque écosystème – un milieu et les êtres vivants qui le composent et interagissent – fonctionne avec une multitude de paramètres. Le changement du climat, qui induit par endroits un réchauffement, modifie certains paramètres, qui transforment alors cet écosystème. Par exemple, la fonte de la glace arctique modifie l'acidité de l'eau, ce qui change la répartition des espèces de plancton, donc des poissons. Et, si la banquise fond plus vite et plus tôt, les populations côtières peuvent pêcher plus longtemps. C'est donc l'ensemble de l'écosystème qui est finalement modifié.

    Inégalement vulnérables

    Les espèces et les territoires, ne sont pas égaux, du point de vue physique, devant le changement climatique. Si l'on constate une hausse globale du niveau marin, pour des raisons de morphologie des régions côtières et d'exploitation humaine des littoraux, l'océan ne monte pas partout de la même façon. Aux îles Tuvalu, dans l'océan Pacifique, la hausse du niveau marin est si importante que le littoral a perdu 3 mètres de large en 10 ans. Alors que non loin, sur l'archipel des Kiribati, l'eau ne monte que de 2 mm par an.

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    En Europe, une baisse générale de la production céréalière a été constatée, ce qui est inquiétant dans un monde où la population croît : car sans un avenir plus ou moins éloigné, les experts sont d'accord pour affirmer que les sécheresses toucheront plus durement les régions subtropicales sèches, comme la bande sahélienne en Afrique.

    Un lien objectif entre pauvreté et vulnérabilité

    Le rapport du GIEC met l'accent sur un accroissement de la vulnérabilité dû à la pauvreté. Dans les pays en développement, les populations pauvres sont particulièrement vulnérables aux événements climatiques extrêmes, comme les inondations ou les cyclones. Il y a un lien direct entre le développement et la capacité des populations à résister au changement climatique.

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    Les populations les plus pauvres, les plus marginalisées culturellement, socialement, politiquement, sont aussi plus sensibles. Le changement climatique exacerbe les autres facteurs de stress, soit directement, comme la destruction des habitats par un cyclone, soit indirectement, par exemple en augmentant l'insécurité alimentaire à cause d'une mauvaise saison des pluies. Et les conflits violents aggravent encore la vulnérabilité des populations.

    Une solution : l'adaptation

    Les différentes initiatives qui ont été prises pour s'adapter, qu'elles soient à grande échelle ou au niveau local, politique ou non, ont été recensées par les experts du GIEC. En Europe, une politique d'adaptation s'est développée plus ou moins à tous les niveaux des gouvernements. En Afrique, les gouvernements initient des systèmes de gestion des risques, des approches locales, des mesures de santé publique, mais ces efforts restent isolés et sans beaucoup d'effets pour l'instant. En Arctique, les populations mettent au point des stratégies qui combinent les savoirs scientifiques et traditionnels.

    Ce qui est intéressant, c'est que les initiatives sont nombreuses et les idées diverses. Mais l'adaptation nécessite des financements, et les pays les plus pauvres, qui ne sont pas ceux qui émettent le plus de gaz à effet de serre, veulent que les pays développés assument leurs responsabilités. C'est le point de vue qu'ils ont défendu à la réunion de Yokohama, insistant pour que l'analyse alarmante, mais réaliste, de l'évolution du climat soit présentée comme telle dans ce deuxième volume du rapport des experts du GIEC.

    Mais l'atténuation, c'est mieux

    En premier lieu, il faut arriver à limiter le réchauffement climatique. C'est-à-dire à rester dans le premier scénario proposé par le premier volume du rapport, d'une augmentation maximale de 2,6° d'ici la fin du siècle. Parce que si l'augmentation est supérieure, si elle est encore plus rapide, alors les espèces animales et végétales, en particulier, n'arriveront pas à s'adapter. Car si les insectes peuvent aisément voyager pour trouver un climat plus clément, en revanche, c'est plus compliqué pour les arbres !

    Le premier message de ce rapport est qu'il faut d'abord penser et travailler pour atténuer le changement climatique en réduisant nos dégagements de gaz à effet de serre. Cela suppose notamment de réduire notre consommation de carburants fossiles, dans les transports notamment, et de restreindre notre consommation de manière générale. Et là, de grands pays du nord, comme les États-Unis, ont beaucoup de progrès à faire. L'atténuation du changement climatique, ou la « mitigation », comme disent les scientifiques, sera l'objet du troisième volume du rapport, qui sortira mi-avril.

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