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    Science

    L'importance des investissements pour vaincre le paludisme

    media Chaque année, 3,3 milliards de personnes sont exposées au risque de paludisme. M. Hallahan/Sumitomo Chemical - Olyset Net

    « Investir dans l’avenir. Vaincre le paludisme », c’est le slogan de la journée mondiale de lutte contre le paludisme. Aujourd’hui, le paludisme tue encore, même si les efforts mondiaux ont permis de sauver plus de 3 millions de vies depuis 2000, et le combat n’est pas gagné, rappelle l’OMS.

    Les maladies transmises par un insecte, qu’il soit moustique, mouche ou autre organisme, continuent de représenter une menace pour la santé. Plus d’un milliard de personnes sont infectées par ces maladies à transmission vectorielle, responsables de 17 % des maladies infectieuses.

    Aujourd’hui, la recherche se situe entre la prévention et la recherche fondamentale. Des systèmes novateurs, en matière de pièges par exemple, sont en cours d’étude. En même temps, des recherches sur la biologie des insectes vecteurs explorent d’autres pistes, comme le fait de s’intéresser au mâle plutôt qu’à la femelle dans le cas de la transmission du paludisme. Le mécanisme de transmission d’autres maladies par des insectes différents est également à l’étude.

    Les ressources financières restent indispensables. Le paludisme est réapparu en Grèce pour la première fois depuis 40 ans après la réduction des fonds destinés à certains programmes de lutte. Le combat contre les vecteurs doit être relancé en insistant sur un meilleur approvisionnement en eau potable et un renforcement des mesures d’hygiène. C’est ce que préconise l’Organisation mondiale de la santé pour le contrôle et l’élimination de toutes les maladies négligées.

    • L’Inde, l’un des pays d’Asie les plus infectés

    Alors qu’elle compte plus des trois quarts des cas de paludisme répertoriés dans la région, l’Inde s'est fixée comme objectif de réduire de 50 à 75 % les cas de paludisme sur son territoire d'ici 2015. Le directeur régional de l'OMS pour la zone Asie du Sud-Est a appelé à davantage d'investissement afin d'améliorer les médicaments, les diagnostics et la recherche. Des investissements qui dépendent avant tout selon lui, d'une véritable volonté politique pour lutter contre cette maladie.

    Selon l'OMS, 15 000 personnes meurent chaque année du paludisme en Inde. Mais une étude publiée en 2010 par le magazine médical de référence The Lancet portait ce chiffre à plus de 200 000. L’étude a été contestée par l'OMS après sa parution. Reste qu'une écrasante majorité d'Indiens vivent dans des régions rurales ou le paludisme est endémique et présente un réel danger. Plus d'un quart des cas de paludisme sont ainsi répertoriés en Orissa, une région pauvre de l'ouest du pays, ou vivent seulement 4 % de la population indienne.

    • Le Burkina Faso se mobilise

    Malgré les campagnes de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées et la disponibilité des tests de diagnostic rapide, le paludisme continue de tuer de nombreuses personnes au Burkina Faso. En 2013, près de 7 millions de cas de paludisme ont été enregistrés. Il a fait plus de 7 000 morts. « Les cas que nous recevons sont des cas qui arrivent un peu en retard. Ils vont d’abord chez le patricien, après ils font de l’automédication. C’est seulement quand le malade commence à présenter des signes de gravité qu’il vient en catastrophe », se désole le docteur Mahamoudou Sawadogo, médecin au centre hospitalier universitaire Yalgado Ouedraogo de Ouagadougou.

    Premier motif de consultation et d’hospitalisation ces cinq dernières années, le paludisme demeure la première cause de décès dans les formations sanitaires au Burkina. Et pour inverser cette tendance, le programme national de lutte contre le paludisme a mis en place un dispositif. « Que ce soit au niveau communautaire ou des structures sanitaires, il y a l’élaboration de directives qui orientent les agents de santé sur la façon de diagnostiquer un cas de paludisme. Ensuite, il y a la mise à disposition de molécules de prise en charge qui ciblent les groupes les plus vulnérables, c’est-à-dire les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes », explique encore le docteur Mahamoudou Sawadogo. Le gouvernement envisage l’éradication du paludisme à moyen ou à long terme, selon le secrétaire général du ministère de la Santé.

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