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    Science

    Areva, ses EPR, ses calvaires

    media Vue générale du site de Flamanville, nord-ouest de la France, où l’on construit le premier réacteur nucléaire EPR. REUTERS/Benoit Tessier

    Les difficultés s’accumulent pour l’EPR, réacteur de nouvelle génération et fleuron technologique du groupe nucléaire Areva. Le groupe français a annoncé que l’EPR, qu'il construit à Olkiluoto, en Finlande, sera opérationnel en 2018, soit avec neuf ans de retard. Avec ce nouveau report, le moins qu’on puisse dire, c'est que ce réacteur est devenu un boulet financier pour Areva.

    La construction de l’EPR en Finlande est en train de dégrader les comptes d’Areva depuis plusieurs années : les pertes liées aux retards s'élèvent désormais à 3,9 milliards d'euros, soit plus que le prix initial du réacteur vendu trois milliards fin 2003.

    Ce nouveau retard est dû a des obstacles techniques et des différends avec TVO, producteur finlandais d’électricité et propriétaire de la centrale. Le géant français attribue notamment les retards du projet au décalage du système destiné au pilotage et au contrôle du réacteur. L’architecture de ce système n'a été validée qu'en avril 2014 après quatre années d'échanges avec TVO. D’ailleurs, Areva est en litige avec son client pour partager l'ensemble de cet énorme surcoût. Une décision arbitrale est attendue début 2015 par la Chambre de commerce internationale.

    Quant aux spécialistes du domaine, certains mettent en cause le brouillard qui planait sur les projets initiaux de construction et les autorisations administratives de la part de la Finlande avant le début du chantier. D’autres jugent que devant l’ampleur d’un tel projet, et vu qu’il était le premier pour Areva, il était difficile pour l’industriel français de respecter le calendrier des travaux et les coûts. En outre, la catastrophe de Fukushima n'a pas arrangé les choses : il fallait intégrer de nouvelles normes de sécurité.

    D’autres EPR connaissent les mêmes déboires

    Un deuxième EPR est en chantier à Flamanville, dans la Manche. Les travaux ont commencé en 2007. Ce chantier accumule aussi des problèmes : sa mise en service est désormais prévue en 2016 contre 2012 initialement, tandis que son coût a presque triplé et atteint désormais 8,5 milliards d'euros.

    Par contre, deux autres EPR sont en construction par Areva dans le sud-est de la Chine, Taishan 1 et 2, sans connaître les mêmes problèmes, car les retards ne sont pas significatifs. Ils bénéficient des retours d'expérience des deux chantiers finlandais et français. 

    L’EPR peut rentable

    Actuellement, il y a quatre réacteurs de ce type en construction dans le monde, dont un en France, deux en Chine et un en Finlande. Areva avait un objectif de dix commandes d'ici à 2016, objectif revu ensuite à la baisse. Seule lueur d’espoir : le Royaume-Uni qui pourrait finaliser la commande de quatre EPR à l’électricien français EDF pour un coût estimé à 16 milliards et demi d'euros. Deux ont déjà eu le feu vert du gouvernement britannique l’an dernier. Leur mise en service est prévue en 2023.

    Concurrence rude

    Malgré sa haute performance technologique, l'EPR compte comme principaux concurrents deux réacteurs américano-japonais et un coréen. Il s’agit de l'AP1000 de l'américain Westinghouse, filiale de Toshiba et l'ABWR, un réacteur à eau bouillante de General Electric et Hitachi. Il y a aussi l'APR1400 du coréen Kepco qui a fait couler beaucoup d’encre en France. En 2009, Areva a subi un cuisant échec face à Kepco lors d'un méga-appel d'offres aux Emirats arabes unis. Il s’agissait de la construction de 4 réacteurs nucléaires.

    Mais s’il est peut-être le réacteur le plus sûr du monde, EPR coûte très cher, et ne répond pas aux standards de tous les pays. Avec une puissance de 1650 mégawatts, les capacités de l'EPR sont jugées trop élevées pour certains pays au réseau électrique peu adapté et peu dense. Mais ce sont justement ces pays qui devraient à l'avenir être les clients potentiels des centrales nucléaires.

    → A revoir : le webdocumentaire Are Vah! L'inde, le nouvel eldorado du nucléaire français

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