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    Science

    Climat: «Il y a surtout une difficulté à passer à l’action»

    media Les experts sur le climat ont publié dimanche à Copenhague une évaluation mondiale. REUTERS/Niels Ahlmann Olesen/Scanpix Denmark

    Comment le climat a t-il évolué depuis 2007 ? C’est à cette question que répond le rapport du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Ses conclusions soulignent l’urgence à réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’objectif est de limiter la hausse globale des températures sous le seuil de 2°C. Entretien avec Hervé Le Treux, climatologue, membre de l’Académie des sciences, président de l’Institut Pierre-Simon Laplace.

    RFI : Qu’est-ce que l’on apprend à la lecture du dernier rapport du GIEC, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ?

    Hervé Le Treux : Sur le fond du diagnostic scientifique, malheureusement, le diagnostic principal a déjà été fait, il y a une trentaine d’années, dès les premiers rapports en 1979 à l’Académie des sciences américaine. Ce qui change, ce sont nos émissions de gaz à effets de serre qui étaient dans les années 50, de 1 à 2 milliards de tonnes de carbone par an, pour le CO2, et qui sont maintenant plutôt de 10 milliards de tonnes de carbone. Sachant que ce gaz se stocke dans l’atmosphère sur des durées très longues, la moitié du CO2 est toujours là après cent ans. Et on engage l’avenir de manière de plus en plus importante. On voit que la marche arrière est de plus en plus difficile. Cette marche arrière maintenant impose des conditions drastiques, il faudrait diminuer de 40 à 70 % l’usage du charbon, du pétrole et du gaz naturel d’ici 2050 et puis, au-delà, pratiquement supprimer le recours aux énergies fossiles.

    Ce que l’on entend, ce sont des déclarations d’intention, au niveau des gestes. Est-ce que les décisions des dirigeants de la planète sont à la hauteur ?

    Ce que l’on attend des dirigeants de la planète, c’est de faire preuve d’un volontarisme politique qui permet ensuite de le décliner sous forme de décisions, qui seront prises nécessairement à tous les niveaux. Sans un volontarisme politique en amont, ça sera encore plus difficile et c’est vrai aussi que ce volontarisme politique dépend très largement aussi d’une prise de conscience au niveau des citoyens, des gens qui votent, et qui soit aussi largement partagé.

    Un volontarisme qui a un cadre et des échéances. Il y a la réunion de Paris à la fin de l’année prochaine. Est-ce qu’il y a vraiment des voix discordantes aujourd’hui dans ce grand sujet du climat ?

    Je crois qu’en terme de diagnostic, il est de plus en largement partagé. En terme d’acteur, il y a beaucoup d'acteurs qui ne sont pas nécessairement gouvernementaux qui se manifestent. Et dans beaucoup de gouvernements, il y a une prise de conscience, par exemple par exemple dans les pays émergents situés dans des zones qui sont climatiquement très vulnérables. Dans la zone intertropicale, il y a une seule saison des pluies, quand elle n’est pas là, c’est toujours quelque chose de dramatique. Il y a aussi des cyclones. Il y a une puissance du climat qui est plus forte que chez nous. Je pense qu’il y a surtout maintenant une difficulté à passer à l’action, sachant que ça représente une transition qui est effectivement à faire et qui est difficile, qui va demander un certain engagement de la part de beaucoup d’acteurs.

    Une transition en butte au contexte économique et social aussi, parce que beaucoup disent que ces mesures pourraient freiner les espoirs de croissance.

    Ça dépend beaucoup des contextes. En Europe, on sait que la facture pétrolière est une des sources de déficit de la balance commerciale les plus importantes. On a peu de ressources et économiser l’énergie en terme d’énergie produite par le charbon, le pétrole et les gaz naturels, ça fait partie aussi d’une certaine rationalité économique. Donc je crois que ça dépend beaucoup des pays. L’Europe en tout cas a un intérêt très clair, même au niveau mondial, à effectuer cette transition qui est, à bien des égards, assez coûteuse.

    Assez coûteuse, oui, certains pays n’ont pas les moyens justement d’y subvenir. Est-ce que les échanges, l’aide des pays du Nord, pour schématiser, à ceux du Sud est aujourd’hui à la hauteur ?

    Il y a deux types d’échange qui sont nécessaires. D’abord, de favoriser dans les pays du Sud l’usage des énergies renouvelables. Ça se fait avec des mécanismes qui ont été mis en place. Et de tout évidence, ils ne se mettent pas en place assez vite. Il y a aussi un autre point qui sera clé, je pense, dans les négociations, c’est qu’une partie des changements à venir est devenue inévitable à cause de cette durée très longue du CO2 dans l’atmosphère. Les pays du Sud veulent qu’on les aide à s’adapter préventivement ou même aux premières manifestations du changement climatique.

    On a malgré tout l’impression qu’il y a un grand écart entre certaines déclarations et les décisions appliquées. Aujourd’hui, le président de la République se trouve au Canada. Ce pays connu pour ses paysages, ses étendues, a développé l’industrie des schistes bitumineux. Là encore, on va encore vers de nouvelles énergies fossiles.

    Je pense que ça se fait avec l’assentiment d’une majorité de la population. Il y a d’ailleurs même une différence entre le Canada francophone et anglophone sur ce plan-là. Je crois que ça montre aussi la nécessité de passer par une conviction largement partagée, parce que dans ce cadre-là, les gouvernements reflètent aussi l’avis majoritaire de leur population.

    Ça veut dire qu’aujourd’hui encore, malgré les alertes internationales, certaines populations ne sont pas convaincues du bien fondé de ces alertes ?

    Ces alertes sont acceptées maintenant, mais pas encore de manière complètement majoritaire, par exemple en Amérique du Nord. Mais de manière générale, ces alertes sont acceptées. Ce qui est plus difficile à accepter, ce sont les modalités d’un passage à l’action. On peut bien voir que sur les filières énergétiques en France, il y a encore des désaccords. Tout ce qui est passage à l’action demande une mobilisation de la société citoyenne autour d'une vision qui soit partagée, ce qui n’est pas encore tout à fait le cas. On a changé d’époque ; l’époque de l’alerte est finie, on passe maintenant dans une époque de la gestion de ces changements.

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