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    Science

    Journée mondiale de lutte contre le sida: les financements stagnent

    media Journée mondiale de lutte contre le sida en Indonésie. AFP PHOTO / JUNI KRISWANTO

    A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, plusieurs rapports présentent des chiffres encourageants. Quinze millions de personnes pourraient bénéficier de traitement en 2015. Pour autant, la guerre contre le VIH est loin d’être terminée…

     

    Les nouvelles infections, éléments clés pour observer un véritable recul - ou non - de la maladie, ont baissé d’un tiers depuis le début des années 2000. Ces chiffres encourageants rassurent mais une analyse plus fine du chiffre des nouvelles contaminations reste un véritable enjeu pour apprécier et comprendre l’évolution réelle du virus du sida. Globalement aujourd’hui, les traitements fonctionnent mais sont-ils en adéquation avec la réalité ? Les personnes, concernées par le VIH, recensées, restent-elles sous traitement par exemple ?

    Sur le continent africain, la prise en charge est inégale. Chez les adolescents - dont le nombre est croissant à travers le monde - mais aussi dans la population masculine notamment sur le continent africain, l’accès aux soins et au dépistage est beaucoup plus faible que chez les femmes, ce qui les classe dans le groupe des personnes vulnérables. Les groupes à surveiller également sont les homosexuels, les toxicomanes et encore les travailleurs du sexe. Une meilleure prise en charge avec un dépistage précoce et une mise sous traitement rapide doit rester une priorité dans le Nord comme au Sud. Il faudrait pouvoir doubler le nombre d’accès aux traitements. Seuls un adulte sur trois et un enfant sur quatre, vivants dans les pays en développement, ont accès aux anti-rétroviraux.

    L’aide financière internationale stagne

    Aujourd’hui, toutes les conclusions et les résultats montrent que les moyens manquent à un moment crucial de l’épidémie ! Sans une augmentation des financements en provenance des pays riches et des investissements de la part des pays pauvres, tout peut encore basculer et la tendance s’inverser. Les objectifs de cette année restent, en quelque sorte, identiques à ceux de l’année dernière : 0 nouvelle infection, 0 discrimination et 0 décès lié au sida. Le dépistage reste encore trop tardif notamment dans les pays en développement.

    Pourtant certains rapports estiment que la fin du sida n’a jamais été aussi proche même si les chiffres montrant les progrès accomplis ne doivent pas dissimuler les inégalités dans cette lutte car la réalité du terrain est quelquefois dramatiquement différente. Des progrès remarquables - qui ont permis à 26 pays de réduire de moitié leurs nouvelles contaminations - tandis qu’à l’opposé, les populations marginalisées connaissent, elles, une augmentation des infections. La sensibilisation et l’information destinées aux jeunes vivants en Afrique subsaharienne reste un enjeu primordial dans la lutte contre le sida. D’autant que l’épidémie du virus Ebola sévissant en Afrique de l’Ouest dérègle les systèmes de santé et même si l’accès aux soins reste possible, les personnels de santé sont largement touchés.

    La crise Ebola : les points communs avec le VIH

    Tous les programmes nationaux qui s’occupent des grandes endémies ou des épidémies sont concernés par le virus Ebola comme le 1er décembre, Journée mondiale dédiée au virus du sida. L’épidémie du virus Ebola rappelle étrangement ce que toutes les personnes vivant avec le VIH ont connu il y a une vingtaine d’année et même une dizaine d’années. La peur, les rumeurs et la cohésion sociale et - encore si récemment - la discrimination faisaient partie du quotidien des malades vivant avec le VIH.

    Quant à la communauté scientifique, elle doit tirer profit des ressources financières allouées au sida pour servir aujourd’hui la cause Ebola. Il existe des similitudes entre ces deux maladies, non pas sur le mal ou les modes de transmission mais sur la perception que l’on en a. Les services où sont accueillies aujourd’hui les personnes infectées par Ebola sont perçues comme ceux où étaient reçues celles touchées par le sida. Les services au sein desquels on rentrait pour mourir sont devenus au fil du temps des services où l’on vient sans peur et où l’on sauve…

    Mutualisation et délégation des tâches

    Sur le continent africain, les personnels de santé sont largement insuffisant, il s’agit donc de mieux gérer les risques et de profiter de ce qui est appris. Les chercheurs eux-mêmes qui travaillent sur l’épidémie du sida sont mobilisés par le virus Ebola. Aujourd’hui, la situation épidémique du sida est stabilisée. La couverture globale est comprise entre 50% et 60%. Il y a une meilleure couverture en Afrique de l’Est et Afrique australe par rapport à l’Afrique du Centre et celle de l’Ouest. Globalement, moins de cas sont constatés, encore beaucoup trop de décès bien sûr mais moins d’infections avec un meilleur accès aux traitements même si les disparités régionales perdurent.

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